mardi 24 décembre 2013

Joyeux Noël !!!



Ce soir, après un long silence, je reprends ma plume pour tenter d'exprimer ce que la vie m'a offert de meilleur. La liste est longue... mais je vous parlerai de cette année inoubliable. Il y a sûrement eu des mauvais jours en 1997 mais je me souviens que des beaux jours de cette année magique. Elle avait choisi cette journée, ce n'était pas Noël mais tout le monde était heureux, c'était une journée d'été, une journée idéale pour montrer le bout de son joli nez. 

Je ne sais pas si c'est parce qu'elle est née, baignée par la lumière de ce 26 juillet, mais ma petite-fille Mève a illuminé ma vie de millions d'étoiles et d'étincelles de bonheur. Sa voix était un chant quand elle disait « grand-maman Suzanne, t'es où là ? ». Cette petite phrase qu'elle chantait pour moi, l'été de ses quatre ans où elle passait quelques jours de vacances avec nous, c'est tout ce qui me reste... 

Je n'entends plus sa voix même lorsque je ferme les yeux et me concentre, j'ai perdu son odeur, et je la cherche quand je croise un groupe d'adolescentes. Ou es-tu "Ma Puce", je ne t'entends plus ?

Le Père Noël est suspendu au-dessus du foyer et me rappelle cette nuit de Noël où j'ai fait cette peinture. Au rythme de mon coeur, bercé par l'amour, mes petits gestes traçaient un fil d'Ariane vers ma petite-fille. Le matin de Noël, Normand l'avait suspendue au dessus du foyer. C'était notre premier Noël ensemble, elle avait cinq mois. L'année suivante, j'ai repris la tradition de mes parents. Fêter le Réveillon avec l'échange de cadeaux. Pendant sept ans, réunis autour d'un feu, dans cette atmosphère de fête, de rires et d'émerveillement, je devenais une enfant. 

« La mémoire est toujours aux ordres du coeur. » 
Rivarol

Que ce Noël vous comble de joie et de moments inoubliables



Vendredi dernier c'était la fête de Normand, on se préparait pour aller souper au restaurant...  
Le téléphone a sonné. Mon neveu au bout du fil m'a annoncé que mon frère était mort...
Nous sommes restés à la maison...

Le lendemain, le 21 à 11h00, c'était les funérailles de la mère de Normand 
Samedi, le 28, les cendres de mon frère, Claude, seront exposées.


Ce n'était pas un gros gâteau couvert de crèmage qu'ils avaient apportés mais quatre petits cupcakes pour célébrer une journée bien spéciale. Flore, la maman de Normand, fêtait, sans tambour ni trompette, ses 95 ans. C'était le 28 juillet 2013. 

 28-07-1918 - 05-12-2013

Malgré son grand âge, Flore était encore capable de nous faire rire... Normand et son frère Marc avaient passé un très bel après-midi en compagnie de leur mère. Ils étaient sortis de la Résidence "Les Monarques", le coeur léger et heureux de voir Flore savourer des petits plaisirs.

Elle était digne de ce joli prénom. Comme une fleur, elle s'épanouissait au contact de ses quatre beaux garçons. Sa famille était sa bouée d'ancrage à la vie...
Elle a rejoint son amoureux, son beau Raymond décédé le 4 mars 2009.


vendredi 18 octobre 2013

Un samedi aux mille couleurs !!!


On ne s'imagine pas toujours l'impact qu'aura à long terme une déchirure, surtout celle du coeur... Elle avait dix ans, lorsque j'ai peint cette toile qui représente son retour. Maintenant, ma petite-fille, Marie-Ève, en a seize. Depuis son absence mon inspiration est en berne, je suis incapable de manier mes pinceaux...


Sur cette photo prise en juin 2002, Thomas avait deux ans. Il aimait déposer des fleurs sur une de mes toiles déjà commencée... Une création à deux!!!

Depuis une semaine, ils passaient d'une famille à l'autre, mais ce samedi-là... C'était un magnifique samedi doux et ensoleillé, la première journée de l'automne. Anne-Marie, invitée à un dîner de filles, avait laissé les enfants chez nous vers midi. Nous avions quatre heures de bonheur à partager avec Colby et Tysa. Pour cette journée spéciale, j'avais sorti le petit chevalet de table, celui sur lequel Marie-Ève et Thomas avaient peint les premiers chefs-d'oeuvre de leur enfance qu'ils étaient si fiers d'offrir à leurs parents.


Le mardi précédent, pendant une heure, j'avais initié Tysa à la peinture sans sortir le petit chevalet. Avant de commencer, je lui avais dit : La peinture, c'est un jeu!  Elle avait peint sur une petite toile, le sable, la mer et le ciel. Peut-être un peu d'ennui aussi... Alors, pour ce samedi après-midi du 21 septembre, elle voulait retrouver le plaisir de colorer le temps, couche par couche. 

Avant son arrivée, j'avais préparé un petit espace-atelier : une nappe en plastique, des tubes de peinture acrylique, un vase en verre rempli de petits pinceaux, un bocal d'eau, un linge pour essuyer son pinceau, deux grandes toiles, une sur fond noir l'autre sur fond rouge, une petite toile vierge et quelques cartes pour l'inspirer. 

Dans ses yeux s'étaient allumés des feux de joie en découvrant tout ce matériel d'artiste. Sans hésiter, elle avait opté pour la grande toile sur fond noir et pour un de mes tableaux "Trio de fruits". Ça me rassurait de la voir choisir ses propres couleurs et la magie s'était glissée tout doucement sur le bout de son pinceau, Avec Tysa, avec cette petite fille de huit ans, si confiante, si passionnée, je retrouvais le plaisir des joies d'enfants. Elle me permettait de revivre de si beaux et doux moments. 


Durant que les fruits séchaient, elle a pris la petite toile vierge et a choisi une jolie carte que j'ai accrochée sur le chevalet pour lui permettre de créer une peinture à son image, lumineuse et vivante. Maintenant, dans cette petite maison jaune, entourée de verdure, mûrissent une pomme rouge et deux poires vertes.


Ses trois petits chefs-d'oeuvre ont dépassé les frontières de la langue, ont traversé les frontières du Canada pour continuer leur voyage jusqu'en Australie où je sais qu'ils sont maintenant exposés. 

Du haut de ses huit ans, qu'elle fêtera le 25 novembre, elle rayonne déjà. C'est une adorable petite fille, énergique, éveillée, intelligente et sensible. C'est une fée de bonheur!!!


Pendant que sa soeur Tysa et moi savourions nos vies d'artiste, Colby regardait, avec Normand, une partie de foot à la télé. Il voulait connaître les différences entre le foot américain et australien. Le sport a le pouvoir de tisser des liens en traversant la ligne de timidité.


Quelques heures ont suffi pour que l'amitié et le bonheur soient soudés. Colby et Tysa, nous vous remercions d'avoir déposé des couleurs éclatantes dans nos coeurs.

«Quand le vie nous sépare trop longtemps de ceux qu'on aime,
un jour, on réalise que lentement les visages s'estompent, 
les formes s'embrouillent, et les voix doucement s'éteignent. »
Grimimi Sue
grand-maman de Marie-Ève et Jonathan,
que leurs parents m'empêchent de voir.

mercredi 9 octobre 2013

Visiter Montréal avec de la grande visite !



 Inspirée de l'oeuvre de Frédéric Back,
 lauréat de l'Oscar pour le meilleur film d'animation (1987)
 " L'Homme qui plantait des arbres "
 Mosaïcultures Internationales Montréal 2013
Jardin botanique
lire ici *

La sculpture de L'homme qui plantait des arbres couvre
2000 mètres carrés et est composée de 10 pièces de mosaïculture  


Un papa et grand-papa très heureux !!!
Revoir sa fille Anne-Marie après onze ans
et rencontrer ses 2 petits-enfants pour la première fois,
c'est un cadeau inestimable.


Le Grand Prix d'Honneur du Jury International a été remis à
 Une histoire vraie!
(La femme qui aimait les grues à tête rouge)
réalisée par la ville de Shanghai, Chine


Symbiose de l'homme et de la nature tournée vers l'avenir.
Thème de la ville d'Hamamatsu au Japon


La forêt enchantée de l'univers celtique.


Ruche ou Chapeau ???


Les esprits de l'eau


Les chevaux en bois de grève... et la jolie Tysa!


 « L'arbre aux oiseaux c'est quelque chose d'extraordinaire,
on vit dans un monde où toutes ces richesses vivantes sont
 menacées par la déforestation, le changement climatique,
les inondations et les ouragans.»
Frédéric Back


Le robinet et sa goutte d'eau
Source de vie!


Jardins de lumière et Magie des lanternes (Chine)

Après 19 jours à Montréal,
le 3 octobre, ils se sont envolés avec leur maman, 
vers l'Australie, pour retrouver leur papa...
Tysa, 8 ans et Colby, 10 ans.
Ce n'est qu'un Au Revoir !!!


« Le langage des fleurs est universel. 
C'est le plus beau moyen de connaître un pays et sa culture,
et le meilleur moyen pour passer des messages. »
Lise Cormier, directrice générale 
de Mosaicultures Internationales de Montréal 


samedi 5 octobre 2013

Une journée sur un bout de papier...


Une journée sur un bout de papier
Une journée qu'on attend pour fêter
Une journée préparée
Une journée qui file de 16h00 à 21h30 sans s'arrêter
Une journée 14 fois par année...

Une journée qu'on appelait
"Vendredi Heureux"

Une journée qui s'est terminée sans avertissement...
le vendredi 5 octobre 2007

Une journée que j'attends depuis 6 ans

Une journée que je ne peux pas oublier...
Une journée que je ne veux surtout pas oublier...

Je t'aime "Ma Puce"
Je t'aime "Mon p'tit chat"
Grand-maman Suzanne

jeudi 3 octobre 2013

Le bonheur fait du bruit en partant...


Dans quelques minutes, épuisés mais heureux, ils se blottiront dans les bras de leur papa. Tysa et Colby, après un très long voyage de 28 heures au-dessus des nuages, atterriront pour la dernière fois. Arrivés à Montréal avec leur maman, le 19 septembre, c'est sûrement avec beaucoup de plaisir qu'ils retrouveront tout ce qu'ils ont quitté, il y a 20 jours... L'Australie, la langue anglaise, leur maison, leur piscine, leur école, leur vie d'enfant avec les amis et surtout Addison, leur chienne, qui aime courir avec eux sur le bord de la mer.

Leurs parents se sont rencontrés lors d'une exposition touristique à Vancouver. Lui, en stage d'un an au Canada, représentait les sports nautiques de l'Australie. Elle, jeune québécoise, installée en Alberta, aimant les voyages et diplômée en hôtellerie, représentait une chaîne d'hôtels où elle travaillait depuis quatre ans. Il est entré dans sa vie sur la pointe des pieds et a volé son coeur. Elle a pleuré en tentant de l'oublier, a renoncé à sa robe de mariée déjà achetée, puis a rompu avec son fiancé...


Deux ans plus tard, ils traversaient ensemble les océans et les continents pour s'épouser et vivre en Australie. Les jeunes mariés sont venus nous visiter en juillet 2002. En partant, on savait tous que le prochain rendez-vous n'avait pas de date. Elle avait 29 ans, ils voulaient des enfants... Le 10 octobre 2003, Normand apprenait qu'il était grand-papa pour la première fois, Colby James était né, puis, le 25 novembre 2005, naissait Tysa, une magnifique petite fille.

Normand et moi vivons en couple depuis 32 ans. Mes deux garçons, 19 et 16 ans, ont continué à vivre dans la maison familiale avec leur père et venaient chez nous quand ils le voulaient. Les filles de Normand, âgées de 8 et 4 ans, vivaient avec leur mère. Une fin de semaine sur deux, elles vivaient avec nous du vendredi au dimanche. J'ai connu Anne-Marie à l'âge de 8 ans, sa fille Tysa aura 8 ans en novembre, et ma petite-fille Marie-Ève (Mève)... avait 8 ans, lorsque sa maman a brisé notre lien.

L'Australie, c'est trop loin pour voyager avec de jeunes enfants. Des albums photos contiennent leurs courtes vies, mais cette année, notre belle Anne-Marie a décidé qu'il était temps de venir au Québec avec les enfants. Pour Normand, revoir sa fille, après onze ans d'absence, a été une rencontre très émouvante, mais voir ses petits-enfants pour la première fois est une émotion indescriptible (paroles de Normand).

(à suivre... nos activités en famille)

« On reconnaît le bonheur au bruit qu'il fait en partant.»
Katherine Pancol 
Les yeux jaunes des crocodiles

jeudi 12 septembre 2013

Une hirondelle ranimée...



Cette journée-là, en quittant la maison, j'ai laissé derrière moi, ma petite valise d'inquiétudes. Je m'offrais ce cadeau pour mes soixante-dix ans; prendre le temps de savourer la vie sans penser ni à hier ni à demain. Je voulais marcher lentement, sur la plage, à la recherche de petits cailloux en forme de coeur, je voulais que le murmure des vagues m'entraîne vers un ailleurs, je voulais, surtout, que les heures s'enroulent dans la joie de vivre... 

Nous sommes rentrés à la maison, après neuf jours d'une belle aventure en amoureux, contents de retrouver nos habitudes. Mademoiselle Alice, notre chatte, ronronnait de bonheur pendant que le répondeur clignotait. J'ai ouvert mon agenda pour écrire les messages. Des amies précieuses avaient laissé des mots remplis de tendresse pour me souhaiter Bonne Fête, mais en écoutant le dernier message, j'étais émue d'entendre la voix de ma chère amie Lise chanter... C'est à ton tour de te laisser parler d'amour. C'est à ce moment précis que tout a basculé.

Cette petite phrase me rappelait les appels que j'avais tant espérés, et ceux qui n'étaient pas encore sur le répondeur cette année. Depuis un an, j'avais un rêve... J'aurais tant souhaité savourer la vie entourée de ma famille. J'aurais tant souhaité entendre mes enfants et petits-enfants me parler d'amour. J'aurais tant souhaité lire leurs mots doux dans une carte d'anniversaire. C'est pour toutes ces raisons que j'avais décidé de laisser à la maison, ma petite valise d'inquiétudes...

Aujourd'hui, ça fait quatre ans que je vous écris. J'ai souvent pensé abandonner, me rouler en boule sur le canapé serait moins compliqué mais, comme des anges, vous m'avez soulevée. Merci pour votre générosité, votre amitié (virtuelle) m'a permis de retrouver mes ailes.

« Une hirondelle assommée est une hirondelle à ranimer »
Daniel Pennac - Chagrin d'école

Carte Getty Glik 

achetée à Ogunguit pour offrir à Normand

mardi 13 août 2013

La romance !!!


C'est ici que je voulais fêter cet anniversaire qui marque le début d'une nouvelle tranche de vie. Nichée au coeur d'un petit village bucolique à quelques pas de la mer, cette auberge construite en 1887 et rénovée cette année, combine maintenant le charme d'hier et les commodités d'aujourd'hui. Depuis quelques années, Ogunquit est devenue notre destination pour nos vacances d'été.

Dimanche, sous un beau ciel bleu rempli de gros nuages blancs cotonneux, après plus de cinq heures de route, nous sommes enfin devant cet hôtel qui gagne maintenant des étoiles. Mauvaise nouvelle... Il n'y a qu'une chambre de libre. Nous sommes trop fatigués pour choisir une autre option. On s'installe pour deux jours dans cette magnifique chambre qui a un accès direct sur la galerie. On se couche tôt pour être en forme. Le lendemain, c'est le grand jour!!! Après plus de huit heures de sommeil, je me lève. Quel beau réveil, je l'entends siffler sous la douche.    

Dans l'ombre encore fraîche du matin, l'air salin chatouille mes narines tandis que les doux rayons du soleil d'août s'infiltrent lentement sur la galerie couverte. Une berçante aux bras tendus se dessine. Je suis fébrile. Laissée sur ma table de nuit, je relis la carte-lettre dans laquelle Normand a déposé son coeur. Je la relis pour écouter, encore une fois, la musique qu'elle murmure tendrement à mon oreille et, pour regarder danser ses mots qui me soûle lentement...

Ce soir, nous avons marché dans Perkins Cove et, comme pour une première rencontre, les vieux amoureux sont entrés dans un restaurant pour se parler de romance. Demain, nous déménageons dans un nouveau royaume.

Il y a dix ans, Julie Kertesz était inquiète... Elle s'est inscrite à un cours de photographies, elle a acheté une caméra et cette nouvelle passion a transformé sa vie. C'est en lisant le blogue de Julie 70, (Il y a de la vie après 70 ans), que j'ai réalisé qu'on ne doit pas avoir peur de vieillir, que la passion sera toujours notre meilleure amie et notre arme pour faire fuir la morosité. Julie, publiquement, je te dis un très GROS MERCI !!!

« La vieillesse me déconcerte.
Je croyais que ce serait une période tranquille,
mes soixante-dix ans furent intéressants et assez sereins,
mais mes quatre-vingts ans sont passionnants. »
Florida Scott-Maxwell
La plénitude de l'âge

*Carte: J. Colby photo art*

mardi 6 août 2013

Avoir 16 ans, c'est cool !!!


Quelque chose d'étrange se passe... Depuis ma dernière publication, Lettre à ma petite-fille pour ses 16 ans !!! ( cliquez ici pour lire...), mon coeur et ma tête s'affrontent. Dix jours. Dix jours de combat entre mes émotions et la raison.

LA PEUR, avant le combat. La peur m'a frappée sournoisement. Insidieusement, elle s'est faufilée dans mes pensées durant que je décrivais à Marie-Ève, mes 16 ans... Je lui racontais mon premier amour, cet amour qu'on oublie jamais, celui qui était devenu son grand-papa, celui que j'avais quitté après 21 ans de mariage. Je continuais sur un ton léger. En ricanant, je lui disais qu'elle ne devait surtout pas suivre mes traces... Qu'elle pouvait être amoureuse sans se marier à dix-sept ans, comme je l'avais fait au mois d'août 1960.

SEIZE ANS!!! C'est le début d'une grande et belle aventure. Tes rêves d'enfance peuvent devenir réalité ou se transformer selon tes humeurs ou tes rencontres. Il n'y a rien de plus beau qu'avoir seize ans, crois-moi, ma Puce. Puis, soudain, la peur! La peur que ma lettre dégage une odeur de souffrance. Je voulais que ma carte soit une explosion de mots dynamiques, enjoués, aux odeurs de rêves, de passion, de liberté et d'espoirs. Je ne voulais surtout pas lui offrir une carte contaminée. J'ai paniqué... Après une petite pause, j'ai cherché, dans ma boîte de trouvailles, ce texte parue en 2004 dans le journal "La Presse". Pour balayer le doute, pour ne pas souffrir, j'ai pesé sur les touches du clavier, sans émotions, sans larmes, sans questions. Comme un robot, j'ai publié les mots empruntés, des mots qui n'étaient pas les miens.

Lorsque j'ai voulu retranscrire la lettre, écrite par une maman pour les seize ans de sa fille, j'ai réalisé que ses mots, bien ficelés, exprimaient des émotions qui n'étaient pas les miennes... Ce jour-là, j'ai attaqué le premier round d'un duel qui s'est terminé en victoire. J'ai ressorti mon brouillon et j'ai écrit à ma petite-fille, avec l'encre de mon coeur, une lettre aux mille saveurs, parfumée d'odeurs enivrantes. Les mots, ceux qui avaient germé dans mon coeur, fleurissent maintenant à l'intérieur de sa carte-gâteau.

Comme le dirait Thomas,
Avoir 16 ans, c'est full cool !!!

vendredi 26 juillet 2013

Lettre à ma petite-fille pour ses 16 ans!!!

Carte Woodmansterne Publications Ltd.

À toi, mon extraordinaire petite-fille,
Marie-Ève, ma puce!

Tu as 16 ans aujourd'hui et j'aimerais que cette journée soit parmi les plus belles de ta vie. J'aimerais te souhaiter que tes rêves et tes espoirs se réalisent... et plus encore.
   
À 16 ans, on voudrait changer le monde mais on ne sait pas où commencer. On aimerait fuir ce monde, mais on ne veut non plus rien manquer. On est des êtres remplis de contradictions, des "presque adultes" à qui on refuse la liberté. On se sent prête à conquérir le monde, mais ce monde demeure toujours inaccessible. On est en pleine révolte contre ces barrières, ces règlements imposés, ces états qu'on ne peut changer. On a déjà perdu quelques illusions, en constatant les effets dévastateurs de la guerre, de l'exploitation et de la souffrance. À 16 ans, rien ne nous arrête... on a peur de rien.
 
À 16 ans, on réalise toutefois que la liberté n'est pas un droit, mais un privilège. On apprend déjà que l'amour est la plus belle chose au monde en même temps qu'elle peut être la plus souffrante. Que l'amitié est un bien précieux qu'il nous faut cultiver, que le succès ne s'obtient qu'à force de travail et de persévérance...
   
À 16 ans, on ne réalise pas encore à quel point on vit dans un monde privilégié. On commence seulement à comprendre l'importance de veiller sur ceux qu'on aime et on refuse d'admettre que la mort et la maladie fassent aussi partie du cycle de la vie. On croit, avec raison, que rien n'est plus important que le moment présent.
 
Comme j'aimerais t'offrir pour tes 16 ans, cette certitude que la vie se poursuivra sans te blesser, sans t'obliger à te questionner et à te surpasser sans cesse! Comme j'aimerais aussi pouvoir te dire qu'aucune règle n'existe plus et que tu peux faire désormais tout ce que tu veux dans la vie! Mais je ne peux pas te dire tout cela. Parce que je t'aime trop et que ce serait te mentir que de te faire accroire qu'une vie sans lois et sans règles existe...

Mais je ne te mentirai pas si je te dis que le bonheur est à portée de main, que tu n'as qu'à regarder toute cette beauté autour de toi, dans les yeux de ceux qui t'aiment, et dans les petites choses simples de la vie... qu'il  te faut faire confiance en la vie et aux gens qui t'entourent. Que toi et ta génération, vous êtes les piliers de ce millénaire, ceux et celles qui vont bâtir le monde de demain. Vous êtes remplis d'énergie, de connaissances et de force, vous avez accès au monde entier et le monde sera forcément meilleur  parce qu'il vous ressemblera davantage.
 
J'aimerais te souhaiter aujourd'hui, de ne jamais perdre espoir en cette capacité que tu possèdes de changer des choses, de devenir l'artisane d'un monde meilleur. Malgré les hypocrisies du monde, le monde sera ce que tu décideras d'en faire. Ce ne sera jamais facile, mais ce sera possible si tu le veux vraiment.
   
Et surtout, n'oublie jamais que je t'aime du plus profond de mon coeur et que je serai toujours là pour toi.

Ta grand-maman Suzanne
Je t'aime gros comme.................ça

En 2004, j'étais très émue à la lecture de cette lettre parue dans le journal "La Presse". Aujourd'hui, je la publie pour les 16 ans de Marie-Ève (Mève). Merci à cette maman qui a mis des mots sur mes émotions.


vendredi 19 juillet 2013

Saveur de la vie...


En octobre 2010, je vous avais parlé de mon amie Lise (soixante ans d'amitié). Deux petites filles se rencontrent dans leur classe de 2è année. Elles ont sept ans!!! Ce sera la bouée d'ancrage de leur amitié.  Je me rappelle cette journée où elle est entrée par la porte de mon coeur. De longs cheveux foncés attachés en tresse pendaient dans son dos et ses grands yeux bruns perçaient son visage. Nos regards se sont croisés, l'amitié était née.

Être ensemble, c'est ce qui importait. Après l'école, j'aimais l'aider pour le lavage des couches de ses frères et soeurs. Longtemps, j'ai pensé que si on se dépêchait à faire les corvées à deux, il nous resterait du temps pour aller jouer dehors. Mais, je me trompais... Puis, elle a quitté la grande ville pour la campagne. On avait treize ans. Ce jour-là, j'ai connu ma première peine d'amitié.

Aujourd'hui, je compare cette amitié à une longue rivière. Il y a eu des eaux calmes, des remous, et parfois des vagues hautes qui ont fait tanguer le bateau mais sans jamais le faire chavirer malgré la tempête. L'amitié d'enfance a une saveur d'insouciance qu'on ne peut jamais oublier.

Depuis le 8 juillet, Lise a 70 ans. Le mois prochain, je fêterai les miens. Je n'arrive pas à y croire...


Je nous souhaite...
*70 regards pour saisir le monde dans la lumière et dans ses ombres
70 façons de se souvenir de ce qu'on a été et de rêver à ce que l'on sera
70 raisons de rester un enfant ou de le redevenir
70 sourires, 70 bonheurs et 70 battements de coeur

*(Inspiré par Philippe Claudel,  Le monde sans les enfants)

samedi 18 mai 2013

Les ballons jaunes...

Carte de fête pour tes 14 ans, le 14 mai 2013

Pour toi mon beau Jonathan
en cette belle journée d'anniversaire.

Je n'ai pas choisi cette carte, elle est venue à moi. Dès que j'entre dans un magasin et que je voie tous ces présentoirs multicolores où des cartes de voeux sont exposées, je ne peux m'empêcher de les faire pivoter. C'est souvent de cette façon que je trouve mes coups de coeur, celles qui me transportent dans le passé au beau milieu d'une allée. C'est ce qui arriva avec cette carte.

Je t'ai revu, haut comme trois pommes, accroupi sur le tapis, concentré devant cette découverte. Chez grand-maman Suzanne, il y avait maintenant une piste de course installée dans le sous-sol. Tes yeux exprimaient tout le bonheur qui t'envahissait. Tu avais deux ans et demie et c'était sûrement un de tes rêves qui se réalisait.

Tu serais si content de prendre cette carte entre tes mains pour revivre tes moments d'enfance. Un jour, tu ouvriras un  panier et tu retrouveras les petites autos que tu aimais tant faire rouler. Il y aura aussi, les cartes que je t'ai écrites et toutes les choses que tu ne pouvais apporter chez toi depuis ce mois d'août 2007. À l'intérieur de cette belle carte, il n'y aura pas un billet de 100$ comme dans les autres, mais, une nouvelle pièce de cent dollars en argent que j'ai commandée à la Monnaie royale canadienne. Je serai là pour t'observer.

Oh, mon Jona, je te remercie d'avoir éclairé la route de ta grand-maman. Je m'ennuie de toi. Je m'ennuie terriblement de nos vendredis-heureux, je m'ennuie à chaque premier vendredi du mois, je m'ennuie de ton sourire, de tes câlins, de ma petite phrase : tu as encore grandi, mais aujourd'hui, je m'ennuie surtout des ballons jaunes. Les derniers, je les ai suspendus il y a trois ans pour fêter tes onze ans... À ton retour, nous ferons un immense bouquet de ballons multicolores!!!!!

Je t'aime Jonathan et j'ai hâte de te serrer dans mes bras. Ta grand-maman Suzanne.

 « Je suis un Petit Poucet plein de ressources,
capable de déjouer l'ogre, le loup, le monstre.
Je vais sauver ma peau. » 
Johanne Ledoux
" Guérir sans guerre "
Carte: The Art Group, London

mardi 14 mai 2013

Un gros bouquet de tendresse en cadeau


Dimanche, journée de la Fête des Mères, mon coeur a dansé au son de la tendresse en refermant la porte derrière mon fils Michel et mon petit-fils Thomas. Il a suffi de quelques heures pour transformer ma peine en un élan de bonheur. Tels deux complices, sourires aux lèvres, fleurs et cadeau, ils ont fait de cette journée, une chanson. Encore aujourd'hui, leur musique trotte dans ma tête.

Ce soir-là, une deuxième surprise m'attendait. Un ami précieux que j'avais retracé a répondu à ma lettre-courriel. Les mots tremblaient devant mes yeux. Des mots si touchants qu'on les ressent, des mots que rarement j'entends, des mots tendres qui glissaient sur mes fissures et qui valsent maintenant dans mon coeur.

Depuis ma dernière publication "Conjuguer au présent" dans laquelle je racontais les doux moments avec mon fils Sylvain et ses deux enfants, Mève et Jona,  je me suis égarée dans les dédales de mes pensées. Le seul remède qui soulage cette déprime, c'est de me blottir sur le divan avec un livre. Je vous remercie affectueusement de votre présence et de vos mots.

« Il faut que la souffrance nous apprenne quelque chose.
Qu'elle soit une clé et non un mur. »
Marie Laberge
Le goût du bonheur

Illustration:
Liz Kahlenberg Bordow

mercredi 27 février 2013

Conjuguer au présent...


C'était le 29 juin 1996

Une brise légère ballottait doucement les feuilles des arbres tandis que les pans de ma robe s'agitaient au même rythme que les battements de mon coeur. C'était une journée magnifique! Les parents de la mariée terminaient les derniers préparatifs pendant que le marié cherchait ses parents, pour la séance de photos dans le jardin. Pour la première fois, depuis notre divorce, quatorze ans plus tôt, nous étions réunis avec nos deux enfants pour le mariage de notre fils cadet. Le photographe avait pris plusieurs clichés de sa dernière heure de célibat...   

Un an plus tard, il m'offrait le plus beau cadeau que je pouvais espérer. Devant "maman", il y avait maintenant ce petit mot... "grand". Je flottais dans la douceur. Je serais pour toujours la grand-maman de Mève, mon extraordinaire petite-fille.! Je l'entends encore..  « Grand-maman Suzanne, t'es où? » 

Il m'appelait parfois le lundi, son jour de congé, en disant. « Il y a une petite-fille qui s'ennuie de sa grand-maman » et je lui répondais « sa grand-maman aussi s'ennuie ». Trente minutes plus tard, ils étaient là devant moi. Je tendais les bras pour qu'elle vienne se nicher près de mon coeur et nous échangions notre bec chinois. Mon fils penchait la tête pour m'embrasser sur la joue, tandis que je m'étirais le cou pour lui voler un doux bisou. Nous étions si heureux d'être ensemble pour quelques heures. Le temps s'égrenait entre tous les petits gestes qu'on faisait avec amour.

Puis, en mai 99, les visites du lundi ont cessé. Jo, mon adorable petit-fils venait de montrer le bout de son nez. J'étais comblée, deux petits bonheurs m'inondaient d'étincelles de joie et donnaient un autre sens à la vie... C'était aussi le temps où mon fils disait encore "maman" avec une note de tendresse dans la voix.

Et soudain, en octobre 2005, quelqu'un a décidé que je voyais trop les enfants et a coupé tous les contacts avec moi. Même si mon fils a toujours approuvé ma démarche pour obtenir des droits d'accès à mes petits-enfants, je ne l'ai plus jamais revu après juillet 2007.

Je ne m'imaginais pas que la cruauté et l'injustice pouvaient faire aussi mal. J'ai pleuré, sacré, crié, j'ai essayé d'oublier mais rien n'a marché. Et le pire, c'est que je ne vois pas ce que j'ai fait de si terrible. Je suis imparfaite... mais je ne suis pas bête, je n'ai pas été irréfléchie, excessive. Je n'ai pas été méchante. J'ai fait du mieux que j'ai pu.

En septembre 2009, j'ai créé ce blog "Grimimi Sue" (grand-maman Suzanne) pour dénoncer cette triste réalité. Vos mots ouvrent doucement le chemin vers la liberté. Ils touchent mon coeur et mon âme et deviennent l'antidote à mon désespoir.
Tendrement, je vous dis MERCI !!!!!

Ne reste pas dans le passé
N'imagine aucun futur
Concentre ton esprit sur le moment présent
Bouddha

jeudi 14 février 2013

Le fil qui a tissé nos vies...

Carte : The Alternative Image Company Ltd


" L'amour,  c'est le fil qui a tissé la courtepointe de nos vies. "

Ces quelques mots je les ai écrits
dans la carte
de mon amoureux.

samedi 9 février 2013

Amour, un film à voir !


J'avais lu les élogieuses critiques mais lorsque je l'ai entendue jouer du piano, j'ai fermé les yeux. En les ouvrant, je savais qu'on devait absolument voir ce film.

Il faisait froid mais c'était une belle journée ensoleillée. Nous roulions en direction du cinéma accompagnés d'une douce lumière qui s'étirait pendant que l'hiver commence à prendre un tournant vers le printemps. La représentation était à 15h25. L'attente serait longue... Quarante minutes avant le début de la projection.

Une femme seule attendait sur un banc près de la salle numéro 8. Je me suis assise près d'elle et pendant qu'une file se formait, avec mon amoureux en tête, nous partagions des bouts de vie. Entre elle et moi, il y avait une belle complicité, le temps avait coulé rapidement. Dès l'ouverture des portes, comme des enfants à la maternelle nous sommes entrés en rang serré.

Les lumières se sont éteintes en emportant les murmures... Les premières images montrent un couple âgé qui assiste à un récital de piano. On les retrouve dans leur appartement après la soirée. Ils sont heureux, lui veut prendre un verre, elle est trop fatiguée... Ils se couchent. Le matin, ils sont installés à la table de la cuisine pour le petit déjeuner, le journal, les petites phrases usuelles, les sourires du lendemain, et soudain le temps se fige... Une farce, une comédie, NON !!! La maladie vient de s'inviter sans invitation.

Les vrais amoureux se font confiance dans la vie comme dans la mort... Elle ne jouera plus jamais du piano. Il saura organiser leur vie autrement pour rester ensemble, mais un jour, il la frappera parce qu'elle refuse d'avaler l'eau qui la tient en vie... Aimer c'est aussi se révolter.

Habituellement, dès que les lumières s'allument, il y a un mouvement de précipitation vers la sortie. L'âge des cinéphiles a peut-être modéré l'empressement... Nous étions cloués sur nos sièges, silencieux comme on l'est dans une église lors de funérailles. "AMOUR", c'est un film sur la tendresse, la douceur, la sensibilité, le don de soi, la force et la faiblesse. C'est un film extraordinaire joué par deux grands acteurs qui ont plus de 80 ans. Jean-Louis Trintignant (83) et Emmanuelle Riva (85). Un film qu'on ne peut oublier !!!

« La meilleure façon de vieillir,
c'est d'attendre patiemment. »
Anonyme
                                                                                 Image : propriété de FILM3

dimanche 27 janvier 2013

Le sourire d'un enfant heureux




Thomas, c'est mon adorable
petit-fils de douze ans.
Il aime offrir des cadeaux
 autant qu'il aime en recevoir.

Je retire le papier de soie
puis,
j'enfile lentement
ma main
à l'intérieur du joli sac
couvert d'un beau poinsettia.

Ses yeux bleus,
 grands d'émerveillement,
suivent mes gestes...






Il sait que je m'exclamerai bientôt !!!

A l'intérieur, un petit sac de mitaines
tend les bras.

Encore une fois, j'enlève le papier de soie
pour découvrir une belle surprise.

Deux petits emballages contenant
un minuscule chat siamois en porcelaine,
fait à la main. 

Là, je le regarde émue, je suis sans mot...
Merci mon coeur !!! Merci Thomas !!!
Grim' t'aime !!!

Vous vous souvenez sûrement des trois chats musiciens en porcelaine que Thomas m'avait offerts pour ma fête en août dernier. Je les avais installés, avec la carte, sur une petite table haute pour éviter que Mlle Alice, notre chatte, mette sa douce patte sur ces miniatures très fragiles. Ils ont maintenant la compagnie de deux petits siamois qui aiment jouer. 


Ce n'était pas fini... « Grim, regarde dans le fond du gros sac. » Sous le papier de soie, dans un joli petit coffre en bois se cachait un assortiment complet de thé de première qualité. Thé vert, noir et aux herbes. Un délicieux breuvage qui nous réchauffera en cette période de grand froid. Il y avait aussi, pour Grip, une carte-cadeau de 40$ pour son anniversaire et Noël. Thomas, tu es vraiment merveilleux !!!!!

« Le plus beau cadeau que l'on peut me faire,
est le sourire d'un enfant heureux. »
Carole Monney

mardi 22 janvier 2013

Au fil de mes trouvailles...


photo Robert Baterman

Il n'observait pas le lac gelé comme je le vois parfois par ma porte-fenêtre. Ce jour-là, ce magnifique cardinal, ce passereau d'Amérique du Nord que tous les ornithologues recherchent, était perdu dans un bac de récupération. Je l'ai sorti de sa position précaire pour mieux admirer sa tunique rouge vermillon. J'avais entre les mains une photo représentant une oeuvre de Robert Bateman, animalier, naturaliste et peintre canadien.

Ce n'était peut-être pas l'oiseau que je cherche l'été dans les arbres feuillus lorsque j'entends son chant, mais il ne méritait pas le sort qui l'attendait. Il ne fallait surtout pas qu'on transforme son papier glacé en papier mouchoir ou, pire en papier... Cette oeuvre était trop belle !!!!!


Désormais, le cardinal vit dans une belle boîte en métal sauvée aussi de la récupération, souvenir des Jeux Olympiques d'hiver Canada 2010 (Vancouver). Il a rejoint mes autres illustrations accumulées au fil de mes trouvailles dans les revues ou ailleurs.

Les choses gratuites sont souvent
celles qui ont le plus de prix...
Christian Larson

dimanche 13 janvier 2013

Avec toi, j'avais dix ans !!!


Nouvel An 2013

Chère Mève,
mon extraordinaire petite-fille,
"Ma Puce",


Je rêvais de surprises pour cette nouvelle année. En voyant cette ange-fée déposer un coeur sur une pile de cadeaux, je n'ai pas hésité. Ça me semblait un bon présage !!! Je t'écrirais dans cette carte avec l'encre de mon coeur comme je le fais à chaque Noël depuis ta naissance.

Je cherche le fil qui me conduira vers toi en tissant joliment une aquarelle avec mes doigts. C'est toujours avec un brin d'inquiétude que je commence ta lettre. Depuis deux ans, t'écrire était devenu une épreuve. J'en ai beaucoup souffert... Maintenant, j'ai compris que la sève de la tendresse résistera toujours devant ma tristesse.

Cette année, tu es au collège avec Thomas et il me parle de toi... quelques mots seulement. Moi, je voudrais tout connaître de toi, de cette merveilleuse jeune fille que tu es sûrement devenue. J'aimerais tant tenir ta main, j'aimerais tant voir ton sourire, j'aimerais tant t'écouter me parler de tes passions, de tes projets. J'aimerais tant être une vraie grand-maman comme lorsque tu étais enfant. Tu t'en souviens Mève de ce bonheur qui nous aimantait, de ces petits plaisirs qu'on partageait. Avec toi, j'avais dix ans !!!!!

Aujourd'hui, ma vie ne se joue pas toujours en couleurs étincelantes. Certains jours, le brouillard s'installe dans ma tête et mon coeur. Il met un voile sur mes émerveillements et il recouvre de poussière mes espoirs. Reviens vite Mève, je voudrais tant retrouver ma jeunesse...

Cette nouvelle année j'aimerais qu'elle t'amène là où tu veux aller... et je sais que tout est possible. Je regarde la toile que j'ai peinte en pensant à toi. Une petite fille frappe à une porte, est-ce toi Mève ? Ce souhait, je le  fais pour toi et moi.

Ta grand-maman Suzanne
Je t'aime gros comme xxxxxxxxxxxxxxx ça.

P.S. Depuis plus de cinq ans, sans raison, ses parents nous défendent d'avoir des contacts si petits soient-ils. Même si en juillet 2007, j'ai obtenu un jugement de la Cour Supérieure du Québec me donnant des droits d'accès à Mève et son frère Jo.
Je n'ai pas encore compris pourquoi on sépare les enfants de leurs grands-parents. Elle a eu 15 ans en juillet 2012. Déjà...

Carte: The Art File
Maria Woods by Out of the Blue
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