lundi 3 mai 2010

Le lit blanc qu'elle aimait tant...

Trois nounours attendent... depuis 10-10-2005

Comment décrire tout le bonheur et le plaisir de ces dix jours qu'elle a ensoleillés par sa présence, son sourire et tout ce qu'elle est. Cet été là, elle avait  insisté pour venir seule sans son frère et avait demandé combien de jours elle pouvait rester. « Tu décideras avec tes parents "Ma Puce"»  Vendredi le 19, nous sommes allés la chercher, ses bagages attendaient près de la porte d'entrée. Elle a embrassé son papa mais sa maman n'était pas là. 

Le dimanche suivant, nous étions aux Galeries Rosemère pour trouver un petit bracelet dont elle me parlait sans arrêt. Plusieurs de ses amies portaient ce "Zoppini" comme elle disait. Je lui avais offert son cadeau d'anniversaire le 26 juillet mais pourquoi lui refuser une telle joie. Fièrement, elle avait choisi un joli bracelet, deux petites breloques représentant un "petit chat blanc" et "I love you" pour son ami Rémi puis la vendeuse  avait ajouté deux autres breloques en promotion. La facture totale s'élevait à 62.$.  En sortant, nous étions  excitées mais pour des raisons bien différentes. Dès l'arrivée à la maison, elle s'est assise dans le lit blanc, moi devant, pour appeler sa maman. Je revois, presque cinq ans plus tard, ses beaux yeux  brillants, ses petites mains tremblantes d'excitation en composant le numéro, si heureuse d'annoncer qu'elle avait ce beau bracelet tant convoité. Mais sa joie fut de courte durée. Sa maman lui a dit qu'elle me rembourserait car c'était le cadeau que ses parents devaient lui donner pour sa fête passée depuis  25 jours. Elle a demandé à sa mère d'attendre pour me répéter la conversation. Je n'ai rien dit pour ne pas la perturber. Pourquoi sa mère ne m'a pas parlé et expliqué?  J'aurais été me faire rembourser, c'était si simple pourtant.

Le lundi, Mève m'a dit qu'elle resterait jusqu'au 29, veille de la rentrée scolaire. Cette petite fille de huit ans appelait sa maman au bureau tous les matins et son papa le soir au souper pour raconter ces belles journées. Ce matin-là, elle m'avait demandé si je voulais parler à sa mère. J'ai pris le combiné pensant qu'elle voulait me parler mais ce n'était pas le cas. Elle a profité de l'occasion pour me dire  « Mève fait des tas dans sa culotte, surveille-la et chicane-la si tu trouves des culottes sales qu'elle cache partout.»  J'étais bouleversée et je devais me taire... J'ai répondu « je ne chicane jamais les enfants quand ils me visitent.»  Je n'étais pas leur gardienne et j'ai toujours voulu qu'ils se souviennent de leurs visites, même si on ne faisait pas de grandes choses. Les jours les plus beaux et les plus doux ne sont pas ceux où il se passe des choses particulièrement belles, merveilleuses et passionnantes.  Ce sont ceux qui apportent des plaisirs simples, qui se succèdent en douceur. Je la comprenais quand elle mouillait son lit. Je lui avait dit « j'ai aussi mouillé mon lit.» On  avait vérifié ensemble, sur Internet, ce que l'on recommandait.... Ne pas en parler.

Le vendredi 26, elle a appelé sa maman. Elle voulait rentrer à la maison le dimanche. Sa mère était seule (son papa travaillait), elles iraient acheter ses souliers neufs pour l'école.  Elle lui a répondu d'attendre à lundi tel que convenu.  Elle a racroché en pleurant... et moi j'étais en colère, je bouillais à l'intérieur. Cette petite fille de huit ans seulement pleurait parce qu'elle avait peur de ne pas avoir de souliers pour la rentrée scolaire du mardi.  J'ai offert d'aller lui acheter ses souliers mais elle préférait attendre sa mère.  Avait-elle voulu la punir?  Pensez-y sérieusement car ce n'est pas banal.  J'aime sincèrement les enfants et je ne voudrais pas qu'ils subissent l'indifférence que j'ai subie d'une mère pourtant pas si méchante... Le lundi vers 13:30, Normand et moi, l'avons reconduite au bureau de sa mère.  Pas de bonjour, pas un mot ou un merci, mais surtout, pas de beaux bisous et de gros câlins pour cette douce et sensible petite fille.  Rien absolument rien!
Pendant ces dix mémorables journées, je n'ai jamais trouvé de culottes sales.  Elle n'a jamais su que sa mère, et mon fils M... qui avait déjà assisté à une scène épouvantable, me l'avaient dit.

Fin septembre, on s'est revu en famille chez S.... pour le souper d'anniversaire de son frère M...  Puis, les deux enfants sont revenus chez moi du 6 au 10 octobre durant un petit voyage à Niagara on the Lake.  Depuis le 21 août, elle ne m'avait pas remboursé les 62.$ et le soir de leur retour, au dessert, je lui ai présenté la facture. Elle n'avait pas d'argent sur elle mais me rembourserait lors de la fête surprise pour S... . Je n'ai pas été invitée pour féter les 40 ans de mon fils et lorsque je l'ai appelé le 20 octobre 2005 pour lui souhaiter "Bonne Fête",  il était absent.  C'est la boîte vocale qui a pris mon message...

12 commentaires:

  1. Pauvre puce! :(
    Déjà souiller ses petites culottes est une expérience humiliante... pas besoin d'ajouter plus d'humiliation à son égard :(
    Trop triste!
    -Jane

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  2. C'est vraiment triste pour cette enfant. Comment une mère peut agir ainsi.

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  3. Bonjour Nefertiti,

    Sur le rebord de ma petite fenêtre ouverte, il y avait un cadeau du coeur.
    Je t'envoie des becs sue-crés pour te soulager et te remercier. xx

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  4. Bonsoir Jane,
    C'est incroyable! M..., le parrain de Mève, était chez son frère S... . Is.. a ouvert la porte du sous-sol tenant dans sa main une petite culotte et (....).
    Elle criait à son mari S... comme une folle pour qu'il regarde.
    Imagine-toi, Mève devant son parrain et son papa comment ce pouvait étre humiliant...
    Pourquoi personne ne parle pour défendre les enfants abusés verbalement et psychologiquement?

    Je te remercie de ce cadeau laissé tendrement par ma fenêtre ouverte.
    Becs sue-crés de grimimi xx

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  5. Bonsoir Solange,
    Être mère c'est donner la vie.
    Être maman c'est aimer, consoler, câliner, protéger, etc...

    Tu m'as laissé un doux cadeau par ma petite fenêtre ouverte. Merci!
    Becs sue-crés pour les enfants en difficulté.
    Sue xx

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  6. je vis tellement de malaise à la lecture de ce billet, il me semble que cette petite fille, et toi aussi, méritiez mieux que la conduite mesquine et cheap de cette mère pas très aimante...

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  7. "Les jours les plus beaux et les plus doux ne sont pas ceux où il se passe des choses particulièrement belles, merveilleuses et passionnantes. Ce sont ceux qui apportent des plaisirs simples, qui se succèdent en douceur. " je partage à 100% cette phrase qui me touche beaucoup ♥

    Bonne nuit ♥

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  8. Bonjour, Grimini.
    Tu racontes avec une telle sincérité qu'à chaque fois je suis saisi d'émotion.
    Il va falloir que j'arrête de dire cela, car tu écriras toujours de cette façon.
    Et comment ne pas penser à cette petite fille si injustement maltraitée ? Et comment ne pas penser aux sentiments douloureux qui t'ont agressée, toi aussi...qu'ilte fallait taire?
    Merci beaucoup pour ce partage.
    Je t'embrasse.

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  9. Bonjour Éléonore,

    Une enfant sensible doit souffrir beaucoup entre les mains d'une mère qu'elle aime, et qu'elle voudrait voir l'aimer.

    Quand je lui ai offert Roudoudou, elle pleurait... et criait
    « Un jour, je vais la tuer ma mère.» Ma psy m'avait dit qu'on enfant qui dit « Je l'haïs ma mère» c'est pas très grave... mais «je vais la tuer» signifie qu'elle est rendue au bout.
    J'ai été incapable d'écrire cette phrase dans mon billet. Je la revois et ça fait trop mal...
    Je regrette de n'étre pas retourner devant la cour pour un outrage au tribunal.
    Les menaces des parents m'ont fait reculer... mais si Jo ne vient pas vendredi, après deux mois, je retournerai devant le Tribunal.

    Ma petite fenêtre est grande ouverte et laisse passer de doux mots en cadeau. Merci!
    Becs sue-crés pour Mève xx

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  10. Bonjour Éléonore,
    Cela ne m'étonne pas que ces mots te touchent. Tu es très sensible.
    Ce sont les petites choses de la vie qui font les plus grands bonheurs.
    La douceur apporte légèreté et bien-être dans un monde d'agresseurs.
    Merci de tous ces petits cadeaux laissés par ma fenêtre ouverte.
    Je t'embrasse xx Sue

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  11. Bonsoir Herbert,
    Je te remercie infiniment de ta tendresse et de ta sollicitude.

    La sincérité, c'est une boule dans la gorge qui m'étouffe depuis cinq ans. Si je ne la crie pas, elle aura ma peau ou ma tête, et je tiens aux deux...
    L'aventure est encore belle... mais quand les gens s'acharnent ils deviennent pire que des bêtes.

    Cette fenêtre ouverte a permis de suspendre une photo dans mon cadre d'amis/es fidèles et de recevoir en plus de tendres mots en cadeau.
    J'envoie des becs sue-crés pour tous les mal aimés. Sue xx

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MERCI !

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