vendredi 26 juillet 2013

Lettre à ma petite-fille pour ses 16 ans!!!

Carte Woodmansterne Publications Ltd.

À toi, mon extraordinaire petite-fille,
Marie-Ève, ma puce!

Tu as 16 ans aujourd'hui et j'aimerais que cette journée soit parmi les plus belles de ta vie. J'aimerais te souhaiter que tes rêves et tes espoirs se réalisent... et plus encore.
   
À 16 ans, on voudrait changer le monde mais on ne sait pas où commencer. On aimerait fuir ce monde, mais on ne veut non plus rien manquer. On est des êtres remplis de contradictions, des "presque adultes" à qui on refuse la liberté. On se sent prête à conquérir le monde, mais ce monde demeure toujours inaccessible. On est en pleine révolte contre ces barrières, ces règlements imposés, ces états qu'on ne peut changer. On a déjà perdu quelques illusions, en constatant les effets dévastateurs de la guerre, de l'exploitation et de la souffrance. À 16 ans, rien ne nous arrête... on a peur de rien.
 
À 16 ans, on réalise toutefois que la liberté n'est pas un droit, mais un privilège. On apprend déjà que l'amour est la plus belle chose au monde en même temps qu'elle peut être la plus souffrante. Que l'amitié est un bien précieux qu'il nous faut cultiver, que le succès ne s'obtient qu'à force de travail et de persévérance...
   
À 16 ans, on ne réalise pas encore à quel point on vit dans un monde privilégié. On commence seulement à comprendre l'importance de veiller sur ceux qu'on aime et on refuse d'admettre que la mort et la maladie fassent aussi partie du cycle de la vie. On croit, avec raison, que rien n'est plus important que le moment présent.
 
Comme j'aimerais t'offrir pour tes 16 ans, cette certitude que la vie se poursuivra sans te blesser, sans t'obliger à te questionner et à te surpasser sans cesse! Comme j'aimerais aussi pouvoir te dire qu'aucune règle n'existe plus et que tu peux faire désormais tout ce que tu veux dans la vie! Mais je ne peux pas te dire tout cela. Parce que je t'aime trop et que ce serait te mentir que de te faire accroire qu'une vie sans lois et sans règles existe...

Mais je ne te mentirai pas si je te dis que le bonheur est à portée de main, que tu n'as qu'à regarder toute cette beauté autour de toi, dans les yeux de ceux qui t'aiment, et dans les petites choses simples de la vie... qu'il  te faut faire confiance en la vie et aux gens qui t'entourent. Que toi et ta génération, vous êtes les piliers de ce millénaire, ceux et celles qui vont bâtir le monde de demain. Vous êtes remplis d'énergie, de connaissances et de force, vous avez accès au monde entier et le monde sera forcément meilleur  parce qu'il vous ressemblera davantage.
 
J'aimerais te souhaiter aujourd'hui, de ne jamais perdre espoir en cette capacité que tu possèdes de changer des choses, de devenir l'artisane d'un monde meilleur. Malgré les hypocrisies du monde, le monde sera ce que tu décideras d'en faire. Ce ne sera jamais facile, mais ce sera possible si tu le veux vraiment.
   
Et surtout, n'oublie jamais que je t'aime du plus profond de mon coeur et que je serai toujours là pour toi.

Ta grand-maman Suzanne
Je t'aime gros comme.................ça

En 2004, j'étais très émue à la lecture de cette lettre parue dans le journal "La Presse". Aujourd'hui, je la publie pour les 16 ans de Marie-Ève (Mève). Merci à cette maman qui a mis des mots sur mes émotions.


vendredi 19 juillet 2013

Saveur de la vie...


En octobre 2010, je vous avais parlé de mon amie Lise (soixante ans d'amitié). Deux petites filles se rencontrent dans leur classe de 2è année. Elles ont sept ans!!! Ce sera la bouée d'ancrage de leur amitié.  Je me rappelle cette journée où elle est entrée par la porte de mon coeur. De longs cheveux foncés attachés en tresse pendaient dans son dos et ses grands yeux bruns perçaient son visage. Nos regards se sont croisés, l'amitié était née.

Être ensemble, c'est ce qui importait. Après l'école, j'aimais l'aider pour le lavage des couches de ses frères et soeurs. Longtemps, j'ai pensé que si on se dépêchait à faire les corvées à deux, il nous resterait du temps pour aller jouer dehors. Mais, je me trompais... Puis, elle a quitté la grande ville pour la campagne. On avait treize ans. Ce jour-là, j'ai connu ma première peine d'amitié.

Aujourd'hui, je compare cette amitié à une longue rivière. Il y a eu des eaux calmes, des remous, et parfois des vagues hautes qui ont fait tanguer le bateau mais sans jamais le faire chavirer malgré la tempête. L'amitié d'enfance a une saveur d'insouciance qu'on ne peut jamais oublier.

Depuis le 8 juillet, Lise a 70 ans. Le mois prochain, je fêterai les miens. Je n'arrive pas à y croire...


Je nous souhaite...
*70 regards pour saisir le monde dans la lumière et dans ses ombres
70 façons de se souvenir de ce qu'on a été et de rêver à ce que l'on sera
70 raisons de rester un enfant ou de le redevenir
70 sourires, 70 bonheurs et 70 battements de coeur

*(Inspiré par Philippe Claudel,  Le monde sans les enfants)

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