mardi 25 mai 2010

Enfin, il m'a guérie. Merci!


L'odeur du lilas mauve, fraîchement cueilli par Normand cet après-midi là, embaumait le salon et la salle à manger. Je venais d'en remplir trois beaux vases en verre et de les replacer sur leurs tables quand le téléphone a sonné. Il était 21:00, samedi le 8 mai, veille de la Fête des Mères. Je n'avais pas eu de ses nouvelles depuis le 6 décembre 2007, c'était mon fils S... le père de Mève et Jo. Je savais ce qu'il me dirait et il l'a dit.  « Jo ne viendra pas demain, il couche chez son cousin.»  Ce n'était pas une surprise, je ne sais pas pourquoi mais je le ressentais depuis plus d'une semaine.  Il m'a expliqué que maintenant Jo viendrait quand il le voudrait. Normalement, j'aurais été emballée par cet arrangement mais il y avait dans sa voix une intonation qui me faisait douter de sa sincérité. Alors, je lui ai dit: « C'est bien mais n'oublie pas qu'il a le droit de venir 5h30 par mois, et j'espère que tu vas respecter son choix. Jo sait que si un jour il ne veut plus venir, il n'a qu'à me le dire car jamais rien ni personne ne l'obligera. Par contre, si quelqu'un l'empêchait de venir, j'irais consulter mon avocat pour une requête en Outrage au tribunal.»  Il m'a répondu que si j'allais encore à la cour, il défendrait à Jo de me parler pour le restant de mes jours. C'est sérieux... que je lui ai répliqué. « Pourquoi Jo ne m'appelait pas lui-même ce soir, comme il l'a fait  jeudi passé, pour remettre notre "vendredi heureux" à dimanche?»   

Il a monté le ton et est devenu impoli.  Je lui ai simplement rappelé que je n'étais pas une poubelle et que nos valeurs familiales n'étaient pas celles-là.  Il s'est excusé et on a repris la conversation.  « Maman, je ne sais pas ce qui t'est arrivé. J'étais toujours content de vous recevoir en famille même si tu n'étais plus avec M... J'ai toujours été fier de toi, tu as fait une belle carrière en immobilier et maintenant tu es seule... (mais Normand est là depuis 29 ans).  Tu as capoté! Tu vas devenir comme ta mère. Tu es devenue folle?  etc...  Habituellement, quand il me parlait sur ce ton, j'essayais de le résonner et j'ai souvent pleurer. Mais ce soir là, j'étais moins émotive et j'écoutais.  Je lui ai dit que tout ça était arrivé parce que sa femme était jalouse de ma relation avec Mève.  Il s'est mis à rire et à dire que sa femme disait que c'était moi la jalouse parce que je n'avais pas eu de fille, et que ma petite-fille était très déçue de moi, qu'elle ne voulait plus jamais me revoir.
 
Il m'a expliqué les relations familiales avec son frère M... et Li.  Que Jo couchait parfois chez Th.  Je lui ai répondu que j'étais très heureuse si les enfants se voyaient et si les deux frères se fréquentaient.  Tu vois, tu es seule... Maman, on t'a eu où ça faisait le plus mal.  Je croyais qu'il était un tapis, qu'il se laissait dominer pour avoir la paix ou pour plaire à son père qui lui a assuré un héritage important. Mais c'est vraiment de la méchanceté pour me blesser et cela ne peut être remplacée par la bonté du jour au lendemain.

C'était la première fois que je raccrochais sans avoir pleuré une seule goutte.  Enfin, il m'a guérie. (de ce grand chagrin.) Merci!  C'est ce que j'ai dit en raccrochant le téléphone.  Normand est venu me rejoindre, il avait entendu la conversation et nous en avons discuté.  Depuis cet appel, j'ai beaucoup réfléchi et j'ai lu pour essayer d'oublier.  Faire le deuil d'un enfant vivant ce n'est pas naturel et je crois sincèrement qu'il doit être très malheureux pour avoir ce comportement.  Pourquoi avoir monté tout ce scénario?  Il ne voit pas son frère et les enfants ne se voient pas non plus.  Il est seul, mais il a sa famille et son père. 

Le choc est venu quelques jours plus tard.  J'avais perdu mes émotions, j'étais incapable d'écrire ou de laisser des commentaires ici ou ailleurs. Mon ressort s'était brisé, et j'étais devenue un pantin.  Lentement, j'ai commencé à revivre pour moi et à accepter... C'est une fin et un début!
Si Jo ne vient pas à notre "vendredi heureux" du 4 juin, "Fête de Th", je commencerai la procédure car je ne peux me soustraire à cet engagement envers lui.

« Tout le monde attrape une crampe physique ou mentale, à jouer un rôle.  
Crampes de l'âme, crampes du corps, arthrite des émotions.»  
Dr. Otto Rank dans le Journal d'Anaïs Nin 1934-1939


Ce bouquet, je l'offre à  deux femmes de coeur.  Lilia, "mi figues mi raisins" et Dominique- L, "Le temps qui passe".  J'ai appris avec tristesse que ces deux blogueuses annonçaient une pause... et cela m'a secouée. Lilia et Dominique, deux grandes femmes aux antipodes, m'ont accompagné sur ce chemin parfois difficile. Leur encouragement, douceur, confiance et espoir en l'amour de mes petits-enfants m'a permis d'avancer.  
Je vous remercie mes amies!

vendredi 7 mai 2010

Blessures...

Les deux cousins, Jo et Th heureux le 01-05-2009

Chère psy... mon ange (6 mai 2010)

Ce soir, je pense à vous.  La radio joue une musique douce et jazée qui me tire parfois de ma lecture "Le journal d'Anaïs Nin".  Je dépose le livre un instant, mes pensées se brouillent, je le reprends. Un titre soudain apparaît entre les lignes "Un ange, une psy" pour mon prochain billet que j'écrirai bientôt sur mon blog.

Vers 18:30, j'ai reçu un appel de Th. En pleurant, il m'annonce qu'il ne viendra pas demain pour mon vendredi heureux avec Jo. J'ai ravalé mes larmes toujours prêtes à éclore... pour lui demander la raison.  Un nouveau prof et ce petit bonhomme de dix ans s'affrontent depuis quelques semaines. Il a reçu, pour avoir trop parlé, une conséquence. Écrire un texte de deux cents mots sur le bingo. Les premiers mots sont lancés par l'enseignant.  « C'est l'histoire d'un petit garçon qui accompagne sa mère au bingo et il s'ennuie...»  Th prétend qu'il ne mérite pas cela et il ajoute « Grim, le bingo... je l'haïe ce prof, je vais lui mettre la tête dans une poubelle et l'envoyer sur un volcan.»

Ses parents lui ont donné une conséquence à la conséquence. Demain, tu n'iras pas chez Grimimi... Mais c'est Th, pour notre vendredi heureux, qui a organisé la fête pour les 11 ans de son cousin Jo. Nous allions à Laval dans un centre d'amusement avec des jeux au laser. On se faisait une fête de voir la tête de Jo, la caméra était déjà sortie. Je lui ai suggéré de remettre ça au mois prochain.  Jo aura onze ans le 14 mai et Th dix ans le 4 juin.  Il était content de cet arrangement mais triste... Il lui restait encore à écrire son texte et à répéter son exposé oral. Vous savez depuis que tout ça est arrivé, il y a en moi quelque chose de brisée. En plus d'avoir les yeux humides, j'ai des doutes qui m'assaillent régulièrement et j'ai perdu cette belle confiance que j'avais avant.  Mais ce soir, je suis fière de moi, d'ailleurs je le suis toujours avec mes petits-enfants.  J'ai simplement dit à Th qu'il devait faire comme les olympiens avant une compétition. «Th. prend ton Ipod, écoute ta plus belle musique pour chasser ta tristesse et tu verras... ça va aller.  Une heure plus tard, il m'appelait. « Grim, j'ai fini.»  On a parlé puis il devait se préparer pour aller au lit. On s'est donné un beau bec chinois et je lui ai dit que je l'aimais...

Tout de suite, j'ai fait la liste pour demain. Décorer la maison, acheter des ballons, préparer un repas de fête avec gâteau et onze bougies parce qu'il aime encore les souffler, et prendre des photos pour mettre dans l'album des deux cousins.  Je venais à peine de terminer ma liste qu'une autre surprise m'attendait.  Vers 20:15, le téléphone a sonné.  Ce n'était pas Th, c'était un appel de Jo « Grand-maman, je n'irai pas demain... mais dimanche à 12:30 à vélo.  Comme d'habitude, je fais comme si cela ne me dérangeait pas. Il ne faut jamais oublier l'intérêt des enfants, c'est ça qui compte. Je réponds « J'ai hâte à dimanche... »  Depuis le début de l'année, il n'est pas venu le 1er janvier et le 2 avril parce que ses parents avaient des sorties en famille.  Je comprends qu'une date parfois ne leur convienne pas mais ils refusent de remettre les journées perdues.  Dimanche, c'est la Fête des Mères... cela m'étonne qu'il puisse venir et je me questionne.

J'écrivais cette lettre lorsque j'ai décidé de la publier pour me libérer et cesser de me questionner. 

N.B.  Th a écouté "Brake your heart" et "You'r Beautifull" 

lundi 3 mai 2010

Le lit blanc qu'elle aimait tant...

Trois nounours attendent... depuis 10-10-2005

Comment décrire tout le bonheur et le plaisir de ces dix jours qu'elle a ensoleillés par sa présence, son sourire et tout ce qu'elle est. Cet été là, elle avait  insisté pour venir seule sans son frère et avait demandé combien de jours elle pouvait rester. « Tu décideras avec tes parents "Ma Puce"»  Vendredi le 19, nous sommes allés la chercher, ses bagages attendaient près de la porte d'entrée. Elle a embrassé son papa mais sa maman n'était pas là. 

Le dimanche suivant, nous étions aux Galeries Rosemère pour trouver un petit bracelet dont elle me parlait sans arrêt. Plusieurs de ses amies portaient ce "Zoppini" comme elle disait. Je lui avais offert son cadeau d'anniversaire le 26 juillet mais pourquoi lui refuser une telle joie. Fièrement, elle avait choisi un joli bracelet, deux petites breloques représentant un "petit chat blanc" et "I love you" pour son ami Rémi puis la vendeuse  avait ajouté deux autres breloques en promotion. La facture totale s'élevait à 62.$.  En sortant, nous étions  excitées mais pour des raisons bien différentes. Dès l'arrivée à la maison, elle s'est assise dans le lit blanc, moi devant, pour appeler sa maman. Je revois, presque cinq ans plus tard, ses beaux yeux  brillants, ses petites mains tremblantes d'excitation en composant le numéro, si heureuse d'annoncer qu'elle avait ce beau bracelet tant convoité. Mais sa joie fut de courte durée. Sa maman lui a dit qu'elle me rembourserait car c'était le cadeau que ses parents devaient lui donner pour sa fête passée depuis  25 jours. Elle a demandé à sa mère d'attendre pour me répéter la conversation. Je n'ai rien dit pour ne pas la perturber. Pourquoi sa mère ne m'a pas parlé et expliqué?  J'aurais été me faire rembourser, c'était si simple pourtant.

Le lundi, Mève m'a dit qu'elle resterait jusqu'au 29, veille de la rentrée scolaire. Cette petite fille de huit ans appelait sa maman au bureau tous les matins et son papa le soir au souper pour raconter ces belles journées. Ce matin-là, elle m'avait demandé si je voulais parler à sa mère. J'ai pris le combiné pensant qu'elle voulait me parler mais ce n'était pas le cas. Elle a profité de l'occasion pour me dire  « Mève fait des tas dans sa culotte, surveille-la et chicane-la si tu trouves des culottes sales qu'elle cache partout.»  J'étais bouleversée et je devais me taire... J'ai répondu « je ne chicane jamais les enfants quand ils me visitent.»  Je n'étais pas leur gardienne et j'ai toujours voulu qu'ils se souviennent de leurs visites, même si on ne faisait pas de grandes choses. Les jours les plus beaux et les plus doux ne sont pas ceux où il se passe des choses particulièrement belles, merveilleuses et passionnantes.  Ce sont ceux qui apportent des plaisirs simples, qui se succèdent en douceur. Je la comprenais quand elle mouillait son lit. Je lui avait dit « j'ai aussi mouillé mon lit.» On  avait vérifié ensemble, sur Internet, ce que l'on recommandait.... Ne pas en parler.

Le vendredi 26, elle a appelé sa maman. Elle voulait rentrer à la maison le dimanche. Sa mère était seule (son papa travaillait), elles iraient acheter ses souliers neufs pour l'école.  Elle lui a répondu d'attendre à lundi tel que convenu.  Elle a racroché en pleurant... et moi j'étais en colère, je bouillais à l'intérieur. Cette petite fille de huit ans seulement pleurait parce qu'elle avait peur de ne pas avoir de souliers pour la rentrée scolaire du mardi.  J'ai offert d'aller lui acheter ses souliers mais elle préférait attendre sa mère.  Avait-elle voulu la punir?  Pensez-y sérieusement car ce n'est pas banal.  J'aime sincèrement les enfants et je ne voudrais pas qu'ils subissent l'indifférence que j'ai subie d'une mère pourtant pas si méchante... Le lundi vers 13:30, Normand et moi, l'avons reconduite au bureau de sa mère.  Pas de bonjour, pas un mot ou un merci, mais surtout, pas de beaux bisous et de gros câlins pour cette douce et sensible petite fille.  Rien absolument rien!
Pendant ces dix mémorables journées, je n'ai jamais trouvé de culottes sales.  Elle n'a jamais su que sa mère, et mon fils M... qui avait déjà assisté à une scène épouvantable, me l'avaient dit.

Fin septembre, on s'est revu en famille chez S.... pour le souper d'anniversaire de son frère M...  Puis, les deux enfants sont revenus chez moi du 6 au 10 octobre durant un petit voyage à Niagara on the Lake.  Depuis le 21 août, elle ne m'avait pas remboursé les 62.$ et le soir de leur retour, au dessert, je lui ai présenté la facture. Elle n'avait pas d'argent sur elle mais me rembourserait lors de la fête surprise pour S... . Je n'ai pas été invitée pour féter les 40 ans de mon fils et lorsque je l'ai appelé le 20 octobre 2005 pour lui souhaiter "Bonne Fête",  il était absent.  C'est la boîte vocale qui a pris mon message...

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