jeudi 23 décembre 2010

En train pour New York !

Quand vous lirez ce billet, je serai avec Normand, en route pour New York. Après plusieurs années, sans mes enfants et petits-enfants pour nous entourer et fêter cette soirée magique du Réveillon de Noël, cette année, j'ai décidé qu'il était temps de penser à nous plutôt que de continuer à ruminer sur le passé.

Je ne sais pas si une semaine à New York, en amoureux, guérira mes blessures mais je sais que le 23 décembre au matin quand nous embarquerons dans le train pour les onze heures de route, nous serons comme deux gamins. Pour le moment, c'est ça le plus important !

Enfin, nous retrouverons peut-être notre coeur d'enfant, en laissant derrière nous, tout ce qui a déjà fait notre bonheur...

À ceux et celles qui sont passés ici durant l'année 2010, je vous remercie sincèrement. Si en plus, vous avez déposé par ma petite fenêtre ouverte, des mots en cadeau, sachez qu'ils sont toujours appréciés et me permettent d'avancer.

JOYEUX NOËL À TOUS !
Retour le 31 décembre

lundi 6 décembre 2010

Sur le canapé...


Depuis que cette petite phrase, prononcée bien innocemment, m'avait mise dans cet état, j'avais dû me réfugier dans le silence afin de mieux comprendre les émotions qui, d'un seul coup, m'avaient envahie... Ce soir là, j'ai versé quelques gouttes d'huile relaxante et une petite poignée de sels parfumés dans mon bain. L'eau était chaude et invitante, et je m'y suis laissée glisser doucement. Mais, ce n'était pas assez pour chasser ce ver de terre qui se promenait librement dans ma tête. En sortant, j'ai enfilé mon pyjama, déposé quelques CD sur ma table de nuit, préparé un thé au miel, et je me suis installée confortablement dans mon lit.

Près de moi, Chopin jouait pendant que je lisais Anagrammes de Lorrie Moore... Par trois fois, j'avais dû reprendre la lecture des cinq dernières pages avant de me rendre compte que mon esprit vagabondait dans un autre monde. J'ai abandonné mon livre, fermé les yeux et je nous ai revus assis tous les trois. Grip, moi et Th, mon adorable petit-fils de dix ans. Je tenais sa BD que je venais de lui acheter, lui mangeait sa soupe Thaï aux crevettes, celle qu'il aime plus que la mienne. Et puis, il a commencé à raconter. « Grim, nous pour le Réveillon, on va dans un grand hôtel, il y a un restaurant qui tourne et les plats sont chers... Ça fait longtemps que c'est réservé, on sera quarante ou cinquante personnes.»  «Tu es bien chanceux, ça va être le fun...» c'est ce que je lui ai répondu. Après son départ tout a basculé. J'imaginais la fête... et je les voyais réunis. Il y aurait la parenté du côté de sa mère et les amis de couple. Pourtant, il n'y avait pas si longtemps, Noël avait eu une toute autre connotation pour nous. J'avais éteint la lumière et en pensant à mes trois petits-enfants... je m'étais endormie.

Le lendemain matin, en voyant la tasse de thé refroidi, j'ai compris que cette souffrance profonde s'était installée dans mon coeur, dans tout mon être. Mes blessures de rejet se refermaient lentement, très lentement, mais elles avaient toujours eu tendance à s'ouvrir lors de belles occasions. Alors, le samedi soir, une fois de plus, j'ai appelé mon amie Hélène. Je me sentais si triste. En une seule journée, toute mon énergie avait été drainée, j'étais vidée, sans valeur. sans identité. Elle, qui me connaît depuis trente-deux ans, savait ce que cette période de l'année avait longtemps représenté pour Normand et moi.

Décembre, le mois pour créer une atmosphère féérique et magique... Le mois où je montais le sapin dans le coin du salon, où j'installais les mille deux cents petites lumières blanches qui scintillaient pendant un mois parmi tous les petits oursons suspendus, le mois où je ceinturais, l'arbre de haut en bas, avec plus de cinq cents pieds de minuscules perles blanches, le mois où j'accrochais un peu partout dans la maison des petites décorations, des casse-noisettes, des mitaines, le mois où je suspendais fièrement ma couronne et une toile, représentant le Père Noël, que j'avais peinte avec tant d'amour pour le premier Noël de Mève en 1997. Décembre, le mois où j'achetais à chacun de mes trois extraordinaires petits-enfants un ourson en peluche qui deviendrait peut-être un ami, un confident ou simplement une décoration. Décembre, le mois que j'adorais le plus parce que je leur préparais trois gros sacs qu'ils avaient toujours hâte d'ouvrir. Décembre, mois de Noël pour les adultes qui ont encore leur coeur d'enfant.

J'avais laissé Hélène après quelques heures et ma détresse s'était transformée en projet. Cette semaine, nous avons complété nos réservations. Nous prendrons le train le 23 décembre à 09h30 et partirons en amoureux en direction de New-York... Hélène nous rejoindra par autobus le 26 au matin. Retour par train, ensemble le 30. Cette nouvelle expérience sera remplie d'imprévus, de rires et de confidences... J'ai retrouvé ma liberté, ma légèreté, j'ai le goût de m'envoler comme un oiseau mythique... La vie coule en moi !

« Nous sommes faits de cela,
nous ne sommes faits que de ceux que nous aimons
et de rien d'autre.»
Christian Bobin, L'Inespérée
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