mardi 9 juin 2015

Laissez le rêve dévorer votre vie



Pourquoi écrire ce soir après ce long silence?  En 2009, j'ai acheté cette carte pour le message qu'elle m'envoyait. Une grand-maman offrait une lapine... C'était moi qui avait fait ce geste deux ans plus tôt. Hier, j'ai retrouvé cette carte et une partie du texte. Je ne pouvais plus me taire. Merci ma puce. Je t'attends!!!


À Mève, ma puce,
ma petite-fille qui aura 18 ans le mois prochain,

Le 3 août 2007, pour "nos retrouvailles" après 22 mois de séparation, j'avais organisé un petit souper-fête pour toi, Jona, Normand et moi. Des ballons multicolores suspendus un peu partout pour souligner vos anniversaires 8 et 10 ans (déjà passés en mai et juillet) donnaient l'élan à notre première soirée. 

J'avais profité de cette occasion pour vous offrir des petits cadeaux. Dans ton sac, Mève, tu t'en souviens peut-être, il y avait une très jolie lapine achetée quelques mois plus tôt (Pâques), une banque pour les cadeaux en argent, tu avais choisi la noire. Ce soir-là, Jona et toi avez fait votre premier dépôt. C'était un billet de 100.$. Je me rappelle encore du plaisir et de l'émerveillement qui illuminaient vos frimousses en débarquant de l'auto. Vos mains délicates tenaient fièrement votre sac de cadeaux en rentrant chez-vous. La porte s'est refermée Normand et moi sommes partis.

Notre prochain rendez-vous était neuf jours plus tard... le 12 août date de mon anniversaire.

Le 9 juillet 2007, l'Honorable Juge Louis Lacoursière m'avait accordé les droits d'accès suivants :
-  Le premier vendredi de chaque mois de 16h00 à 21h30 (j'avais demandé le samedi mais tes parents avaient refusé)
-  La journée de mon anniversaire (12 août) même heure
-  Le 28 décembre (Noël) même heure
14 rendez-vous par année pour un total de 77 heures... Il n'y avait pas une minute à perdre, ce temps était trop précieux.

Je ferme les yeux et je revois ce 12 août 2007... C'était un beau dimanche ensoleillé, une belle journée d'été qui sentait la douceur et la joie de vivre. J'étais si heureuse de vous avoir retrouvés. Stationné devant votre maison nous vous attendions. Vers 16h00, ton père est sorti seul, il tenait un sac. J'ai descendu la vitre, il voulait me parler. La surprise a été grande et je suis restée muette lorsqu'il m'a dit: « Tout ce qui est chez-vous reste chez-vous.» Il m'a remis vos cadeaux... En quelques minutes, il avait tenté de crever mon bonheur, de faire de ce merveilleux dimanche ensoleillé une triste journée sombre. Mais son manège n'avait pas fonctionné, au contraire, il m'avait motivée. Dans mon coeur, il y a un trou immense rempli de chagrin, comme un vase trop petit où l'eau déborde, mais il n'y aura jamais de place pour la haine.

Il est reparti, vous êtes sortis pour venir vers nous. Mève, tu ramenais chez-nous ta lapine et tout le reste. Depuis que tu ne viens plus aux vendredis-heureux, Lapinette (c'est le nom que tu avais choisi) est blottie dans le fond d'un petit coffre en osier, ensevelie sous des cadeaux accompagnés de petits mots. À chaque anniversaire, Noël ou autres, je les dépose avec plaisir et amour. Ces petits moments de tendresse m'aident à espérer ton retour.

« Faites que le rêve dévore votre vie
afin que la vie ne dévore pas votre rêve »
Antoine de Saint-Exupéry

carte: Koala of Course

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