dimanche 13 mai 2012

Les Mères qu'on oublie...


Cette carte, je l'ai reçue pour mon 54è anniversaire en août 1997.  Tu te souviens Maman de ce très grand bonheur d'été. À l'intérieur, Liette avait écrit pour toi ces quelques mots. « Je t'aime beaucoup et je ne t'oublierai jamais! ». Tu avais signé et ajouté six X pour les bisous.

Même toi maman à 85 ans et très malade, tu avais été témoin de la joie qui me transportait. Tu étais arrivée au bras de ton petit-fils Michel en tenant la main de sa conjointe Liette. Les parents de Normand étaient assis sur la terrasse avec Marcelle, ma soeur. Il régnait déjà dans ce jardin tout blanc une atmosphère de réjouissance quand je les ai vus. Sylvain, mon autre fils, arrivait les bras chargés, tandis qu'Isabelle, la nouvelle maman, portait fièrement comme le plus beau trophée, sa petite fille qui avait quinze jours seulement. Le 26 juillet, pour la première fois, j'étais devenue grand-mère. J'ai tendu les bras pour lover ma tête dans son odeur. J'étais si heureuse d'être sa grand-maman.

Maman, j'aimerais que tu sois encore assise près de moi pour te raconter tous les beaux moments que cette carte représente. Nous avons déposé Mève dans tes bras et tu les as refermés tendrement sur ce petit bébé. J'ai cette jolie photo sur ma table de nuit. Cette magnifique petite-fille, ma Puce comme j'aimais l'appeler, était une fête... J'ai connu ce grand bonheur à deux autres reprises. Jonathan, le frère de Mève, aura 13 ans le 14 mai, et son cousin Thomas aura 12 ans, le 4 juin.

Comment ma vie a-elle pu changer du jour au lendemain sans avoir ressenti les petites secousses  annonciatrices d'un tel naufrage?  Je n'en sais rien...

Depuis vendredi soir, je pleure toute cette détresse que je ravale trop souvent. Je pensais partir samedi pour quelques jours, le temps de laisser passer la "Fête des Mères". Mais j'ai toujours cette petite lueur d'espérance qui m'empêche de quitter la maison... Cette journée où je penserai à ma mère décédée le 21 août 2006, cette journée comme à chaque année, je deviens une mère qui attend que le téléphone sonne.  C'est la journée la plus difficile de l'année parce qu'elle me rappelle tant de beaux souvenirs. Après six ans sans appel, sans visite, sans carte, sans rien, j'ai parfois le goût d'hurler...  1,682 jours sans ma petite-fille Mève qui aura 15 ans le 26 juillet.



J'offre ce bouquet à toutes les mères oubliées...



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