dimanche 21 novembre 2010

Patsy Cline roule avec nous...


Sans itinéraire, sans réservation, c'est vers Ogunquit, Maine, USA, que nous sommes partis le 18 septembre.

1981 -  Notre premier baiser, notre premier été. 
2010 - Vingt-neuf ans plus tard... Patsy Cline roule avec nous sur l'air de "Crazy" et Normand l'accompagne en sifflant. Dans l'auto, il y a une atmosphère de légèreté, de blues et de jazz. La route serpente les montagnes escarpées tout en nous présentant un enchaînement des plus belles et chaudes couleurs de l'automne. Les montagnes semblent adoucies et nous profiterons pendant quatre heures de ce festival de couleurs mêlé à la voix de Billie Holiday, Elton John, Eric Clapton et "Vole" de Céline Dion. C'est un jour de bonheur sans nuage. Demain, nous serons à Ogunquit...

Un café imbuvable avalé rapidement et nous sommes prêts. La journée débute avec Nocturne, Es-dur, Op. 9 No 2, de Chopin interprété par Tzimon Barto. Six minutes, vingt-deux secondes de pure sensualité. Un ravissement total... joué en boucle trois fois. Puis on change de rythme avec Norah Jones et Rod Stewart. Ces quelques cassettes de nos airs préférés roulent avec nous. 17h30, nous sommes arrivés. L'auto stationnée, c'est au bord de la mer, les deux pieds dans le sable que nous avons marché.

Construit  en 1887,  The Colonial Inn, est le dernier des grands hôtels de la ville d'Ogunquit. Le bâtiment du début de l'époque victorienne, qui a été préservé, a une tourelle unique et une grande véranda faisant le tour de la moitié de l'hôtel. Ce n'est plus le luxe d'autrefois mais il est très bien situé et son directeur est un homme charmant et très sympathique. Nous avons réservé pour trois jours et ensuite jusqu'au 6 octobre.

Je venais de fermer la porte de la chambre, au troisième étage avec vue sur la mer et je descendais l'escalier pour attendre Normand au salon, lorsque j'ai entendu quelqu'un jouer du piano. Mon pas s'est ajusté au tempo que mon oreille tendue appréciait. Les dernières marches, je les ai survolées pour ne pas déranger la pianiste qui jouait sur le piano du petit salon, entourée du directeur de l'hôtel et de son agente. J'ai applaudi dès qu'elle a touché à la dernière note. Je sentais des étoiles dans mes yeux et j'en voulais encore de cette musique qui me faisait vibrer à l'intérieur. Elle s'est retournée, m'a souri et j'ai dit :   « encore... en applaudissant.»  Même si elle ne parlait pas beaucoup le français, elle a compris ce que j'aimerais. Elle était venue présenter son nouveau spectacle.






Elle m'a écrit quelques mots en français sur une carte.
Suede c'est Suzanne en français, nous avions le même prénom. Elle m'a remis son nouveau CD intitulé "On the Day We Met".


La musique du piano m'a accueillie dès ma naissance (à la maison). Papa avait joué pour moi. Je me souviens de ces dimanches où papa et sa soeur Alice, qui restait avec nous, jouaient ensemble à quatre mains. Ils m'ont fait rêver...

Suede s'est installée au piano à queue, dans le grand salon de cet hôtel négligé, et elle a joué pour moi comme si elle était sur une scène devant des centaines de spectateurs. Je la regardais tout en l'admirant et je crois qu'elle a découvert mon secret. D'un signe de tête, elle m'a invitée à m'asseoir près d'elle. Elle, la passionnée, la femme assumée et sensible a joué sur ce piano, trop souvent abandonné, et de ses dix doigts, elle l'a fait revivre une autre fois...
J'étais contemplative en écoutant cette musique qui avait pris possession de mon corps, de ma tête, de mon coeur et de mon âme. L'émotion m'enveloppait et lentement les larmes se sont mises à rouler.



Merci              Suede pour ce grand moment de bonheur !



C'est ainsi que se termine ce beau voyage d'amour et de plaisir. Quelques tranches de pain pour ces belles mouettes et ces gros goélands qui nous ont tenu compagnie tous les après-midi. 

Normand, je te remercie d'être cet homme heureux et optimiste qui voit un oiseau à n'importe quelle hauteur mais qui manque une pancarte indiquant sa sortie même avec le GPS.  






« La route nous paraît moins longue avec un ami à ses côtés.»
proverbe japonais


mardi 9 novembre 2010

D'une histoire à l'autre...

C'est un tout petit « Grim » murmuré doucement qui m'a fait ouvrir les yeux. Il était là près du lit.  Le réveille-matin affichait 9 heures. Miracle ! C'était la première fois qu'il me laissait dormir deux heures de plus. Il s'est lentement glissé dans le lit, les pieds froids comme des freez pak, et c'est ainsi que notre doux vendredi à commencé... Je savais qu'il viendrait depuis lundi lorsqu'il m'avait dit : « Grim, vendredi c'est une journée pédagogique, j'aimerais ça aller chez vous.» 

À 7 heures, il était levé et durant que son Grip préparait le déjeuner, il jouait sur l'ordinateur. Justement, parlons-en de l'ordi... La semaine précédente, Th avait téléchargé un jeu "Runes of magic" et ça ne marchait pas avec ma vitesse intermédiaire. Jeudi, j'avais appelé la compagnie qui me fournit internet pour augmenter ma vitesse. La dame, polie et courtoise, m'annonce que j'avais dépassé les 3 Go de mon contrat. Vous êtes présentement à 10.23 Go. Il y a eu un téléchargement le 30. Moi, « combien ça va coûter? » La gentille dame hésitante, « 36.$ ». Moi  « vous êtes pas sérieuse...» Mais elle l'était et je savais que de toute façon je devrais payer. Alors, jeudi soir en revenant de sa partie de hockey, j'ai raconté à Th cette petite expérience sur le téléchargement et il m'a dit : « C'est vrai Grim... » Moi - « Oui, mais on va récupérer cet argent en coupant dans l'achat de trois soupes-repas Thaï plus extra crevettes à 13$. » Il était d'accord. C'est comme ça que vendredi midi, Th et sa Grimimi, on  fait ensemble leur première soupe Thaï maison aux crevettes. Il a vidé son grand bol mais nous étions quand même d 'accord pour dire qu'il y avait place à amélioration... Il nous reste encore deux essais.

**
Vendredi, nous avions rendez-vous chez notre médecin. Comme Th venait, j'ai annulé et Normand est allé consulté seul. Dans la même salle d'attente du 29 janvier dernier, Normand a croisé ma psy Isabelle qui finissait ses consultations. Elle avait pris possession, la journée même, de ma carte postée à son bureau le 30 octobre. C'est en lui montrant l'enveloppe encore cachetée qu'elle lui a dit avec du velours dans la voix : « Je m'en vais lire ça en paix...» (cliquez pour lire). Je sais qu'une belle surprise suivra. Recevoir une carte est pour moi un instant magique. Je rentrerai dans ma bulle. Je m'installerai confortablement pour déguster et savourer chaque mot, chaque phrase. Quand je verrai la fin approché, je serai un peu triste que ce moment de plaisir et de bonheur soit déjà terminé.

***
Lu dans le journal "La Presse" de samedi dernier.  
Pierre Foglia - chronique.  Novembre.
Chez le vétérinaire avec son chat Barbeau qui va mourir d'hyperthyroïdie, Pierre Foglia raconte...

« Je suis arrivé chez le vétérinaire bien avant l'heure de mon rendez-vous. Je le tenais dans mes bras, enveloppé dans un jeté de laine. Je le berçais en arpentant la salle d'attente, où j'étais seul avec la réceptionniste. Je vous énerve, à marcher comme ça?
Un  monsieur assez corpulent est arrivé avec une grande, grande croix sur la poitrine. Il venait acheter de la bouffe pour chien. Je lui ai demandé s'il était curé.
Non, j'ai la foi.
Alors c'est une grande, grande foi comme votre grande, grande croix?
Si vous voulez. Votre chat a été frappé?
Non. Il est malade. Il va mourir.
Vous êtes triste?
Pas triste. Abattu, comme chaque fois que je m'approche de la mort, qu'elle est là, pas loin, que je sens sa fade présence. Abattu de vivre si peu et si mal. Je ne sais pas si vous me comprenez.
Très bien, m'a dit le gros monsieur en me souriant aimablement.
J'arpentais toujours la salle d'attente en berçant Barbeau, je sentais sous ma main son coeur qui sautait comme un dauphin, Je suis allé lui montrer la cage des perruches. T'en veux une?
La vet est arrivée. C'est allé très vite. 

Il pleuvait quand je suis sorti. Le temps de traverser le stationnement, le jeté était tout mouillé. Je n'arrêtais pas de penser à ce que j'avais dit au gros monsieur avec une grande, grande croix sur la poitrine : si peu et si mal. Je ne voulais pas rentrer tout de suite, enterrer Barbeau sous la pluie, et puis la journée s'effilocherait, et puis... comment j'avais dit ça, déjà : si peu, si mal.

Quand je suis arrivé, ma fiancée avait déjà creusé le trou sous le grand frêne où tout l'été poussent des coléus. 
Demain matin, j'ai dit à ma fiancée.
Tu veux que je le fasse?
Non, demain matin j'te dis.
En soirée, La Fille a rapporté une souris. Je l'ai enterrée ce matin avec Barbeau. »

*Pierre Foglia et sa fiancée ont encore six chats : Sophie, Miss Piggy, Tonton, Lola, Camus et La Fille.
Je lis Foglia tous les matins. C'est ma dose journalière de vitamines d'écriture. 


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