jeudi 22 juillet 2010

Les droits des petits-enfants...

Bonne Fête "Ma Puce" - 13 ans le 26-07-2010

On dit que le vert est la couleur de l'espérance. Samedi passé, l'espoir devait m'enrober en faisant mes achats. J'ai d'abord choisi cette carte pour les treize ans de ma petite-fille Mève, puis une enveloppe verte évidemment et enfin, un joli petit carnet pour traîner partout, au cas où... Et là, dans ce magasin Renaud Bray, je deviens l'enfant dans un Toys"R"us. Les livres, les jeux, les crayons, les carnets, les agendas et les cartes de souhaits, tout m'intéresse... j'avais le goût de tout pour "Ma Puce". Mais soudain, j'ai senti l'effet vert diminué lentement durant que je m'accrochais à mes rêves. Ma petite voix intérieure m'a doucement chuchoté à l'oreille : « C'est inutile d'acheter.  Mève ne peut rien apporter chez elle qui vient de toi... sors d'ici.»  J'avais déjà trouvé un petit cadre dans lequel j'ai mis la photo de son chat "Brioche" mort au début de l'année. J'ai payé la carte et le carnet et je suis sortie les mains presque vides et la mine basse. J'ai dit : « Viens Normand, on va rentrer...»


Encore attablée et sirotant mon thé, j'étais perdue dans mes pensées. Je revoyais cette femme, croisée un peu plus tôt cet après-midi, sûrement une grand-maman et sa petite-fille d'une douzaine d'années que j'avais enviées pour leur belle complicité... tout en étant heureuse qu'elles partagent ce beau moment de bonheur. J'ai senti monté lentement la boule, celle que je ravale quand je pense trop à Mève. Je devais raconter à Normand les émotions qui m'envahissaient si je ne voulais pas, encore une fois, entrer dans ma bulle.  « Toutes mes belles résolutions prises au début du mois s'effondrent... et si je devais appeler Is.. ce soir, je ne serais plus capable de l'inviter à souper... il y trop de méchanceté.» et j'ai tiré deux Kleenex pour m'essuyer les yeux. Il comprenait très bien toute cette peine que je ne peux contenir et qui déborde parfois. Il m'a serrée tendrement dans ses bras et murmuré « Tu ne mérites pas ça...»  


Dimanche soir, je pensais à Is.. la mère de Mève et Jo. Je devais absolument l'appeler cette semaine si je voulais que mes deux petits-enfants puissent venir souper avec Th, Normand et moi. Je me souvenais de l'appel de l'an passé où l'écho de ses mots résonnent encore et la peur du rejet est là tout près. Mais, c'était la seule façon d'ouvrir un dialogue si je voulais revoir "Ma Puce", alors je devais me sentir forte pour négocier. Puis, lundi matin, le téléphone a sonné. « Grim, je voudrais aller chez toi et rester à coucher...»  On l'a reconduit chez lui mardi soir à 20h00. Ces trente-trois heures de bonheur avec Th ont fait toute la différence dans mon comportement.  Je suis passée de la déprime à la "Vie en Rose".  Il y a tant de bienfaits que nous apporte la présence de nos petits-enfants:  de la vie, de l'action et une stimulation de tous les instants. C'est une énergie essentielle dont on ne doit pas se passer. Alors, en revenant à la maison, j'ai décroché le combiné pour l'appeler. Il y avait un message pré-enregistré qui disait qu'il n'y avait plus de service à ce numéro. C'était impossible!  J'ai recomposé et toujours le même enregistrement. Mon fils et sa femme avaient sûrement fait bloquer nos numéros de téléphone. Et, ce fut le choc. Je ne pouvais croire qu'ils me traitaient comme un harceleur ou pire un agresseur.  J'ai pleuré... mais il fallait ne pas oublier le but visé. Voir Mève!

Le lendemain, j'ai essayé avec le numéro en mémoire. Et miracle, c'est Is.. qui a répondu. Dès qu'elle a entendu ma voix, elle m'a lancé un « Qu'est-ce que tu veux? Tu n'as pas le droit d'appeler ici»  «Is.. je veux simplement te parler...» « T'as rien compris, tu n'as pas le droit d'appeler, le juge l'a dit.   Là, ma patience était à bout et je lui ai dit ce que je pensais.  Écoute Is.., j'avais demandé deux appels par mois et tu n'étais pas d'accord parce que ça t'obligerait à vérifier ton afficheur pour savoir qui appelait. Le juge a suggéré que ce soit les enfants qui m'appellent. Mais ça ne marchait pas encore, parce que tu devrais leur faire penser de m'appeler... C'est ce qu'on appelle de la mauvaise foi. Le juge avait tout compris et il a jeté les gants... Il était l'heure de rendre son jugement.  Elle criait tellement, une vraie furie et elle a terminé en me disant « OUBLIE MÈVE et JO... tu ne les verras plus.»

Cette semaine, Th, m'a demandé : « Grim, ça fait combien de jours que t'as pas vu Mève? » Même si j'ai un jugement de la cour depuis le 9 juillet 2007, cela fera 1026 jours le 26 juillet que je n'ai pas vu ma petite-fille. J'ai eu quelquefois le goût de tout lâcher, de m'asseoir et d'attendre... que ce mal guérisse.  Je dois me tenir droite devant mes deux petits-fils et ne jamais parler de la peine que j'ai encore aujourd'hui.  Est-ce qu'un jour, mes enfants, des hommes maintenant de 48 et 45 ans, sauront tout le mal qu'ils m'ont fait.  Ils ont été lâches parce qu'ils voulaient la paix avec leurs conjointes.  Ce sont leurs enfants, mes deux petits-fils qui m'ont tendu leurs mains. Ils ont été courageux face à l'adversité de leur mère.

« La douceur du miel ne console pas de la piqûre de l'abeille.»
Proverbe français

Il y aura une autre carte, ses petits cadeaux et 100$ dans son panier.

mercredi 7 juillet 2010

Le Centième pour Mève!

Mève et Roudoudou le 30-12-2004

Aujourd'hui, j'ai annulé ma participation au jeu d'écriture de Jane.. pour écrire mon centième billet et je connais la raison qui rend ce nombre si important. Le 12 septembre 2009, je publiais mes trois premiers billets. Le chagrin, l'ennui et le rejet avaient formé, dans ma gorge, une boule qui m'empêchait d'oublier ce mois de juillet douloureux. Un hasard m'a fait découvrir les blogs et j'ai pesé sur les touches, souvent sur les mauvaises, mais toujours avec acharnement. La réussite était ma bouée de sauvetage. C'était presque une question de vie ou de mort, pas par suicide mais par désespoir. Écrire pour arrêter mon hamster de tourner, pour me libérer, pour dénoncer, pour comprendre, pour expliquer, pour savoir pourquoi?

Je suis là devant l'écran et je regarde ta belle photo avec Roudoudou et déjà mon coeur s'emballe. Tu me souris si tendrement... Mes pensées s'affolent, je retiens mes larmes, j'essuie mon nez, et toutes ces belles images depuis ta naissance défilent l'une après l'autre comme sur un fil de presse. J'étire le cou, je ne veux rien perdre de ces huit merveilleuses années de bonheur. Le 27 juillet 1997, tu avais 27 heures quand je suis entrée dans la chambre. Une infirmière tenait ce précieux trésor qu'elle a remis doucement dans les bras de ta maman, Là, je t'ai vue, sentie, humée, examinée et j'ai commenté chacun de tes petits gestes avec ton papa durant que tu tétais le biberon. Tu étais parfaite!  C'est à ce moment que tu as déposé une graine de bonheur qui a germé comme une fleur dans mon coeur.

Il faut devenir grand-maman pour savoir décoder et connaître la signification de toutes les émotions qui suivront. Oh Mève ça recommence. J'ai les yeux brouillés, le nez juteux, les larmes coulent, je ravale... et je revois tout comme si c'était hier. Ta première photo, tes premiers cadeaux, ta première visite, tes premiers sourires, ta première dent, tes premiers mots, ton premier dodo, tes premiers pas, et toutes ces petites choses, tous ces moments de tendresse, tous ces petits riens, tous ces petits dessins, tous ces gros câlins, tous ces beaux becs chinois, tous ces "je t'aime gros comme xxxxxx ça" et tes derniers patins, ton dernier livre, ta dernière banque, ta dernière lapine, ta dernière photo et tout le reste puis notre dernier pique-nique, notre dernière lasagne, notre dernière histoire, nos derniers rires, nos derniers becs chinois et "je t'aime gros comme xxxxxx ça", et ce fut notre dernière soirée sans le savoir... C'était le 5 octobre 2007.

J'ai choisi la même photo que lors du premier billet mais cette fois je ne cache pas mon extraordinaire petite-fille. Je ne sais pas si tu aimes toujours que je t'appelle "Ma Puce", toi qui aura treize ans bientôt... Je ne sais plus rien de toi. Je sais que ta mère n'a pas changé d'idée à propos de moi... et toi. Après 660 jours de silence, ma lettre envoyée quelques jours avant ta fête l'an dernier est restée muette, l'invitation à venir souper au restaurant pour tes douze ans est demeurée sans réponse... Dimanche, 26 juillet 2009. J'attendais, j'espérais mais à 20h30, je savais qu'à cette heure tu ne viendrais plus. Je me suis levée comme un zombie, j'ai décroché le combiné et signalé ton numéro. Merci mon Dieu, c'est toi qui a répondu "Allo". J'ai dit : « Bonsoir Mève c'est grand-maman...» Tu m'as dit : attends une minute... et c'est ta mère qui t'a remplacée en me demandant : « Qu'est-ce que tu veux?»  J'ai gardé mon calme et répondu : « J'aimerais souhaiter bonne fête à Mève, est-ce que je peux?»  Elle m'a dit : « Si elle veut. »  Mon coeur s'est mis à battre dans ma poitrine, j'avais peur, peur du rejet, peur que tu dises « non » et soudain tu étais là. Ma petite-fille au bout du fil et moi je ne sens plus ma voix. J'entends encore le murmure pour te demander : « Est-ce que je peux te faire un gros câlin même si on est loin? Il y a eu le bec chinois et le je t'aimerai toujours.  Même pas cinq minutes... mais je remets le disque parfois pour entretenir ce beau souvenir.

Un jour, nous nous sommes rencontrées par hasard au parc où ton frère Jo jouait au soccer, ta mère t'a dit de baisser la tête. Pourquoi? J'ai eu beaucoup de peine pour toi et il m'en restait pour moi. Dans vingt jours, tu fêteras ton treizième anniversaire et cette année, j'appellerai ta mère pour lui demander la permission de t'amener avec Jo et Th souper ensemble à la maison ou au restaurant. Nous serions si heureux Normand et moi si ... Je t'embrasse sur les deux joues et te donne un beau bec chinois.  Je t'aime gros comme xxxxxx ça.
Grimimi Sue

C'était un voyage fabuleux!  Notre itinéraire était parsemé d'étoiles et de sourires. 
On ne voulait surtout pas quitter cette route... 
Malheureusement quelqu'un a érigé un barrage

samedi 3 juillet 2010

Ils étaient là tous les deux...

Ils étaient là ce soir tous les deux pour mon "Vendredi Heureux" avec Jo. Normand m'a dit « on va y aller comme prévu dans le jugement...»  Hier, je lui avais parlé de mes inquiétudes depuis le dernier appel de mon fils S.... Nous nous sommes rendus à l'école où il passe ses journées dans un camp de jour.  Je le cherchais parmi tous ces p'tits gars qui se tiraillaient ou luttaient réunis dans le gymnase.  Dès qu'il m'a vu, c'est avec un beau sourire qu'il m'a dit "Bonjour" et il est venu vers moi. Nous sommes arrêtés chez lui pour déposer son sac à dos et quelques minutes plus tard, il ressortait. Un deuxième arrêt pour acheter les six beignes et on rentre à la maison.  Enfin, on se donne un doux bec chinois, et nous sommes heureux d'être ensemble pour ces cinq heures et trente minutes, une fois par mois. Nous avons parlé un peu de notre dernière rencontre et de sa fin d'année scolaire.



Mercredi soir, nous assistions à la partie de soccer de Th et il m'avait demandé : « Grim, Jo, vas-tu être là vendredi?»  Je ne sais plus quelle journée ou même s'il viendra... c'est ce que j'avais répondu.


Quand Jo s'est installé devant l'ordi, j'ai tout de suite téléphoné à Th pour lui annoncer la nouvelle.  J'veux y aller Grim, j'te rappelle dans cinq minutes...  À 17h00, il arrivait avec son père et il l'a repris à 21h00. Les deux complices ont soupé ensemble parce qu'ils n'avaient pas assez faim pour manger plus tôt.  J'aimais les voir et les entendre se parler du soccer et autres...

Th a branché la Wii et c'était parti... Après quelques heures devant leurs jeux, nous sommes descendus en bas pour qu'ils puissent courir un peu.  Ils se sont mis à la recherche de branches d'arbres cassés, ont couru et se sont amusés. Th est parti à 21h00 et à 21h30, nous laissions Jo devant sa porte jusqu'au premier vendredi... du mois suivant.  

Cette situation est déplorable.  Normalement, les grands-parents et les petits-enfants se voient librement sans rendez-vous, sans obligation.  J'ai la chance de voir Th régulièrement.  Jo vieillit, et je sais qu'il se rappellera toujours de nos beaux "Vendredis Heureux" et qu'un jour, il reviendra plus souvent. J'ai toujours ce trou immense fait par l'absence de Mève, la soeur de Jo, mon extraordinaire petite-fille qui fêtera ses treize ans le 26 juillet. Même si j'ai un jugement du tribunal, ses parents l'empêchent de venir depuis le 5 octobre 2007.

"Les enfants ne possèdent pas les faiblesses et les vices des adultes;
dans l'amour et dans la haine, 
ils sont plus forts, plus proches et plus purs que nous."
Goce Delcev


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