samedi 21 août 2010

Mourir sans ses enfants...

Maman 24-10-1912 - 21-08-2006

Je fixe l'écran, je regarde cette belle photo de toi maman, tu as vingt-trois ans! Je cherche les mots, les mots qui expriment toutes mes émotions, il y en a tant maman... elles se bousculent comme des prisonnières que l'on a libérées du trou. C'est la première fois que je remarque cette tristesse dans ton regard, sur tes lèvres. On dirait que tu es absente...  Tu es si belle Maman. Je t'aime!

Je suis la curatrice de ma mère depuis 1991, après avoir formé un conseil de famille et signé une procuration devant notaire. Maman vit dans un Centre Hospitalier de Soins de Longue Durée ou C.H.S.L.D. Les personnes qui entrent dans ces centres ne ressortent pas vivants.

Je dors profondément, depuis quelques heures, quand la sonnerie du téléphone tinte au loin comme dans un rêve...Je suis fatiguée, exténuée même. Depuis cet appel de mercredi, je vis des heures très difficiles et angoissantes. Je n'accepte pas de signer leur document tant qu'un médecin ne sera pas venu la voir.  J'en suis incapable et on me regarde de travers, on m'évite et on ne me parle pas, sauf de cette signature.  Le médecin ne passera pas tant que je ne signerai pas leur document dans lequel j'accepte de changer le niveau de soins, passant d'un niveau 2 à un niveau 3. Beaucoup de pression... et pas de médecin après plus de vingt-quatre heures. Maman souffre de difficultés respiratoires, j'ai passé la nuit avec elle. Si sa condition se détériore, je signerai, pour que le médecin vienne la visiter.

Mon frère aîné est à Vancouver pour le mariage, samedi, de son petit-fils. Ma soeur Marcelle l'a avisé, elle m'a dit qu'il était d'accord pour que je signe, elle doit parler à mon autre frère pour lui dire que je dois signer. Ma soeur cadette ne sait pas encore. Ça fait vingt ans qu'elle visite maman, de temps en temps, mais toujours en notre absence. Ce soir, je l'appellerai.

Marcelle a appelé à la maison vers 18h00 le lendemain. Elle crie comme une hystérique... que maman ne va pas bien et que je dois signer. Mon frère et moi, nous rendons rapidement à la résidence. Il n'y pas de changement, maman est comme hier. Elle a tout mangé ses repas aujourd'hui... Le personnel lui a mis de la pression pour qu'elle me convainque.

Je suis dans le corridor, impossible d'être dans la même pièce que ma soeur Marcelle.  Une infirmière que je ne connais pas, s'avance vers moi et tendrement, m'explique que je dois être la seule à prendre cette décision importante. Si vous ne vous sentez  pas prête ou capable, ne signez rien. Cela me rassure beaucoup. 1998, nous avons du faire euthanasier notre chatte Charlotte et nous avons pleuré Normand et moi avant de donner notre accord au vétérinaire. C'est maman qui est là sur ce lit.  Veut-elle mourir, est-elle prête, je n'en sais rien car jamais nous n'avons abordé ce sujet. Une seule fois, elle m'avait parlé de sa peur de mourir seule. Je lui avais promis que je serais là près d'elle.

Vendredi 15h00. Le médecin a appelé pour me dire que maman est dans le coma et que j'aurais du signer depuis longtemps ce changement de niveau. Je ne comprends toujours pas pourquoi le médecin ne vient pas visiter le malade avant qu'on signe. Je suis allée signer. Mais quand nous avons vu, Normand et moi, une préposée faire manger maman, nous étions vraiment ébranlés...

Nous étions trois et nous avons fait une rotation pendant ces quatre jours. Le dimanche, je suis arrivée vers 11 heures, j'ai installé un radio avec lecteur CD et j'ai fait jouer de la musique pour la relaxation. Ma soeur est arrivée vers 2 heures.  Dès qu'elle est entrée dans la pièce, j'ai senti ma paix s'envoler et je me suis concentrée sur le temps qui reste... Il n'y avait pas d'oxigène dans cette petite chambre et vers 21 heures, j'ai appelé Normand pour qu'il vienne me chercher. Je n'avais pas dîner ni souper. J'ai embrassé maman en lui murmurant à l'oreille que je l'aimais et que je reviendrais demain matin.


Je dors profondément, depuis quelques heures, quand la sonnerie du téléphone tinte au loin comme dans un rêve... Quatre coups et je comprends tout en soulevant le combiné. Il est 01h35 le 21 août 2006. C'est mon frère Claude, Marcelle l'a appelé pour lui  annoncer que maman est morte à 01h20. Je n'étais pas là comme promis. Ma soeur Marcelle ne m'a pas appelée. Elle m'a dit qu'elle savait ce qu'il fallait dire à maman. Jamais, je ne lui pardonnerai. N'oublie surtout pas cette promesse.

Maman a été incinérée et ses cendres exposées le 26 août. Une rose blanche et quelques mots sur une petite carte signale ma présence.

"La gratitude est une fleur dans le jardin du coeur."
Merci maman!
Photo: Maman et Th 

vendredi 13 août 2010

Moments de réflexion...


Bonne Fête Sue 67 ans! - 12-08-2010
Je suis assise sur un banc dur dans le sous-sol d'un centre commercial en rénovations. C'est moche, c'est laid et ennuyant. Les lumières blafardes me donnent un air de mourante même si je suis en pleine forme. Normand, assis à mes côtés, lit. Depuis une semaine, je prépare cette journée spéciale. Fêter mes 67 ans en même temps que mes deux petits-fils de 10 et 11 ans. Pour nous empêcher de célébrer leurs anniversaires ensemble, en mai et juin, quelqu'un a mis volontairement des bâtons dans les roues. Alors, pour ma fête, j'ai tout imaginé, tout a été pensé et organisé afin que cette sortie puisse être mémorable. Pendant quelques heures, les deux cousins joueront à la guerre avec des armes au laser pourtant je déteste la violence. 

Vers 19h00, on soupera au restaurant et on rentrera ensuite à la maison. En ouvrant la porte, les ballons suspendus s'agiteront et les bougies déposées sur les meubles scintilleront. Je placerai, au centre de la table du salon, cette délicieuse tarte mille-feuilles bien allumée. Puis, Th, Jo et moi, on soufflera pour éteindre toutes les chandelles de cet anniversaire partagé devenu une fête familiale avec mes deux petits-fils. Normand prendra la caméra pour immortaliser cette autre beau moment de bonheur... 
Nous avions chacun notre couleur... mais Jo n'est pas venu.

Devant nous, l'escalier mobile descend les joueurs de bingo, surtout des personnes âgées, qui défilent régulièrement comme un ruban. C'est un moment propice pour la réflexion... et mon hamster ne se prive pas pour danser dans ma tête et retourner en arrière. Vers 16h15, accompagnée de Th, j'ai rencontré Jo dans le gymnase de son camp de jour. Il s'est levé quand la monitrice l'a appelé mais il n'est pas venu vers moi comme il le fait habituellement. Déjà, je connaissais les réponses aux questions que je lui poserais. Jo, est-ce que tu sais que c'est la fête de grand-maman aujourd'hui? « Non. Mais j' pourrai pas y aller. »  On va chez Darkzone et on pensait que tu viendrais avec nous. « J'irai une autre fois. »  J'aurais aimé lui donner un bec chinois mais il y avait trop de monde autour de nous ce qui l'aurait sûrement gêné. Nous sommes partis...

Mercredi soir, Th est revenu avec nous après sa partie de soccer et son père venait le chercher ce matin. Je crois qu'il savait que cette fête ne serait pas celle que je rêvais et il voulait être là. Nous avons beaucoup parlé parce qu'il voulait savoir si Jo reviendrait. Je ne sais pas mais maintenant il devra m'appeler si ses parents lui permettent de venir. Je n'irai plus attendre devant sa porte...
J'ai peut-être réalisé, pour la première fois, que chaque instant devient de plus en plus important et que le temps précieux passera ailleurs si je ne l'attrape pas. 

J'aimerais m'éveiller chaque jour avec un sentiment de gratitude parce que je suis en vie. Je peux faire tout ce que je veux. Je peux observer les oiseaux dans leur mangeoire, rencontrer mes amis(es), lire ou ne rien faire du tout. Il existe tant de choses qui me rendent heureuse. Je dois garder mes forces pour profiter de cette belle vie qui s'offre à nous et espérer que le temps me permettra un jour de continuer ce que j'avais commencé dès leurs naissances...  

Normand, merci pour cette si jolie carte et pour tes mots encore plus beaux...

Je vous remercie tendrement de passer me visiter de temps en temps, souvent ou régulièrement. Chaque mot laissé en cadeau m'a permis de faire de petits pas... et d'avancer. 

« Dans la vie, plusieurs choses peuvent attirer notre regard 
mais seulement quelques-unes vont attirer notre coeur. »  
Michael Nolan


dimanche 8 août 2010

On peut pas te faire confiance...

Th, Grim et Jo - Un "Vendredi Heureux" 06-06-2009

Vendredi matin 11 heures, le téléphone sonne. Normand répond et après quelques minutes de conversation, je l'entends demander : « Tu veux parler à Grim »  La veille, son père en vacances, l'avait amené avec trois de ses amis à "La Ronde", la destination estivale idéale. Ce parc d'attractions et de manèges de 591 000 m2 lui promettait des heures de plaisir. Ce sont les manèges à sensations fortes qui l'attiraient évidemment. Th a dix ans et mesure 53 pouces, mais quatre manèges exigent que les passagers mesurent au moins 54 pces (1.37 m). Avec un peu de bousculade, il a réussi à passer pour le "Vampire", un des plus importants manèges. Ces montagnes russes s'étirent sur (823m), grimpent jusqu'à 32 mètres, filent à 80.5 km/h et franchissent cinq boucles. Au rythme de 1400 personnes à l'heure, ils ont défié les lois de la gravité en affrontant des forces atteignant 4G (quatre fois le poids). Il y avait tant d'excitation dans le récit qu'il faisait de cette journée inoubliable entrecoupé de mes exclamations. T'es pas sérieux! C'est pas vrai! T'as peur de rien! C'est fou ce jeu là!  Ha Th, je n'en reviens pas...!

Puis, soudain il m'a dit: « Grim, j'voudrais aller chez toi. »  Viens t'en quand tu veux mon coeur. « Qu'est-ce que tu fais? »  Il savait que lundi je m'étais fait mal dans le dos. On fait un peu de ménage et c'est mon "Vendredi Heureux" aujourd'hui. « Grim, c'est sûr que j'vais y aller.»  Penses-tu que Jo va venir? Il a hésité avant de répondre « Non. Et toi, grim? J'ai des doutes... mais à 16h00, on sera devant sa porte. Après avoir parlé à son père, il y avait une petite complication. Th avait une pratique de soccer à 18h30. Je l'entendais échanger avec  mon fils. « J'veux pas y aller papa, j'aime pas ça jouer au soccer, j'aime mieux le hockey. Papa, parle à Grimimi. Nous avons réglé ce litige. Son père est venu le reconduire, Normand irait le mener au soccer. Comme ça, les deux cousins auraient deux heures pour s'amuser.

C'est fou ce qu'il peut inventer comme jeu et moi j'accepte tout de cet enfant. On joue au hockey avec la boîte vide du jeu Yum. Douze pieds de distance, deux filets, chacun trois dés et c'est parti. On rit, on se lance les dés, on fait des arrêts et on compte des buts. Il a gagné 5-4.  Pas pire pour une grimimi avec un mal de dos. 15h30, nous sommes dans la cour d'école où Jo va au centre de jour durant les vacances d'été. Th m'a proposé d'aller à l'intérieur pour demander de parler à son cousin. Il veut savoir si Jo sait qu'aujourd'hui c'est son "Vendredi Heureux". Nous l'attendons dans l'auto, je le vois passer, partir, revenir et enfin sortir. On l'a fait promener de gauche à droite pour enfin lui dire que Jo ne venait plus au camp depuis un mois... 

15h53, nous sommes stationnés devant chez Jo. Les deux autos des parents sont là, nous attendons.  16h00, la porte s'ouvre, mon fils sort seul. Il vient vers l'auto, je baisse ma vitre, il me dit :  Jo ne viendra pas, il a du soccer. En souriant, il ajoute « M'man, on peut pas te faire confiance. » Il est reparti vers chez lui. Je lui demande : S... à quel parc? Pas de réponse, il est entré, nous sommes partis. Mais Th a dit : « Grim, on va vérifier sur internet à quel parc il joue.»  Il a trouvé l'information. Même parc tous les deux. Jo a sa partie de soccer au terrain 5 et Th sa pratique au terrain 2.  Il était si content... il s'est jeté dans mes bras en disant : « Grim, vas voir jouer Jo ne viens pas voir ma pratique. » Je le serrais dans mes bras, je luis donnais des becs chinois en le remerciant, en lui disant qu'il était extraordinaire et qu'il avait une très belle qualité, il n'était pas jaloux.» J'oubliais que je le tenais encore tellement c'était réconfortant. Il m'a dit: « Grim, c'est assez! Tu m'as serré assez longtemps. » 

Nous avons assisté à la partie de soccer de Jo assis dans la première rangée de l'estrade mais éloignés de ses parents. Mon fils et sa femme étaient accompagnés de mon ex qui adore mettre de l'huile sur le feu pour se venger de l'avoir laissé... il y a 29 ans. Ils nous ont vus venir vers eux et ont appelé Jo. Je sais qu'il m'a vue mais il était de glace. À la fin de la partie, sa mère s'est levée tout de suite pour se diriger vers lui, son père et son grand-père l'ont suivie. Ils ont fait un mur comme au soccer et je ne pouvais même pas lui dire "Bonsoir". Sait-il que jeudi c'est un "Jour Heureux"? Viendra-t-il pour mon 67è anniversaire... Moi, je sais que je serai devant sa porte à 16h00. C'est samedi que le choc s'est fait ressentir.

"Je vous aime, non seulement, pour ce que vous êtes,
mais pour ce que je suis quand nous sommes ensemble"
Roy Croft

mardi 3 août 2010

Une Récompense devient un Hommage...

Réalisée par SueL en mai 1998

Perdues dans de beaux décors bucoliques et entourées d'arbres majestueux souvent centenaires, ces petites maisons cachent leurs défauts, leur beauté ou leur bonheur aux promeneurs qui sillonnent leurs routes à la recherche d'une chaumière dans un endroit calme. Pour chaque maison, il y a une histoire et une odeur. Dès l'entrée, on est invité par un arôme naturel de pomme-cannelle ou par un arôme artificiel de brise exotique. Parfois, c'est le poil de chien mouillé ou la litière de chat oubliée qui nous donne l'envie de fuir et de ne plus revenir.

Il y a aussi des maisons récentes ou neuves situées dans de nouveaux secteurs urbains où les jeunes couples s'installent en attendant leur premier enfant et qui se transformera en un douillet nid familial. Bien sûr, dans les secteurs boisés, on trouvera la perle, pas chère, mais là ça prendra des bricoleurs, de bons outils, de l'huile de coude parce qu'il faudra la rénover pour la rendre chaleureuse et confortable. Chaque couple fera son choix pour le meilleur et pour le pire...

Dans certaines de ces maisons, des mamans sont heureuses de rester à la maison avec un poupon, une fillette ou un petit garçon. Souvent, elles ne se privent pas d'être de nouveau maman parce qu'elles aiment ce rapport enrichissant avec leurs enfants. Plusieurs, ont choisi de mettre un frein à leur carrière pour leur bien-être. Elles ont décidé de prendre en main, en bas âge, l'éducation de leur progéniture, de se dévouer quotidiennement et d'ensoleiller la vie de leurs enfants.

Féepoussière habite une de ces jolies maisons. Le 18 juillet dernier, elle m'a laissé un commentaire sur mon billet "Le Centième pour Mève". Surprise! J'apprenais qu'elle m'avait décerné un prix-récompense et elle m'invitait sur son blog www.aupetitmondedelisa.blogspot.com pour connaître les instructions. Je devais décerné la récompense à quinze autres blogueuses. J'ai plutôt proposé de rendre hommage à toutes les mamans qui souvent s'oublient, qu'elles travaillent à l'extérieur ou restent à la maison, pour donner le meilleur d'elles-mêmes à leurs enfants. Lorsque je lis ce que Fée Carole réalise dans une journée avec sa puce de 3 ans ½, sa jolie et délicate Élisa, je sais que le soir venu, elle est satisfaite et fière de ce qu'elle a accompli.

On ne réalise pas toujours à quel point le fait de recevoir une récompense nous troublera. Je suis d'abord émue parce qu'on m'a lue... et bouleversée, surtout parce qu'elle m'est offerte par une jeune maman. Une jeune maman chez Grimimi ça m'attendrit. Je vois l'image d'une petite-fille offrant avec plaisir un cadeau à sa grand-maman. C'était le 7 septembre 2007, on pique-niquait pour notre "Vendredi Heureux" et Mève, avec l'aide de son papi Normand, avait coupé des fleurs séchées qu'elle m'a offertes en disant : « Je sais, grand-maman, que tu feras un beau bouquet et que tu le garderas toujours.» Un mois plus tard, c'était notre dernière rencontre. Oui Mève, tu avais raison.

Merci Féepoussière, tu m'as comblée de bonheur et aucun mot ne peut exprimer toute ma reconnaissance. Je fais une petite entorse en revenant sur ma parole... J'inverse la donation en remettant cette récompense à Jane http://jjoneshawkins.wordpress.com/. D'une Grimimi à une petite-fille avec toute mon affection et ma tendresse.


dimanche 1 août 2010

Un petit Yorkshire et une chatte...


Un Yorkshire et une chatte d'Espagne...
Alice, je t'aime!
Moi aussi Merlin...


Alice, tu me chatouilles 
avec tes longues moustaches...


Mon coeur bat pour toi... depuis 
que je t'ai vue la première fois.



C'est assez les photos... laissez-moi tranquille!

Alice est entrée et je suis si triste.
Je pars aujourd'hui, je rentre chez moi, mais je reviendrai.
J'ai passé de très belles vacances du 23 au 30 juillet.
À bientôt ma belle Alice.
J'ai hâte de retrouver Th.  Je m'ennuie beaucoup de lui.


Merlin XXx
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