lundi 21 juin 2010

Le monde sans les enfants...

Mon nom est Tysa, j'ai 4 ans 1/2 et je suis née en Australie.
Je suis la petite-fille de Gram'pa Norm.

« Pour ma princesse qui chaque jour m'émerveille
                 Pour les petits qui vont devenir grands
                     Et pour les grands qui ont été petits »
                     Philippe Claudel                                      

Le monde sans enfants et autres histoires

Un beau matin, ou plutôt, un sale matin, oui, oui, un vraiment sale matin, quand les hommes ouvrirent l'oeil, ils se rendirent compte qu'il se passait quelque chose de bizarre.  Pas de bruits. Pas de rires. Pas de gazouillis, Rien du tout : les enfants avaient disparu ! Quand je dis les enfants, je veux dire tous les enfants, partout dans le monde, dans tous les pays, dans toutes les villes, dans toutes les campagnes. On eut beau chercher, bien fouiller, mobiliser les pompiers, la police, les militaires, on ne trouva pas un seul enfant. La seule chose sur laquelle on mit la main, ce fut un morceau de papier un peu froissé où une très petite écriture malhabile, pleine de fautes d'orthographe, avait noté le message suivant : «On se fée tout le tems disputer, on ne nous écoutent jamais, on ne peux pas rigolé quand on veux, on doit se coucher trop taux, on ne peut pas mangé de chocollat au lit, il fôt toujours qu'on se brosse les dants : on en a assez des grands : on s'en vat. On vous lesseEt c'était signé : « Les zenfants.»

Panique générale ! Parents inconsolables ! Familles en larmes !
Les princes et les chefs de gouvernement promirent qu'ils allaient retrouver les enfants.  Mais ceux-ci étaient bien cachés. Ils s'étaient tous rassemblés dans l'oasis de Kerambala, tout à fait au sud de la Madéranie, une contrée inaccessible aux grands. Là, personne  ne les embêtait. Il y avait à manger et à boire à profusion. On pouvait très bien ne pas se laver, se coucher à minuit. On n'allait pas à l'école. On se laissait pousser les ongles. On jouait toute la journée. On s'empiffrait de bonbons. On faisait chaque matin des jeux olympiques de saute-mouton. Et surtout, surtout, on ne se faisait jamais disputer ! Jamais !

Sur les chaînes de télévision, le pape implora les enfants. Le dalaï-lama leur récita un poème. Les présidents de toutes les républiques leur promirent des distributions quotidiennes de glace à la fraise et des heures obligatoires de dessins animés dans les écoles. Tous les parents supplièrent leurs petits chéris. Les radios diffusaient sans cesse les sanglots des papas et des mamans, ce qui faisait bien rire les enfants. Mais surtout, surtout, le monde était devenu d'une tristesse épouvantable. Les villes ressemblaient à de grands territoires morts. Les parcs et les jardins publics étaient frappés d'un étrange sommeil. Les maisons restaient silencieuses. Les adultes erraient comme des âmes en peine, ne se regardaient pas, ne se parlaient même plus.

Un soir, les enfant décidèrent que la leçon avait assez duré. Il regagnèrent leur chambre tous en même temps et le lendemain, sur toute la surface de la planète, les hommes se réveillèrent de nouveau avec les enfants.

Fête générale ! Feux d'artifice ! Flopées de bisous !
Les enfants furent accueillis comme des héros et traités comme des rois. On leur promit tout ce qu'ils voudraient. La Terre enfin tournait de nouveau rond.

Mais le temps passe pour tout le monde, et aussi pour les enfants. Et les enfants un jour ou l'autre deviennent grands, et deviennent parents en ayant eux aussi des enfants, des enfants qu'ils aiment tant mais que tout de même ils disputent, ils punissent et qui les font râler. Car le problème, voyez-vous, c'est que quand on est grand, on oublie, on oublie presque tout, et on oublie surtout qu'on a été enfant.

Alors un beau matin, ou plutôt un sale matin, oui, oui, un vraiment sale matin, on se réveille, «Mon Dieu ! Que se passe-t-il?» et on se rend compte que les enfants ont disparu, quand je dis les enfants je veux dire tous les enfants, partout dans le monde, dans tous les pays, dans toutes les campagnes, et on a beau chercher, bien fouiller, mobiliser les pompiers, la police...

Un petit extrait d'un livre à découvrir... Après avoir lu, il y a quelques années "Les âmes grises" et "Le rapport de Brodeck" du même auteur, j'ai découvert, par pur hasard, ce petit livre de vingt histoires que j'ai lu en une soirée.  Des petites histoires avec beaucoup de profondeur...

12 commentaires:

  1. *** Coucou Grimimi !!!! Les mots de Philippe Claudel me touchent beaucoup moi aussi. Quand je serai en France je me commanderai ce livre. Tu me donnes envie de le lire, de le feuilleter .
    Que Tysa est jolie ! Une jolie fleur qui apporte sans nul doute que du bonheur !
    Merci Grimimi et je t'embrasse bien fort !:o) ***

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  2. Quelle ravissante petite fille !
    Ah, j'espere aussi avoir un jour une petite fille, si possible aussi mignonne...
    Bisous bisous !

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  3. un amour de petie fille comme j'aime les embrasser, les regarder vivre, touchante de délicatesse

    comme toi chère Grimini, si forte et fragile, comme moi d'ailleurs


    merci pour tes passages toujours tellement gentils
    et plein de finesse
    je partagerai des pensées pour toi samediet j'embrasserai les petits en partageant en silence ce bonheur avec toi Sue
    très amicales pensées

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  4. Bonjour Nancy,
    Un livre d'une grande sensibilité où la finesse des mots nous invite à exploiter différents sentiers.

    La belle Anne-Marie, la fille de Normand, a rencontré en Alberta en 2000, l'amour de sa vie. Un bel australien en stage ici pour un an. Ils sont tombés follement amoureux... elle aimait les voyages et l'aventure. Ils se sont mariés en Australie en 2001 et sont parents d'un garçon de 6 ans et d'une princesse de 4 ans que nous n'avons pas encore vus (peur de l'avion).

    Je te remercie de ce cadeau et je t'envoie quelques becs chinois...

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  5. Bonsoir Flo,
    Je te souhaite la Bienvenue pour cette première visite chez moi. J'espère que l'accueil sera assez chaleureux pour être tentée de revenir.

    Je suis allée voir ton site... tu as deux magnifiques chiens qui ne manquent sûrement pas d'affection.
    Oui, tu as raison, Tysa notre petite canadienne-australienne est très mignonne. J'espère que ton souhait se réalisera...
    Merci d'avoir laissé ce petit cadeau par ma fenêtre ouverte.

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  6. Bonsoir Nanou b,
    C'est dommage que la fille de Normand soit si loin... Adelaide, sud de l'Australie. Ils aimeraient venir cette année avec les enfants.

    Les préparatifs pour samedi vont bon train comme j'ai pu le lire sur ton blog. Tu es chanceuse d'avoir deux filles aimantes, généreuses, et fières d'avoir des parents qui fêtent 40 ans de mariage.
    Je te remercie de partager ce bonheur avec moi.
    Ma fenêtre ouverte a laissé entrer un cadeau d'amitié.
    Mille becs chinois sue-crés.

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  7. Vous n'avez pas de chance avec vos petits enfants vous ne pouvez les voir souvent. Elle est rayonnante Tysa. C'est une jolie histoire un livre plaisant à lire.

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  8. Bonsoir Solange,
    Quelques mois après leur mariage, ils sont venus ici en vacances pour rencontrer tout le monde qui n'avait pas assisté au mariage en Australie. Mais depuis la naissance des enfants, ils ne sont pas revenus. Nous recevons régulièrement des photos mais nous aimerions beaucoup les voir. Maintenant, Normand leur parle au téléphone. Ils viendront sûrement bientôt mais c'est un voyage de + de 30 hres en avion... puis nous, on n'aime pas l'avion.
    Amitié et becs sue-crés.

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  9. *** Hello Grimimi !!!! Je regarde encore cette jolie photo de Tysa et je te souhaite un agréable mardi ! GROS BISOUS !!!! ***

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  10. Bonjour Nancy,
    Cette photo est sur une petite table dans le salon et tout le monde a le même commentaire.
    Merci de ton passage matinal et de tes gentils mots laissés en cadeau.
    Amitiés et becs sue-crés.

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  11. Le monde sans enfants serait pour moi intolerable
    les enfants sont des miracles qui nous font retrouver nos ames d'enfants, et la roue tourne ainsi par generation
    je suis arriere grandmere d'une petite Chloe de 1 ans
    Bisous

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  12. Bonsoir Oiseau B,
    Nos enfants ont été les premiers miracles et leurs enfants nous soulèvent comme des cerfs-volants. J'espère qu'un jour j'aurai le bonheur de tenir un arrière-petit-enfant dans mes bras...
    Je te remercie d'avoir laissé ce cadeau par ma fenêtre ouverte.

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