mercredi 27 février 2013

Conjuguer au présent...


C'était le 29 juin 1996

Une brise légère ballottait doucement les feuilles des arbres tandis que les pans de ma robe s'agitaient au même rythme que les battements de mon coeur. C'était une journée magnifique! Les parents de la mariée terminaient les derniers préparatifs pendant que le marié cherchait ses parents, pour la séance de photos dans le jardin. Pour la première fois, depuis notre divorce, quatorze ans plus tôt, nous étions réunis avec nos deux enfants pour le mariage de notre fils cadet. Le photographe avait pris plusieurs clichés de sa dernière heure de célibat...   

Un an plus tard, il m'offrait le plus beau cadeau que je pouvais espérer. Devant "maman", il y avait maintenant ce petit mot... "grand". Je flottais dans la douceur. Je serais pour toujours la grand-maman de Mève, mon extraordinaire petite-fille.! Je l'entends encore..  « Grand-maman Suzanne, t'es où? » 

Il m'appelait parfois le lundi, son jour de congé, en disant. « Il y a une petite-fille qui s'ennuie de sa grand-maman » et je lui répondais « sa grand-maman aussi s'ennuie ». Trente minutes plus tard, ils étaient là devant moi. Je tendais les bras pour qu'elle vienne se nicher près de mon coeur et nous échangions notre bec chinois. Mon fils penchait la tête pour m'embrasser sur la joue, tandis que je m'étirais le cou pour lui voler un doux bisou. Nous étions si heureux d'être ensemble pour quelques heures. Le temps s'égrenait entre tous les petits gestes qu'on faisait avec amour.

Puis, en mai 99, les visites du lundi ont cessé. Jo, mon adorable petit-fils venait de montrer le bout de son nez. J'étais comblée, deux petits bonheurs m'inondaient d'étincelles de joie et donnaient un autre sens à la vie... C'était aussi le temps où mon fils disait encore "maman" avec une note de tendresse dans la voix.

Et soudain, en octobre 2005, quelqu'un a décidé que je voyais trop les enfants et a coupé tous les contacts avec moi. Même si mon fils a toujours approuvé ma démarche pour obtenir des droits d'accès à mes petits-enfants, je ne l'ai plus jamais revu après juillet 2007.

Je ne m'imaginais pas que la cruauté et l'injustice pouvaient faire aussi mal. J'ai pleuré, sacré, crié, j'ai essayé d'oublier mais rien n'a marché. Et le pire, c'est que je ne vois pas ce que j'ai fait de si terrible. Je suis imparfaite... mais je ne suis pas bête, je n'ai pas été irréfléchie, excessive. Je n'ai pas été méchante. J'ai fait du mieux que j'ai pu.

En septembre 2009, j'ai créé ce blog "Grimimi Sue" (grand-maman Suzanne) pour dénoncer cette triste réalité. Vos mots ouvrent doucement le chemin vers la liberté. Ils touchent mon coeur et mon âme et deviennent l'antidote à mon désespoir.
Tendrement, je vous dis MERCI !!!!!

Ne reste pas dans le passé
N'imagine aucun futur
Concentre ton esprit sur le moment présent
Bouddha

jeudi 14 février 2013

Le fil qui a tissé nos vies...

Carte : The Alternative Image Company Ltd


" L'amour,  c'est le fil qui a tissé la courtepointe de nos vies. "

Ces quelques mots je les ai écrits
dans la carte
de mon amoureux.

samedi 9 février 2013

Amour, un film à voir !


J'avais lu les élogieuses critiques mais lorsque je l'ai entendue jouer du piano, j'ai fermé les yeux. En les ouvrant, je savais qu'on devait absolument voir ce film.

Il faisait froid mais c'était une belle journée ensoleillée. Nous roulions en direction du cinéma accompagnés d'une douce lumière qui s'étirait pendant que l'hiver commence à prendre un tournant vers le printemps. La représentation était à 15h25. L'attente serait longue... Quarante minutes avant le début de la projection.

Une femme seule attendait sur un banc près de la salle numéro 8. Je me suis assise près d'elle et pendant qu'une file se formait, avec mon amoureux en tête, nous partagions des bouts de vie. Entre elle et moi, il y avait une belle complicité, le temps avait coulé rapidement. Dès l'ouverture des portes, comme des enfants à la maternelle nous sommes entrés en rang serré.

Les lumières se sont éteintes en emportant les murmures... Les premières images montrent un couple âgé qui assiste à un récital de piano. On les retrouve dans leur appartement après la soirée. Ils sont heureux, lui veut prendre un verre, elle est trop fatiguée... Ils se couchent. Le matin, ils sont installés à la table de la cuisine pour le petit déjeuner, le journal, les petites phrases usuelles, les sourires du lendemain, et soudain le temps se fige... Une farce, une comédie, NON !!! La maladie vient de s'inviter sans invitation.

Les vrais amoureux se font confiance dans la vie comme dans la mort... Elle ne jouera plus jamais du piano. Il saura organiser leur vie autrement pour rester ensemble, mais un jour, il la frappera parce qu'elle refuse d'avaler l'eau qui la tient en vie... Aimer c'est aussi se révolter.

Habituellement, dès que les lumières s'allument, il y a un mouvement de précipitation vers la sortie. L'âge des cinéphiles a peut-être modéré l'empressement... Nous étions cloués sur nos sièges, silencieux comme on l'est dans une église lors de funérailles. "AMOUR", c'est un film sur la tendresse, la douceur, la sensibilité, le don de soi, la force et la faiblesse. C'est un film extraordinaire joué par deux grands acteurs qui ont plus de 80 ans. Jean-Louis Trintignant (83) et Emmanuelle Riva (85). Un film qu'on ne peut oublier !!!

« La meilleure façon de vieillir,
c'est d'attendre patiemment. »
Anonyme
                                                                                 Image : propriété de FILM3
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