mardi 30 mars 2010

L'album de mes doux souvenirs...


 Peinture sur bois réalisée par ma soeur Marcelle

C'est au Réveillon de Noël 2002 que j'ai reçu ce précieux cadeau dédicacé par ma petite soeur Marcelle. « À ma soeur, ma grande amie, ma confidente... Je t'aime. Ta petite soeur Marcelle xxx.» Tout d'abord, son intention avait été de me l'offrir pour mon anniversaire de naissance en août mais le temps lui avait manqué.  Depuis quelques années, elle s'était installée dans la MRC de l'Érable, quand la Sûreté du Québec avait ouvert des postes dans différentes villes du Québec. Elle voulait vivre l'expérience rurale, avant de prendre sa retraire en mai 2003, après avoir travaillé trente-cinq ans comme fonctionnaire, dont trente ans à Montréal.  C'était son projet de retraite... Acheter une petite maison de campagne pas trop loin de Montréal, faire de la peinture et se bercer doucement en regardant la vie.  Seule, ses deux enfants étaient établis à Montréal, elle avait profité de ces cinq années d'isolement pour prendre des cours de peinture sur bois. 

Et, c'est en voyant l'image de cette superbe maman oursonne, nommée Véronique comme sa fille, que Marcelle avait décidé de la peindre pour nous l'offrir en cadeau à toutes les deux.  C'était un magnifique cadeau et tout c'était décidé en le voyant... Ce serait l'album photo de mes trois extraordinaires petits-enfants.  J'ai transféré toutes les photos dans cet album nounourse. De la naissance de Mève, de Jo et de Th, de leurs visites chez Grimimi, de leurs anniversaires ou le mien, dans le jardin humant les fleurs, dans la piscine ou sur le trampoline, chez le photographe, etc... jusqu'à notre dernier Réveillon en 2006.  

Alors, hier, j'ai pris dans mes deux mains cet album-souvenir et je me suis installée dans mon fauteuil près de la fenêtre. Lentement, j'ai ouvert la première page et j'ai savouré, page par page, tous ces souvenirs qui parfois hantent mon esprit...  Voilà pourquoi, je vous raconterai les photos des enfants et les souvenirs qui s'y rattachent. Ensemble on fera l'itinéraire de l'album-souvenir de ma vie... de famille réunie.


Je vous présenterai avec plaisir ces doux souvenirs...
(à suivre..)

mardi 23 mars 2010

Hello les amies...

Un défi... Un défi... Un défi... Un défi... Un défi...
Vous pouvez utiliser ce lien (juin 2010) en cliquant 
http://enfevrier69.blogspot.com/
 floflo, une blogueuse de 41 ans,
maman de 3 enfants combat un cancer du sein...
Elle a gagné ce dur défi.
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Voici l'histoire de Green Peace...
Cette photo a été prise en 2001, lorsqu'on me gardait pendant que Marie, ma maîtresse, était hospitalisée. Je m'appelle Green Peace, non, je m'appelais Green Peace. Je sais, je sais c'est  un prénom très original parce que je ne suis pas un simple perroquet, j'ai de l'envergure. Mais que voulez-vous, c'est Molly, la fille de Marie, âgée de 12 ans qui a choisi ce très beau nom, Elle est très spéciale et surtout adorable elle aussi. J'étais un peu angoissé quand ma famille adoptive m'a annoncé cette nouvelle. Par contre, il y avait dans cette maison, deux enfants qui m'aimaient follement, et parfois ça devenait fatiguant de se faire répéter toujours les mêmes choses. Alors, je me suis dit:  « Pourquoi pas des vacances...»

C'est la soeur de Marie qui me gardait et je la connaissais bien.  Elle avait un beau petit garçon de seize mois qui était tombé...en amour avec moi.  Au début, j'avais eu peur...mais, il était très doux. Lorsqu'il mangeait, il partageait avec moi... Vous ne le voyez pas sur la photo, mais il est derrière moi, assis dans sa chaise haute, et il me fait goûter toutes sortes de bonnes choses.  Nous sommes devenus de très bons copains.  Quand Marie est revenue à la maison, je suis parti et le petit garçon qui s'appelait Th venait me visiter chez moi et m'apportait toujours une belle surprise.


C'était une chaude journée d'automne, quand les feuilles des arbres sont presque de la même couleur que mon plumage, et que tout le monde sort à l'extérieur.  Marie m'avait installé sur la terrasse comme elle le faisait toujours après le nettoyage de ma cage.  Et ce jour là, elle a oublié de fermer la porte. Je me suis retrouvé dehors, libre comme le vent, et attiré par l'air frais. J'ai volé, volé, et quand j'ai voulu retourné voir Marie et Molly, je m'étais perdu.  Maintenant, je reste ailleurs, je m'appelle Alfred et je ne sors plus dehors...

jeudi 18 mars 2010

Ma belle ballerine...

En voyant cette gracieuse lapine vêtue de son délicat tutu perlé, je n'ai pas pu résister plus de... 2 secondes. Tout me rappelait cette fin de printemps 2004, cette douce soirée mémorable quand, pour la première fois, j'avais assisté au récital de ballet de Mève, ma petite-fille qui n'avait pas encore sept ans. Dès qu'elle est apparue, sa silhouette frèle donnait une impression de fragilité.  Mais, elle s'est avancée doucement, a pointé son pied, et dès  ses premiers mouvements et ses premières pointes, cette enfant sensible a dansé comme une grande ballerine.  

Aujourd'hui, c'était vraiment mon jour de chance. Je lui ai trouvé un deuxième cadeau, un beau cadre en forme de sandale d'été dans lequel j'ai mis la photo de son beau chat "Brioche" mort il y a quelques mois... C'est joli et très féminin... 
Après mes achats, nous nous sommes  installés, dans un petit coin tranquille, pour prendre un café accompagné d'un gros biscuit à l'avoine, qu'on a partagé.  J'avais les yeux clairs qui lançaient des étincelles de bonheur et Norm m'écoutait décrire tout mon plaisir.  Il faisait si beau, les oiseaux pépiaient pour nous avertir qu'ils étaient là, et nous on les remerciait de nous jouer ces airs d'orchestre sans fausses notes.  Il y a des journées comme celle-là où le plaisir se mèle aux sourires et aux rires très facilement.

Puis, nous sommes rentrés à la maison pour préparer un petit souper léger.  C'était délicieux et on était heureux de toutes ces pépites de bonheur. J'ai dit:  C'est incroyable, Mève aura treize ans bientôt. Norm a dit:  Comme le temps passe vite... Et là je savais!  Sans avertissement, elles ont commencé à mouiller mes yeux, à descendre sur mes joues et ma gorge s'est mise à brûler.  Je venais de vivre une belle journée. J'ai ri, goûté au plaisir, entendu un concert tout en douceur, pourquoi dès que je prononce son nom...les larmes coulent comme la sève des érables de ce printemps précoce.

Demain, j'écrirai sa carte pour Pâques, j'emballerai ses petits cadeaux et je mettrai tout ça dans son coffre...

mardi 16 mars 2010

Les p'tites misères d'un couple...

Réalisée par SueL en 1999

J'étais trop jeune... j'avais quinze ans, lui vingt-deux ans.  C'est ce que ma mère disait... Je connaissais sa famille depuis mon enfance...et sa soeur était mon amie depuis la petite école. Souvent j'allais me réfugier chez leur mère quand je m'ennuyais et cette grosse femme, douce, rieuse et toujours de bonne humeur, m'écoutait et me protégeait. Quand on sonnait à la porte, nous savions, que papa demanderait si j'étais là. « Non, elle est venue mais elle est repartie.  »  Alors vite, je sortais par la porte arrière et rentrais chez moi.  L'été, je m'éclipsais souvent chez la voisine, il y avait, dans cette maison, quelque chose que je ne trouvais pas chez mes parents et le temps  passait plus rapidement.  Je n'étais pas la seule à aimer cette voisine si gentille. Il y avait Yolande, une belle femme dans la jeune trentaine déjà mère de sept enfants. Tous les après-midi, elle venait s'asseoir chez cette voisine pour une petite demi-heure de taquineries et de racontars... Même son mari était gentil avec moi, lui qui avait pourtant une réputation de grognon.  Veuf, seul avec une petite fille de trois ans, il l'avait épousée, et deux garçons et une fille étaient nés. C'est ce que j'aimais de cette femme qui me racontait des petits pans de sa vie... quand nous étions seules, comme ça, dans l'après-midi.

Tous les samedis après-midi, depuis que nous avions quatorze ans, les deux amies allaient ensemble au cinéma et doucement, son frère avait commencé à nous accompagner. Le samedi soir, durant que la famille et des amis jouaient aux cartes, les deux filles dansaient dans la chambre des deux frères.  Puis, un soir, il était venu nous rejoindre pour apprendre à danser le rock "n" roll.  Et ce fut le début...  Le 24 juin 1958, il m'avait demandé : Veux-tu m'accompagner au cinéma, mais sans  chaperon? Ma mère avait accepté en disant : « Tu dois être ici pour 23h00. »  Sa soeur n'était pas contente de la tournure des évènements mais nous sommes restées de très bonnes amies.

Après cette soirée, il est devenu mon cavalier. J'avais quinze ans ! Le mardi, jeudi, samedi et dimanche, il venait me chercher pour aller au cinéma ou veiller, au salon, chez mes parents ou les siens.  J'avais toujours hâte de le revoir et quand il me laissait... sa présence me manquait. Lorsqu'on se retrouvait, nos corps se frôlaient et se désiraient... mais on ne pouvait assouvir nos désirs.  À cette époque,  on devait attendre d'être mariés. Toutes les secondes, les minutes et les heures qui passaient nous rapprochaient. Nous étions heureux, amoureux et le 27 août 1960, on s'était marié pour l'éternité... par un beau samedi d'été.  Ma gentille voisine est devenue ma belle-maman.

Vivre dans l'excitation de l'attente était chose du passé. Le mariage avait bouleversé ma vie. Sur les recommandations de maman, j'avais dû, un mois avant mon mariage, laisser un emploi que j'aimais.  Mes amies ne venaient plus me visiter et seule dans mon petit logement, je m'ennuyais. Tous les mois, j'espérais une seule chose... être enceinte. Mon mari venait dîner à la maison et en le raccompagnant, il s'arrêtait, juste un peu avant la porte, et là, il me poussait doucement dans le coin, m'embrassait, me caressait... Ces petites demi-heures qu'on passait ensemble, parfois me traumatisaient.  Il prenait sans demander... on aurait dit que j'étais son objet.

Je voulais être si fière de lui et prouver à maman qu'elle s'était trompée, que je n'étais pas trop jeune pour me marier. Souvent, elle  m'avait lancé des petites flèches empoisonnées. Je pensais que l'amour changerait certaines choses... Il y avait souvent des mots qui résonnaient faux : « As-tu la clef pour ouvert la porte?»  Je répondais : « Ouvrir la porte » et lui ajoutait : « Ouvert, ouvrir c'est pareil.»  Enfin, 25 mois plus tard, notre premier enfant est arrivé et le bonheur à chassé mes petits malaises. Puis, d'autres petits mots que je n'avais jamais entendus sont apparus. « Des quiquisses pour cuisses, du lala pour du lait, des quiquis pour biscuits, du lolo pour de l'eau, etc... »  Je continuais, comme un perroquet, de répéter jour après jour, les mots qui me faisaient monter dans les rideaux.

Notre fils avait déjà trois ans quand son petit frère est né. Je voulais une maison pour mes deux petits garçons. Moi qui avais vécu, neuf dans un quatre pièces, jusqu'à mon mariage, sans salle de bains ni chambre privée, je rêvais d'espace. Mes enfants devaient bouger, s'amuser sans se faire dire par leur maman  : « Ne courez pas, il y a du monde en bas.»  Encore une fois, ce fut la déception. Il avait peur des réparations lui qui n'avait jamais bricoler. Pourtant, cet homme était bon, doux, honnête, travaillant. Il me remettait sa paye même si je ne la voulais pas. Mais quelque chose n'allait pas... Un jour, je suis allée travailler pas pour le salaire mais pour sortir de cet atmosphère. C'est ma belle-maman qui  venait garder ses petits-enfants, le jeudi et le vendredi soir.

Parfois je pleurais. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait.  J'essayais de me  résonner mais ce vide revenait me troubler. Je ressentais parfois un tel mal-être, une maison-prison où j'étouffais. Les enfants étaient maintenant tous les deux à l'école et je travaillais trois jours semaine. L'été, je la réservais pour eux. Nous la passions ensemble dans un terrain de camping où ils ne couraient aucun danger et pouvaient s'amuser en toute liberté.

Mais, il y avait toujours ces questions qui venaient me hanter. J'aurais voulu être instruite et faire un métier que j'aimerais. J'ai commencé à m'éloigner. Il n'a rien vu, même si je lui avais souvent envoyé des signaux. Il continuait à demander la couleur de bas qu'il devait porter...  Il n'a jamais compris que je ne voulais pas être sa mère. Moi, j'avais besoin d'un homme, d'un amant, d'un confident, d'un ami. Quelqu'un qui m'épaule, qui me fait rire et qui sait d'éployer mes ailes. Un jour, je l'ai rencontré!!!

Après vingt-et-un ans de mariage cet homme était resté le même.  Doit-on espérer que l'amour peut les changer, doit-on pousser sur les gens pour les faire avancer ou lâcher-prise plus rapidement?  Dès notre mariage, j'ai constaté que mon mari n'aimait pas se laver, changer ses sous-vêtements ou s'améliorer mais j'ai longtemps espéré qu'il changerait. Pendant plusieurs années ce n'était plus un amoureux qui dormait à mes côtés... mais il restait mon ami. Quand je suis partie, cet ami est devenu un inconnu...

Un jour, il m'a dit « Je me lave maintenant tous les jours.»   Après vingt-et-un ans d'arguments et un divorce, il avait enfin compris...

mercredi 10 mars 2010

Le temps qui reste...


Photo de Grimimi Sue et ?
prise en 1949  lors de la pièce de théâtre
Voulez-vous danser grand-mère...

Voulez-vous danser grand-mère, voulez-vous valser grand-père, tout comme au bon vieux temps, quand vous aviez vingt ans, sur un air qui vous rappelle, combien la vie était belle...
Je me rappelle surtout du produit que papa avait mis dans mes cheveux pour les rendre gris et maintenant, je mets un produit pour cacher le gris.  C'est la vie!  Mais cette photo me servira pour illustrer mon billet.

J'ai hésité avant de louer ce film sur le conseil de mamie Yoyo. « Sue loue ce film, tu vas adorer ma chérie ». Je dois spécifier que mon amie Yoyo, était décoratrice à son compte, qu'elle est française et juive, ce qui lui donne beaucoup d'atouts pour convaincre et que j'aimais tout ce qu'elle m'avait proposé dans le passé.  J'ai loué et adoré "Deux jours à tuer" ainsi que la chanson qui ferme ce film.
Voici sur You Tube "Avec le Temps" de Serge Reggiani.


Combien de temps...
Combien de temps encore
Des années, des jours, des heures, combien ?
Quand j'y pense, mon coeur bat si fort...
Mon pays c'est la vie.
Combien de temps...
Combien ?

Je l'aime tant, le temps qui reste...
Je veux rire, courir, pleurer, parler,
Et voir, et croire
Et boire, danser,
Crier, manger, nager, bondir, désobéir
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Voler, chanter, partir, repartir
Souffrir, aimer
Je l'aime tant le temps qui reste

Je ne sais plus où je suis né, ni quand
Je sais qu'il n'y a pas longtemps...
Et que mon pays c'est la vie
Je sais aussi que mon père disait :
Le temps c'est comme ton pain...
Gardes-en pour demain...

J'ai encore du pain
Encore du temps, mais combien?
Je veux jouer encore...
Je veux rire des montagnes de rires,
Je veux pleurer des torrents de larmes,
Je veux boire des bateaux entiers de vin
De Bordeaux et d'Italie
Et danser, crier, voler, nager dans tous les océans
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Je veux chanter
Je veux parler jusqu'à la fin de ma voix...
Je l'aime tant le temps qui reste...

Combien de temps...
Combien de temps encore ?
Des années, des jours, des heures, combien ?
Je veux des histoires, des voyages...
J'ai tant de gens à voir, tant d'images...
Des enfants, des femmes, des grands hommes,
Des petits hommes, des marrants, des tristes,
Des très intelligents et des cons,
C'est drôle, les cons ça repose,
C'est comme le feuillage au milieu des roses...

Combien de temps...
Combien de temps encore ?
Des années, des jours, des heures, combien ?
Je m'en fous mon amour...
Quand l'orchestre s'arrêtera, je danserai encore...
Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul...
Quand le temps s'arrêtera...
Je t'aimerai encore
Je ne sais pas où, je ne sais pas comment...
Mais je t'aimerai encore...
D'accord ?

Le temps qui reste de Serge Reggiani

samedi 6 mars 2010

Le Bonheur avec un grand "B"


Jo 10 ans, Grimimi, Th 9 ans, lors de notre Noël, le 28 décembre 09.

Je leur avais donné 100$ chacun pour mettre dans leur banque, plus un ourson identique nommé Mackenzie. Th l'a apporté chez lui mais Jo ne peut rien apporté qui sort d'ici... alors il a rejoint tout ce qui est dans son coffre et il hibernera sûrement pour quelques années encore...

Il y a des moments dans la vie que l'on ne pourra jamais oublier... et celui-ci en est un. Ce soir, en cherchant la photo pour mon "Vendredi Heureux", j'ai vu ces deux magnifiques photos qui ne gagneront certainement pas de prix pour la qualité mais qui représentent le Bonheur avec un grand B. Et dans ce bonheur mensuel, il y a tant de douceur, de joie, de tendresse, d'amitié, de complicité, de rires, de clins d'oeil, de petits câlins qui font tant de bien, et évidemment il a aussi quelques becs chinois...

Ce soir, mon souper n'a pas été une réussite. Les coquilles de fruits de mer proposées pour remplacer la lasagne qu'il aime tant, et acceptées par Jo le mois passé, n'ont pas eu le succès attendu. Mais cela n'a pas dérangé personne et je ferai mieux la prochaine fois. Une belle table, les bougies allumées et les enfants sont heureux. C'est un souper de fête à chaque rencontre mensuel avec Jo et quand Th vient seul, on continue à faire une fête parce que tout le monde aime ça.

Ils s'entendent comme larrons en foire et leurs rires retentissent dans la cuisine où Norm et moi préparons le repas. Ils sont devant l'écran de l'ordi sur leurs jeux, ou devant la télé pour jouer sur la Wii. Aujourd'hui, leurs rires me faisaient tellement de bien, c'est un antidote contre la peine et la tristesse. Mes deux petits-fils me rappellent leurs pères, mes deux fils à cet âge... Tout était encore si simple! Les rires des deux frères qui parvenaient à mes oreilles me sécurisaient tant. Quand on rit c'est qu'il y a du bonheur...et pour moi c'était si rassurant. Leurs souvenirs me rappellent que la vie est parfois cruelle... et comme ça tout d'un coup, les larmes jaillissent muettes mais si douloureuses.

Quand mes petits sont là, les larmes s'évaporent, la mémoire oublie qu'il y a encore des journées de tristesse. J'ai laissé Jo chez lui à 21h30 après deux becs chinois, et nous avons continué la route avec Th. qui m'a demandé : « Grimouille, combien tu as de membres maintenant? » J'en ai 31, et il a ajouté : « Grim, tu vas écrire un billet ce soir... » Il sait que chaque "Vendredi Heureux", est une belle occasion de parler du Bonheur. Merci Jo! Merci Th! à la prochaine...

« Les enfants chancelants sont nos meilleurs appuis,
Je les regarde, et puis je les écoute, et puis je suis bon,
et mon coeur s'apaise en leur présence;
J'accepte les conseils sacrés de l'innocence »
Victor Hugo

mercredi 3 mars 2010

Croyez au semeur de rêves!

Réalisée par SueL en avril 2003

Les belles maisons!  J'en ai rêvé pendant des années... même avant de me marier.  Après nos fiançailles, j'ai réalisé que je n'avais rien et je devais commencer mon trousseau...  Depuis que je travaillais, je remettais toujours ma paye entière à maman même si parfois je trouvais ça injuste.  Oui, elle me donnait cinq dollars sur les vingt-cinq dollars que je gagnais comme réceptionniste dans un bureau d'avocats.  Pourtant c'était un bureau renommé mais, tous les vendredis, je devais passer devant chaque avocat pour demander mon argent.  Mon salaire n'était pas réparti en parts égales et l'avocat en me regardant, disait: « C'est combien déjà! »  J'avais mon petit papier et je répondais 6.40$ ou 8.60$ ou 10$. C'était humiliant, même très humiliant surtout quand tu as 15 ans que tu es jolie mais que tu penses que tu louches d'un oeil.  Pendant les neuf mois à cet endroit, il n'y a pas une semaine où on m'a remis ma paye sans que je la quête.  Ces trois hommes de loi, élégants, instruits et respectés m'ont fait découvrir un aspect, chez certaines personnes riches, que je n'avais pas soupçonné.

Avec ce beau cinq dollars, je devais payer mon transport, mes dépenses, et ma caisse d'épargne de un dollar par semaine, déposé à la banque pour les cadeaux des Fêtes. Difficile d'économiser plus.  Un samedi, pour aider à déménager le bureau, on m'avait offert vingt dollars...une fortune et j'avais fait des projets  Mais pour maman c'était à elle, je devais lui remettre cet argent. J'ai essayé de lui expliquer mon point de vue mais il n'y avait rien à faire.  Je n'ai jamais fait d'heures supplémentaires par la suite.  Puis le jour où on m'a refusé une augmentation de salaire, je suis partie. 

En octobre 59, j'ai trouvé un nouvel emploi à 55$ semaine, comme ouvrière dans une usine de biscuits.  On se fiançait à Noël, je devais faire des plans... pour acheter les meubles et le reste.  Je payais, maintenant, une pension de 15$, mon fiancé me donnait sa paye que j'administrais, une vraie Germaine comme on dit aujourd'hui mais c'était la seule façon d'économiser. Au début de l'été 1960, nous avons acheté nos meubles (neufs) et fait notre réservation à l'hôtel "La Sapinière" dans les Laurentides, et après quelques privations... nous avions l'argent pour tout payer.  J'ai laissé mon emploi un mois avant le mariage parce que ma mère disait « S'il n'est pas capable de te faire vivre, tu es mieux de ne pas te marier. »  Mais ce que j'espérais le plus, c'était un logement où il y aurait un peu de confort et des arbres dans les alentours.  Quand tu n'as jamais eu un bain et de l'eau chaude depuis ta naissance, qu'il n'y a pas un pouce de verdure ni un arbre sur ta rue, tu veux en te mariant au moins avoir le minimum.  Et le minimum que j'aimais coûtait 72$ par mois et mon fiancé trouvait ça trop cher...  Donc, nous avons loué pour deux ans à 42$ par mois, en face de ses parents, un beau petit quatre pièces, sur une belle rue avec des arbres.  L'intérieur était ancien mais en bonne condition. Nous avions des planchers en lattes de bois franc, une salle de bain, mais sans réservoir d'eau chaude, ce qui m'obligerait à faire bouillir l'eau dans de grandes cuves pour la lessive et les bains... Nous nous sommes mariés le 27 août 1960, j'avais 17 ans et 15 jours exactement et lui avait 24 ans.  En 1962, M.. notre premier garçon est né.  Ses grands-parents l'adoraient et nous étions heureux d'être si près d'eux et de nous entraider.  Mais j'avais toujours en tête que le prochain déménagement serait pour entrer chez nous, dans notre maison. Pendant les quatre années que nous avons habité dans ce petit quatre pièces, il n'y a pas un sous qui sortait sans que je sache où il allait.  Tous les ans, je prenais une obligation d'épargne de 1,000.$. 

En 1964, après quatre ans d'épargne et quatre mille dollars plus tard, il était temps de nous installer chez nous.  Je ne conduisais pas et j'avais peur de m'éloigner de ma famille et mes amis/es.  Mais les meilleurs prix étaient en banlieue.  Nous sommes allés voir en éclaireur un beau samedi de janvier, j'ai eu un gros coup de coeur pour une jolie maison neuve qui coûtait 11,500$.   Heureuse, je faisais des projets, je décorais et il y avait trois chambres, moi qui voulait un autre bébé.  Le lendemain, nous sommes partis avec mes parents pour leur montrer notre future maison... et là mon père qui n'a jamais voulu être propriétaire a dit:  « C'est trop cher, attendez... les prix vont baisser. »  Mon mari l'a aimé cette phrase. Quand je repense a cette journée, je crois que la peur de la banlieue est la seule raison pour laquelle j'ai demandé à papa de nous accompagner.

Nous avons loué un logement plus moderne, plus grand et l'année suivante en 1965, j'étais maman de S..un autre petit garçon. Nous avions acheté une auto neuve, mais je n'oubliais pas mon projet. Pour réaliser ses rêves, il faut y croire et je croyais qu'il était préférable que l'on achète à Montréal. C'est après un ultimatum et 17 ans de mariage, qu'enfin mon rêve est devenu réalité.  Élever des enfants dans un haut de duplex avec les propriétaires qui habitent en bas, c'était une torture pour moi.  Après avoir empêché mes enfants de courir, de faire du bruit, etc... enfin ils étaient libres.  À 12 et 15 ans, je crois qu'il était temps...  Un sous-sol pour recevoir des amis/es, installer une table de ping-pong, pouvoir bouger et bricoler dans le garage... C'était le bonheur! 

Quatre ans plus tard, en juillet 1981, je quittais la maison, en laissant mes garçons, mes meubles, mon chien, mes rêves, mon passé et mon futur. Nous nous étions toujours faits confiance et je n'ai jamais pensé que notre mariage pouvait se terminer de cette façon.  Pendant 21 ans, j'ai été comptable, ménagère, cuisinière, couturière, infirmière, éducatrice en plus de travailler à l'extérieur à temps plein pendant 10 ans.  Il a pleuré quand je suis partie mais 2 mois plus tard il y avait une autre femme, plus jeune, dans ma maison et un an après il mettait notre fils M.. dehors parce qu'il n'enlevait plus ses souliers quand il entrait et S.. l'a suivi.  Sa nouvelle conjointe avait hâte d'être seule avec lui et son p'tit gars de 9 ans. Lors du règlement de divorce, sur les 30,000$ que demandait mon avocat, j'ai reçu la somme de 7,000$ ce qui revient à moins d'un dollar par jour.  Mon ex mari était travaillant, fidèle, honnête mais il m'a fait découvrir une personne que je ne connaissais pas et il m'a déçue terriblement.
                                                    
Toujours croire en nos rêves!!!
                                          
Peinture: Étude selon l'oeuvre de Pauline Boudreau
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