jeudi 28 octobre 2010

Rencontre inattendue...

Chère psy,
Je reprends mon texte commencé le lendemain de notre rencontre du 29 janvier dans la salle d'attente du Dr. Desmarais. Bien sûr, j'ai dû changer de carte car elle représentait un lapin, dans la neige, tapi derrière un petit buisson et prêt à bondir sur n'importe quoi... Celle-ci a retenu mon attention parce qu'elle dégageait beaucoup de douceur sauf le chat qui attend patiemment sa proie. Ce soir, en les décrivant, je remarque la similitude entre les deux. Chacune de ces cartes a un animal qui a qu'une seule idée. Celle de saisir, par le cou, une petite bête pour jouer ou peut-être la manger. Pourquoi, chère psy, ai-je choisi deux cartes représentant le même sujet?

Très chère Isabelle,
Notre rencontre inattendue m'a vraiment surprise et émue. Je ne peux expliquer l'émotion ressentie mais quelle joie lorsque vous m'avez invitée dans votre bureau. Ce n'était plus la psychologue qui m'invitait à entrer mais l'invitation d'une amie pour partager. Je veux vous redire combien cette rencontre a été déterminante pour moi, et le sera pour l'avenir...

Il y a cette petite phrase que je n'oublierai jamais et que j'entends régulièrement. Elle continue d'ouvrir la voie au changement. « Vous savez Sue, elles sont rares les personnes qui ont fait votre cheminement. » C'était le plus beau compliment que vous puissiez me faire. Aujourd'hui, je suis encore émue en pensant à ce moment. On peut blesser ou tuer quelqu'un en quelques instants mais vous, vous m'avez offert le plus beau cadeau avec peu de mots. Sans le savoir vous m'avez donné un nouvel élan. Je vous remercie infiniment. J'ai beaucoup de tendresse et de gratitude pour vous.

Petites nouvelles...
Trois ans sans voir Mève c'est souffrant et maintenant leur mère empêche Jo de venir. Mon fils se tait, il achète sa paix. Après tout ce temps, cet été, j'ai tenté un rapprochement avec leur mère pour les treize ans de Mève. J'aurais voulu une rencontre devant un café ou un bon repas mais elle devait vivre une très mauvaise journée... Sans raison, elle m'a traitée de « maudite vache » avant d'ajouter :  « Tu ferais mieux d'oublier Mève parce que tu ne la verras plus et Jo non plus...»  Quel dommage ! Fini les "Vendredis Heureux". Les deux cousins s'entendaient si bien. Entendre ces deux garçons de dix et onze ans rire de cette façon, avec tant de joie dans la gorge, j'en avais parfois les yeux mouillés de bonheur. Un jour, ils se retrouveront assis dans le salon de leur grimimi, ils reprendront leurs conversations et leurs rires me feront rire ce jour-là.

Vous étiez si belle lors de cette rencontre. L'amour et le bonheur vous transportaient. J'en suis heureuse. Je vous embrasse et vous serre sur mon coeur comme je le ferais pour Mève,

Votre ex-patiente Sue,
grimimi de
Mève, Jo et Th

lundi 25 octobre 2010

Octobre et ses douleurs...

Ce soir, j'aimerais marcher sans penser, avancer sans me retourner, laisser les traces s'effacer, oublier pour ne plus pleurer.

Octobre : Le dixième mois de l'année, le mois de toutes les couleurs, le mois de mes tendres bonheurs, le mois de mes pires douleurs.

Mois de la Balance et du Scorpion, le 20 octobre 1965 est pour moi le mois de l'espoir pour mon deuxième garçon qui  venait de naître et le mois du désespoir pour mon père parti trop tôt un 12 octobre 1977. Puis, il y a eu toutes ces belles fêtes du 24 octobre dans une salle de la résidence, pour personnes âgées non-autonomes, où se réunissait à chaque année toute la famille autour de maman entourée de ballons que ses arrières-petits-enfants regardaient avec leurs grands yeux ronds, Octobre 2010 restera une belle année de nouvelles amitiés et celle des amitiés retrouvées. Puis il y a eu le 20 octobre. C'était la première année depuis 2005 que je laissais à mon fils S... un message sur le répondeur pour lui souhaiter "Bon anniversaire". Octobre c'est aussi le mois des anniversaires de toutes sortes qui se succèdent dans la joie ou la peine, et ceux qui laissent encore un goût amer. Puis, il y a celui du 21 octobre 2005. Celui qui a bouleversé ma vie et celle de mes deux petits-enfants Mève et Jo.

Le 2, c'était papa. Le 5, ça fait trois ans cette année que je n'ai pas vu mon extraordinaire petite-fille Mève qui a maintenant treize ans. Le 10, c'est Colby James, le petit-fils de Normand qui a sept ans et qu'on n'a pas encore vu parce qu'il est né en Australie et qu'on a peur des trente heures en avion. Le 12, c'est la mort de papa. Le 20, c'est la fête de mon fils S... mais, depuis cinq ans, on ne m'invite plus. Le 21, c'est le plus triste des anniversaires, 5 ans plus tard, le rejet est encore pire que la mort de mes parents. Le 22, c'est ma grande amie Hélène. Le 24, c'était maman. Le 31, c'était le père de Normand.

Je viens de terminer une semaine difficile où mes plus beaux souvenirs seront délavés par le temps qui passe mais qui n'arrange rien. J'aimerais sortir tout ce bouillonnement qu'il y a en moi, enlever le masque pour que ma colère explose... Je voudrais crier ma joie, les serrer dans mes bras, leur tenir la main comme autrefois... et les aimer tout simplement!

Mais ce soir, je leur dis :  « Je vous aime gros comme xxxxxxxxxx ça.» Et Jo répondrait « et plus encore.»

Photo: Ogunquit, Maine, oct 2010

dimanche 17 octobre 2010

Soixante ans d'amitié !

Lise & Sue - On fêtait les 50 ans de Normand - déc. 91
Après plusieurs tentatives pour nous rejoindre, vacances de l'une et de l'autre, lundi ce fut une belle surprise d'entendre sa voix. Ce long silence nous a permis de grandir différemment mais en retenant parfois les mêmes choses. Nous avons passé l'âge des bouderies et des supplications d'enfant de sept ans m'a dit mon amie Lise avec beaucoup d'émotion.

Être enfant, c'est aussi être méchant et inconscient... C'est à cet âge que commencent les jeux de pouvoir qui laisseront des traces et même des ornières parfois. On ne réalise pas encore que ces blessures d'enfance guériront rapidement mais laisseront toujours d'infimes cicatrices douloureuses.  Plus tard, le jeu continuera. On blessera notre meilleure amie pour montrer qu'on est la plus forte ou on la rejettera comme une balle pour mieux la rattraper...

Après cet appel du 14 janvier 2009, j'ai essayé d'oublier cette petite phrase qui résonnait encore dans ma tête. En juillet 2009, pour son anniversaire, je lui avais écrit une carte dans laquelle j''expliquais... mais je ne l'ai jamais envoyée. Lorsqu'elle m'appelait, j'étais froide, je n'arrivais pas à retrouver le lien qui s'était élimé au fil des ans. Alors, un jour, le téléphone n'a plus sonné. J'ai laissé tout ça mijoter tout en gardant dans mon coeur le souvenir d'une amitié où tout avait été partagé.


Lundi, nous avons échangé pendant plus de trois heures mais cette fois-ci, je n'ai pas tenté de cacher ce qui avait entraîné cette distance entre nous. Lise a nié avoir dit ce que je lui reprochais. Elle a même fait danser quelques vieux fantômes devant notre amitié chancelante. C'est beau soixante ans d'amitié... C'est un long roman rempli d'échanges, de confidences, de partages, et de mots choisis qui nous ont fait rire ou pleurer et que je refuse d'abandonner sur une tablette de la bibliothèque.  


« La vraie amitié n'a pas besoin de mots 
pour venir en aide à l'autre.»
       Alice Parizeau - Extrait de L'amour de l'autre.

jeudi 14 octobre 2010

Alice et... citation


Bien installée dans son panier qui semble si douillet, coincé entre la causeuse et la maie, l'espace me manquait pour la photographier. Maintenant, dès qu'elle s'installe pour ses longues siestes, je ne peux m'empêcher de faire quelques clichés...

Ses grosses pattes blanches croisées, la tête sortie du panier et bien appuyée, je la regarde, je l'envie... Il m'arrive de penser que si je dois revenir après être partie... j'aimerais me réincarner en chat. Je dirais, si j'ai le choix, en chatte à poil long parce qu'elle trouve toujours un foyer d'adoption.

Elle fait partie de notre vie. Sans Mademoiselle Alice, il y aurait un manque, un trou ou un vide. Certaines personnes ne comprennent pas toujours qu'on puise aimer parfois ces petites bêtes pas si bêtes plus que les humains.

« Le bonheur, c'est comme un chat,
si vous essayez de le cajoler, il vous fuit,
si vous ne vous occupez pas de lui,
il vient se frotter contre vos jambes
et saute sur vos genoux.»
Robertson Davies



mardi 12 octobre 2010

Je suis rassurée...

2 octobre 1910 - 12 octobre 1977

Parce qu'il y a des jours où la peur me torpille le ventre quand je pense que je pourrais mourir sans avoir fait la paix avec mes deux fils, sans jamais savoir pourquoi tout cela est arrivé ou plutôt pourquoi mes enfants ont refusé d'en parler, cette nuit, ce 12 octobre 2010 vient de me rassurer. 

Ils ne pourront jamais oublier qu'ils ont eu une mère pas parfaite bien sûr, mais ils penseront à leur maman qui les aimait même avant qu'elle puisse les prendre dans ses bras. Ils se rappelleront toutes ces petites choses souvent sans grande importance mais qui feront parties de leurs souvenirs. Ils voudront peut-être cuisiner mes vieilles recettes de ma mère, leur grand-mère. Ils sortiront sûrement une photo qu'ils installeront bien en vue sur une table du salon. Ils auront peut-être des regrets... mais ils se souviendront toujours. 

J'aimerais qu'un jour quelqu'un leur dise que même si ma peine était grande, j'étais incapable de les haïr. Cette petite flamme d'amour qui s'allume dans le coeur du bébé et des parents, dès la naissance d'un enfant, ne s'éteint jamais. Ce soir, c'est en pensant à mon père, mort le 12 octobre 1977, qu'est venue cette assurance. Merci papa !

jeudi 7 octobre 2010

Retour attendu...


Je l'ai appelé mardi soir vers 19h00. C'est mon fils M... qui a répondu. Il m'a posé quelques questions sur nos vacances. J'aimais entendre le timbre de sa voix. Je reconnaissais ce joyeux et doux mélange d'ancien et de nouveau puis il m'a dit : « Ça faisait longtemps...»  J'ai dit « Oui » et je n'ai rien ajouté... (Nos deux dernières vacances, nous les avions passés avec eux. Quinze jours inoubliables dans un chalet loué au bord du lac Labelle. C'était l'été 2005, ce fut l'été "Grimimi". Puis, il y avait eu une autre belle semaine ensemble. Nous avions fêté le début d'une heureuse et nouvelle année... 2006.)  Il a dit. « Je te passe tu sais qui...»  

« Grim, j'avais full hâte, je m'ennuyais... j'comptais les jours qui restaient.»  Nous avons parlé jusqu'à 20h00 (sa douche).  Grimimi, j'te rappelle après.  Il m'a rappelée et nous avons continué notre bavardage. Son père lui avait dit que je l'avais appelé le dimanche à 22h00 pour lui souhaiter "Bonne Fête" (48 ans...)  Grim, vendredi je veux aller chez vous. C'est une journée pédagogique. 20h30, il doit aller au lit.  Je te rappelle demain Grim. Je lui ai dit : « Je te donne mille becs chinois et je t'aime. N'oublie pas que tu ne dois jamais manquer de becs chinois...»

Ce soir, il m'a rappelé. Demain, nous irons le voir à sa pratique de hockey et il reviendra avec nous. Il veut venir coucher. Nous avons parlé pendant 90 minutes. De quoi parlions-nous? De sa PS3, de jeux de cartes, de repassage quand j'avais dix ans, de mon amie Lise que je connais depuis 60 ans, de ma grosse tante Alice que j'aimais tant et de sa photo que j'ai retrouvée, de ses anciens amis qu'il a perdus en changeant d'équipe, de son nouveau prof qu'il adore, des rénovations que son père fait dans la cour arrière (piscine, patio etc.). Il m'a demandé si j'irai me baigner l'été prochain. Je ne me baigne pas mais j'irai te voir. Il était encore 20h00 (douche) quand nous nous sommes laissés...

Je vous remercie de votre présence, votre gentillesse et vos tendres et doux mots laissés en cadeau. Je vous répondrai dans quelques jours après avoir passé un beau 24 heures avec mon petit-fils Thomas.

Je vous parlerai de ces vacances d'amour et de plaisir dans mon prochain billet.

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