jeudi 23 décembre 2010

En train pour New York !

Quand vous lirez ce billet, je serai avec Normand, en route pour New York. Après plusieurs années, sans mes enfants et petits-enfants pour nous entourer et fêter cette soirée magique du Réveillon de Noël, cette année, j'ai décidé qu'il était temps de penser à nous plutôt que de continuer à ruminer sur le passé.

Je ne sais pas si une semaine à New York, en amoureux, guérira mes blessures mais je sais que le 23 décembre au matin quand nous embarquerons dans le train pour les onze heures de route, nous serons comme deux gamins. Pour le moment, c'est ça le plus important !

Enfin, nous retrouverons peut-être notre coeur d'enfant, en laissant derrière nous, tout ce qui a déjà fait notre bonheur...

À ceux et celles qui sont passés ici durant l'année 2010, je vous remercie sincèrement. Si en plus, vous avez déposé par ma petite fenêtre ouverte, des mots en cadeau, sachez qu'ils sont toujours appréciés et me permettent d'avancer.

JOYEUX NOËL À TOUS !
Retour le 31 décembre

lundi 6 décembre 2010

Sur le canapé...


Depuis que cette petite phrase, prononcée bien innocemment, m'avait mise dans cet état, j'avais dû me réfugier dans le silence afin de mieux comprendre les émotions qui, d'un seul coup, m'avaient envahie... Ce soir là, j'ai versé quelques gouttes d'huile relaxante et une petite poignée de sels parfumés dans mon bain. L'eau était chaude et invitante, et je m'y suis laissée glisser doucement. Mais, ce n'était pas assez pour chasser ce ver de terre qui se promenait librement dans ma tête. En sortant, j'ai enfilé mon pyjama, déposé quelques CD sur ma table de nuit, préparé un thé au miel, et je me suis installée confortablement dans mon lit.

Près de moi, Chopin jouait pendant que je lisais Anagrammes de Lorrie Moore... Par trois fois, j'avais dû reprendre la lecture des cinq dernières pages avant de me rendre compte que mon esprit vagabondait dans un autre monde. J'ai abandonné mon livre, fermé les yeux et je nous ai revus assis tous les trois. Grip, moi et Th, mon adorable petit-fils de dix ans. Je tenais sa BD que je venais de lui acheter, lui mangeait sa soupe Thaï aux crevettes, celle qu'il aime plus que la mienne. Et puis, il a commencé à raconter. « Grim, nous pour le Réveillon, on va dans un grand hôtel, il y a un restaurant qui tourne et les plats sont chers... Ça fait longtemps que c'est réservé, on sera quarante ou cinquante personnes.»  «Tu es bien chanceux, ça va être le fun...» c'est ce que je lui ai répondu. Après son départ tout a basculé. J'imaginais la fête... et je les voyais réunis. Il y aurait la parenté du côté de sa mère et les amis de couple. Pourtant, il n'y avait pas si longtemps, Noël avait eu une toute autre connotation pour nous. J'avais éteint la lumière et en pensant à mes trois petits-enfants... je m'étais endormie.

Le lendemain matin, en voyant la tasse de thé refroidi, j'ai compris que cette souffrance profonde s'était installée dans mon coeur, dans tout mon être. Mes blessures de rejet se refermaient lentement, très lentement, mais elles avaient toujours eu tendance à s'ouvrir lors de belles occasions. Alors, le samedi soir, une fois de plus, j'ai appelé mon amie Hélène. Je me sentais si triste. En une seule journée, toute mon énergie avait été drainée, j'étais vidée, sans valeur. sans identité. Elle, qui me connaît depuis trente-deux ans, savait ce que cette période de l'année avait longtemps représenté pour Normand et moi.

Décembre, le mois pour créer une atmosphère féérique et magique... Le mois où je montais le sapin dans le coin du salon, où j'installais les mille deux cents petites lumières blanches qui scintillaient pendant un mois parmi tous les petits oursons suspendus, le mois où je ceinturais, l'arbre de haut en bas, avec plus de cinq cents pieds de minuscules perles blanches, le mois où j'accrochais un peu partout dans la maison des petites décorations, des casse-noisettes, des mitaines, le mois où je suspendais fièrement ma couronne et une toile, représentant le Père Noël, que j'avais peinte avec tant d'amour pour le premier Noël de Mève en 1997. Décembre, le mois où j'achetais à chacun de mes trois extraordinaires petits-enfants un ourson en peluche qui deviendrait peut-être un ami, un confident ou simplement une décoration. Décembre, le mois que j'adorais le plus parce que je leur préparais trois gros sacs qu'ils avaient toujours hâte d'ouvrir. Décembre, mois de Noël pour les adultes qui ont encore leur coeur d'enfant.

J'avais laissé Hélène après quelques heures et ma détresse s'était transformée en projet. Cette semaine, nous avons complété nos réservations. Nous prendrons le train le 23 décembre à 09h30 et partirons en amoureux en direction de New-York... Hélène nous rejoindra par autobus le 26 au matin. Retour par train, ensemble le 30. Cette nouvelle expérience sera remplie d'imprévus, de rires et de confidences... J'ai retrouvé ma liberté, ma légèreté, j'ai le goût de m'envoler comme un oiseau mythique... La vie coule en moi !

« Nous sommes faits de cela,
nous ne sommes faits que de ceux que nous aimons
et de rien d'autre.»
Christian Bobin, L'Inespérée

dimanche 21 novembre 2010

Patsy Cline roule avec nous...


Sans itinéraire, sans réservation, c'est vers Ogunquit, Maine, USA, que nous sommes partis le 18 septembre.

1981 -  Notre premier baiser, notre premier été. 
2010 - Vingt-neuf ans plus tard... Patsy Cline roule avec nous sur l'air de "Crazy" et Normand l'accompagne en sifflant. Dans l'auto, il y a une atmosphère de légèreté, de blues et de jazz. La route serpente les montagnes escarpées tout en nous présentant un enchaînement des plus belles et chaudes couleurs de l'automne. Les montagnes semblent adoucies et nous profiterons pendant quatre heures de ce festival de couleurs mêlé à la voix de Billie Holiday, Elton John, Eric Clapton et "Vole" de Céline Dion. C'est un jour de bonheur sans nuage. Demain, nous serons à Ogunquit...

Un café imbuvable avalé rapidement et nous sommes prêts. La journée débute avec Nocturne, Es-dur, Op. 9 No 2, de Chopin interprété par Tzimon Barto. Six minutes, vingt-deux secondes de pure sensualité. Un ravissement total... joué en boucle trois fois. Puis on change de rythme avec Norah Jones et Rod Stewart. Ces quelques cassettes de nos airs préférés roulent avec nous. 17h30, nous sommes arrivés. L'auto stationnée, c'est au bord de la mer, les deux pieds dans le sable que nous avons marché.

Construit  en 1887,  The Colonial Inn, est le dernier des grands hôtels de la ville d'Ogunquit. Le bâtiment du début de l'époque victorienne, qui a été préservé, a une tourelle unique et une grande véranda faisant le tour de la moitié de l'hôtel. Ce n'est plus le luxe d'autrefois mais il est très bien situé et son directeur est un homme charmant et très sympathique. Nous avons réservé pour trois jours et ensuite jusqu'au 6 octobre.

Je venais de fermer la porte de la chambre, au troisième étage avec vue sur la mer et je descendais l'escalier pour attendre Normand au salon, lorsque j'ai entendu quelqu'un jouer du piano. Mon pas s'est ajusté au tempo que mon oreille tendue appréciait. Les dernières marches, je les ai survolées pour ne pas déranger la pianiste qui jouait sur le piano du petit salon, entourée du directeur de l'hôtel et de son agente. J'ai applaudi dès qu'elle a touché à la dernière note. Je sentais des étoiles dans mes yeux et j'en voulais encore de cette musique qui me faisait vibrer à l'intérieur. Elle s'est retournée, m'a souri et j'ai dit :   « encore... en applaudissant.»  Même si elle ne parlait pas beaucoup le français, elle a compris ce que j'aimerais. Elle était venue présenter son nouveau spectacle.






Elle m'a écrit quelques mots en français sur une carte.
Suede c'est Suzanne en français, nous avions le même prénom. Elle m'a remis son nouveau CD intitulé "On the Day We Met".


La musique du piano m'a accueillie dès ma naissance (à la maison). Papa avait joué pour moi. Je me souviens de ces dimanches où papa et sa soeur Alice, qui restait avec nous, jouaient ensemble à quatre mains. Ils m'ont fait rêver...

Suede s'est installée au piano à queue, dans le grand salon de cet hôtel négligé, et elle a joué pour moi comme si elle était sur une scène devant des centaines de spectateurs. Je la regardais tout en l'admirant et je crois qu'elle a découvert mon secret. D'un signe de tête, elle m'a invitée à m'asseoir près d'elle. Elle, la passionnée, la femme assumée et sensible a joué sur ce piano, trop souvent abandonné, et de ses dix doigts, elle l'a fait revivre une autre fois...
J'étais contemplative en écoutant cette musique qui avait pris possession de mon corps, de ma tête, de mon coeur et de mon âme. L'émotion m'enveloppait et lentement les larmes se sont mises à rouler.



Merci              Suede pour ce grand moment de bonheur !



C'est ainsi que se termine ce beau voyage d'amour et de plaisir. Quelques tranches de pain pour ces belles mouettes et ces gros goélands qui nous ont tenu compagnie tous les après-midi. 

Normand, je te remercie d'être cet homme heureux et optimiste qui voit un oiseau à n'importe quelle hauteur mais qui manque une pancarte indiquant sa sortie même avec le GPS.  






« La route nous paraît moins longue avec un ami à ses côtés.»
proverbe japonais


mardi 9 novembre 2010

D'une histoire à l'autre...

C'est un tout petit « Grim » murmuré doucement qui m'a fait ouvrir les yeux. Il était là près du lit.  Le réveille-matin affichait 9 heures. Miracle ! C'était la première fois qu'il me laissait dormir deux heures de plus. Il s'est lentement glissé dans le lit, les pieds froids comme des freez pak, et c'est ainsi que notre doux vendredi à commencé... Je savais qu'il viendrait depuis lundi lorsqu'il m'avait dit : « Grim, vendredi c'est une journée pédagogique, j'aimerais ça aller chez vous.» 

À 7 heures, il était levé et durant que son Grip préparait le déjeuner, il jouait sur l'ordinateur. Justement, parlons-en de l'ordi... La semaine précédente, Th avait téléchargé un jeu "Runes of magic" et ça ne marchait pas avec ma vitesse intermédiaire. Jeudi, j'avais appelé la compagnie qui me fournit internet pour augmenter ma vitesse. La dame, polie et courtoise, m'annonce que j'avais dépassé les 3 Go de mon contrat. Vous êtes présentement à 10.23 Go. Il y a eu un téléchargement le 30. Moi, « combien ça va coûter? » La gentille dame hésitante, « 36.$ ». Moi  « vous êtes pas sérieuse...» Mais elle l'était et je savais que de toute façon je devrais payer. Alors, jeudi soir en revenant de sa partie de hockey, j'ai raconté à Th cette petite expérience sur le téléchargement et il m'a dit : « C'est vrai Grim... » Moi - « Oui, mais on va récupérer cet argent en coupant dans l'achat de trois soupes-repas Thaï plus extra crevettes à 13$. » Il était d'accord. C'est comme ça que vendredi midi, Th et sa Grimimi, on  fait ensemble leur première soupe Thaï maison aux crevettes. Il a vidé son grand bol mais nous étions quand même d 'accord pour dire qu'il y avait place à amélioration... Il nous reste encore deux essais.

**
Vendredi, nous avions rendez-vous chez notre médecin. Comme Th venait, j'ai annulé et Normand est allé consulté seul. Dans la même salle d'attente du 29 janvier dernier, Normand a croisé ma psy Isabelle qui finissait ses consultations. Elle avait pris possession, la journée même, de ma carte postée à son bureau le 30 octobre. C'est en lui montrant l'enveloppe encore cachetée qu'elle lui a dit avec du velours dans la voix : « Je m'en vais lire ça en paix...» (cliquez pour lire). Je sais qu'une belle surprise suivra. Recevoir une carte est pour moi un instant magique. Je rentrerai dans ma bulle. Je m'installerai confortablement pour déguster et savourer chaque mot, chaque phrase. Quand je verrai la fin approché, je serai un peu triste que ce moment de plaisir et de bonheur soit déjà terminé.

***
Lu dans le journal "La Presse" de samedi dernier.  
Pierre Foglia - chronique.  Novembre.
Chez le vétérinaire avec son chat Barbeau qui va mourir d'hyperthyroïdie, Pierre Foglia raconte...

« Je suis arrivé chez le vétérinaire bien avant l'heure de mon rendez-vous. Je le tenais dans mes bras, enveloppé dans un jeté de laine. Je le berçais en arpentant la salle d'attente, où j'étais seul avec la réceptionniste. Je vous énerve, à marcher comme ça?
Un  monsieur assez corpulent est arrivé avec une grande, grande croix sur la poitrine. Il venait acheter de la bouffe pour chien. Je lui ai demandé s'il était curé.
Non, j'ai la foi.
Alors c'est une grande, grande foi comme votre grande, grande croix?
Si vous voulez. Votre chat a été frappé?
Non. Il est malade. Il va mourir.
Vous êtes triste?
Pas triste. Abattu, comme chaque fois que je m'approche de la mort, qu'elle est là, pas loin, que je sens sa fade présence. Abattu de vivre si peu et si mal. Je ne sais pas si vous me comprenez.
Très bien, m'a dit le gros monsieur en me souriant aimablement.
J'arpentais toujours la salle d'attente en berçant Barbeau, je sentais sous ma main son coeur qui sautait comme un dauphin, Je suis allé lui montrer la cage des perruches. T'en veux une?
La vet est arrivée. C'est allé très vite. 

Il pleuvait quand je suis sorti. Le temps de traverser le stationnement, le jeté était tout mouillé. Je n'arrêtais pas de penser à ce que j'avais dit au gros monsieur avec une grande, grande croix sur la poitrine : si peu et si mal. Je ne voulais pas rentrer tout de suite, enterrer Barbeau sous la pluie, et puis la journée s'effilocherait, et puis... comment j'avais dit ça, déjà : si peu, si mal.

Quand je suis arrivé, ma fiancée avait déjà creusé le trou sous le grand frêne où tout l'été poussent des coléus. 
Demain matin, j'ai dit à ma fiancée.
Tu veux que je le fasse?
Non, demain matin j'te dis.
En soirée, La Fille a rapporté une souris. Je l'ai enterrée ce matin avec Barbeau. »

*Pierre Foglia et sa fiancée ont encore six chats : Sophie, Miss Piggy, Tonton, Lola, Camus et La Fille.
Je lis Foglia tous les matins. C'est ma dose journalière de vitamines d'écriture. 


jeudi 28 octobre 2010

Rencontre inattendue...

Chère psy,
Je reprends mon texte commencé le lendemain de notre rencontre du 29 janvier dans la salle d'attente du Dr. Desmarais. Bien sûr, j'ai dû changer de carte car elle représentait un lapin, dans la neige, tapi derrière un petit buisson et prêt à bondir sur n'importe quoi... Celle-ci a retenu mon attention parce qu'elle dégageait beaucoup de douceur sauf le chat qui attend patiemment sa proie. Ce soir, en les décrivant, je remarque la similitude entre les deux. Chacune de ces cartes a un animal qui a qu'une seule idée. Celle de saisir, par le cou, une petite bête pour jouer ou peut-être la manger. Pourquoi, chère psy, ai-je choisi deux cartes représentant le même sujet?

Très chère Isabelle,
Notre rencontre inattendue m'a vraiment surprise et émue. Je ne peux expliquer l'émotion ressentie mais quelle joie lorsque vous m'avez invitée dans votre bureau. Ce n'était plus la psychologue qui m'invitait à entrer mais l'invitation d'une amie pour partager. Je veux vous redire combien cette rencontre a été déterminante pour moi, et le sera pour l'avenir...

Il y a cette petite phrase que je n'oublierai jamais et que j'entends régulièrement. Elle continue d'ouvrir la voie au changement. « Vous savez Sue, elles sont rares les personnes qui ont fait votre cheminement. » C'était le plus beau compliment que vous puissiez me faire. Aujourd'hui, je suis encore émue en pensant à ce moment. On peut blesser ou tuer quelqu'un en quelques instants mais vous, vous m'avez offert le plus beau cadeau avec peu de mots. Sans le savoir vous m'avez donné un nouvel élan. Je vous remercie infiniment. J'ai beaucoup de tendresse et de gratitude pour vous.

Petites nouvelles...
Trois ans sans voir Mève c'est souffrant et maintenant leur mère empêche Jo de venir. Mon fils se tait, il achète sa paix. Après tout ce temps, cet été, j'ai tenté un rapprochement avec leur mère pour les treize ans de Mève. J'aurais voulu une rencontre devant un café ou un bon repas mais elle devait vivre une très mauvaise journée... Sans raison, elle m'a traitée de « maudite vache » avant d'ajouter :  « Tu ferais mieux d'oublier Mève parce que tu ne la verras plus et Jo non plus...»  Quel dommage ! Fini les "Vendredis Heureux". Les deux cousins s'entendaient si bien. Entendre ces deux garçons de dix et onze ans rire de cette façon, avec tant de joie dans la gorge, j'en avais parfois les yeux mouillés de bonheur. Un jour, ils se retrouveront assis dans le salon de leur grimimi, ils reprendront leurs conversations et leurs rires me feront rire ce jour-là.

Vous étiez si belle lors de cette rencontre. L'amour et le bonheur vous transportaient. J'en suis heureuse. Je vous embrasse et vous serre sur mon coeur comme je le ferais pour Mève,

Votre ex-patiente Sue,
grimimi de
Mève, Jo et Th

lundi 25 octobre 2010

Octobre et ses douleurs...

Ce soir, j'aimerais marcher sans penser, avancer sans me retourner, laisser les traces s'effacer, oublier pour ne plus pleurer.

Octobre : Le dixième mois de l'année, le mois de toutes les couleurs, le mois de mes tendres bonheurs, le mois de mes pires douleurs.

Mois de la Balance et du Scorpion, le 20 octobre 1965 est pour moi le mois de l'espoir pour mon deuxième garçon qui  venait de naître et le mois du désespoir pour mon père parti trop tôt un 12 octobre 1977. Puis, il y a eu toutes ces belles fêtes du 24 octobre dans une salle de la résidence, pour personnes âgées non-autonomes, où se réunissait à chaque année toute la famille autour de maman entourée de ballons que ses arrières-petits-enfants regardaient avec leurs grands yeux ronds, Octobre 2010 restera une belle année de nouvelles amitiés et celle des amitiés retrouvées. Puis il y a eu le 20 octobre. C'était la première année depuis 2005 que je laissais à mon fils S... un message sur le répondeur pour lui souhaiter "Bon anniversaire". Octobre c'est aussi le mois des anniversaires de toutes sortes qui se succèdent dans la joie ou la peine, et ceux qui laissent encore un goût amer. Puis, il y a celui du 21 octobre 2005. Celui qui a bouleversé ma vie et celle de mes deux petits-enfants Mève et Jo.

Le 2, c'était papa. Le 5, ça fait trois ans cette année que je n'ai pas vu mon extraordinaire petite-fille Mève qui a maintenant treize ans. Le 10, c'est Colby James, le petit-fils de Normand qui a sept ans et qu'on n'a pas encore vu parce qu'il est né en Australie et qu'on a peur des trente heures en avion. Le 12, c'est la mort de papa. Le 20, c'est la fête de mon fils S... mais, depuis cinq ans, on ne m'invite plus. Le 21, c'est le plus triste des anniversaires, 5 ans plus tard, le rejet est encore pire que la mort de mes parents. Le 22, c'est ma grande amie Hélène. Le 24, c'était maman. Le 31, c'était le père de Normand.

Je viens de terminer une semaine difficile où mes plus beaux souvenirs seront délavés par le temps qui passe mais qui n'arrange rien. J'aimerais sortir tout ce bouillonnement qu'il y a en moi, enlever le masque pour que ma colère explose... Je voudrais crier ma joie, les serrer dans mes bras, leur tenir la main comme autrefois... et les aimer tout simplement!

Mais ce soir, je leur dis :  « Je vous aime gros comme xxxxxxxxxx ça.» Et Jo répondrait « et plus encore.»

Photo: Ogunquit, Maine, oct 2010

dimanche 17 octobre 2010

Soixante ans d'amitié !

Lise & Sue - On fêtait les 50 ans de Normand - déc. 91
Après plusieurs tentatives pour nous rejoindre, vacances de l'une et de l'autre, lundi ce fut une belle surprise d'entendre sa voix. Ce long silence nous a permis de grandir différemment mais en retenant parfois les mêmes choses. Nous avons passé l'âge des bouderies et des supplications d'enfant de sept ans m'a dit mon amie Lise avec beaucoup d'émotion.

Être enfant, c'est aussi être méchant et inconscient... C'est à cet âge que commencent les jeux de pouvoir qui laisseront des traces et même des ornières parfois. On ne réalise pas encore que ces blessures d'enfance guériront rapidement mais laisseront toujours d'infimes cicatrices douloureuses.  Plus tard, le jeu continuera. On blessera notre meilleure amie pour montrer qu'on est la plus forte ou on la rejettera comme une balle pour mieux la rattraper...

Après cet appel du 14 janvier 2009, j'ai essayé d'oublier cette petite phrase qui résonnait encore dans ma tête. En juillet 2009, pour son anniversaire, je lui avais écrit une carte dans laquelle j''expliquais... mais je ne l'ai jamais envoyée. Lorsqu'elle m'appelait, j'étais froide, je n'arrivais pas à retrouver le lien qui s'était élimé au fil des ans. Alors, un jour, le téléphone n'a plus sonné. J'ai laissé tout ça mijoter tout en gardant dans mon coeur le souvenir d'une amitié où tout avait été partagé.


Lundi, nous avons échangé pendant plus de trois heures mais cette fois-ci, je n'ai pas tenté de cacher ce qui avait entraîné cette distance entre nous. Lise a nié avoir dit ce que je lui reprochais. Elle a même fait danser quelques vieux fantômes devant notre amitié chancelante. C'est beau soixante ans d'amitié... C'est un long roman rempli d'échanges, de confidences, de partages, et de mots choisis qui nous ont fait rire ou pleurer et que je refuse d'abandonner sur une tablette de la bibliothèque.  


« La vraie amitié n'a pas besoin de mots 
pour venir en aide à l'autre.»
       Alice Parizeau - Extrait de L'amour de l'autre.

jeudi 14 octobre 2010

Alice et... citation


Bien installée dans son panier qui semble si douillet, coincé entre la causeuse et la maie, l'espace me manquait pour la photographier. Maintenant, dès qu'elle s'installe pour ses longues siestes, je ne peux m'empêcher de faire quelques clichés...

Ses grosses pattes blanches croisées, la tête sortie du panier et bien appuyée, je la regarde, je l'envie... Il m'arrive de penser que si je dois revenir après être partie... j'aimerais me réincarner en chat. Je dirais, si j'ai le choix, en chatte à poil long parce qu'elle trouve toujours un foyer d'adoption.

Elle fait partie de notre vie. Sans Mademoiselle Alice, il y aurait un manque, un trou ou un vide. Certaines personnes ne comprennent pas toujours qu'on puise aimer parfois ces petites bêtes pas si bêtes plus que les humains.

« Le bonheur, c'est comme un chat,
si vous essayez de le cajoler, il vous fuit,
si vous ne vous occupez pas de lui,
il vient se frotter contre vos jambes
et saute sur vos genoux.»
Robertson Davies



mardi 12 octobre 2010

Je suis rassurée...

2 octobre 1910 - 12 octobre 1977

Parce qu'il y a des jours où la peur me torpille le ventre quand je pense que je pourrais mourir sans avoir fait la paix avec mes deux fils, sans jamais savoir pourquoi tout cela est arrivé ou plutôt pourquoi mes enfants ont refusé d'en parler, cette nuit, ce 12 octobre 2010 vient de me rassurer. 

Ils ne pourront jamais oublier qu'ils ont eu une mère pas parfaite bien sûr, mais ils penseront à leur maman qui les aimait même avant qu'elle puisse les prendre dans ses bras. Ils se rappelleront toutes ces petites choses souvent sans grande importance mais qui feront parties de leurs souvenirs. Ils voudront peut-être cuisiner mes vieilles recettes de ma mère, leur grand-mère. Ils sortiront sûrement une photo qu'ils installeront bien en vue sur une table du salon. Ils auront peut-être des regrets... mais ils se souviendront toujours. 

J'aimerais qu'un jour quelqu'un leur dise que même si ma peine était grande, j'étais incapable de les haïr. Cette petite flamme d'amour qui s'allume dans le coeur du bébé et des parents, dès la naissance d'un enfant, ne s'éteint jamais. Ce soir, c'est en pensant à mon père, mort le 12 octobre 1977, qu'est venue cette assurance. Merci papa !

jeudi 7 octobre 2010

Retour attendu...


Je l'ai appelé mardi soir vers 19h00. C'est mon fils M... qui a répondu. Il m'a posé quelques questions sur nos vacances. J'aimais entendre le timbre de sa voix. Je reconnaissais ce joyeux et doux mélange d'ancien et de nouveau puis il m'a dit : « Ça faisait longtemps...»  J'ai dit « Oui » et je n'ai rien ajouté... (Nos deux dernières vacances, nous les avions passés avec eux. Quinze jours inoubliables dans un chalet loué au bord du lac Labelle. C'était l'été 2005, ce fut l'été "Grimimi". Puis, il y avait eu une autre belle semaine ensemble. Nous avions fêté le début d'une heureuse et nouvelle année... 2006.)  Il a dit. « Je te passe tu sais qui...»  

« Grim, j'avais full hâte, je m'ennuyais... j'comptais les jours qui restaient.»  Nous avons parlé jusqu'à 20h00 (sa douche).  Grimimi, j'te rappelle après.  Il m'a rappelée et nous avons continué notre bavardage. Son père lui avait dit que je l'avais appelé le dimanche à 22h00 pour lui souhaiter "Bonne Fête" (48 ans...)  Grim, vendredi je veux aller chez vous. C'est une journée pédagogique. 20h30, il doit aller au lit.  Je te rappelle demain Grim. Je lui ai dit : « Je te donne mille becs chinois et je t'aime. N'oublie pas que tu ne dois jamais manquer de becs chinois...»

Ce soir, il m'a rappelé. Demain, nous irons le voir à sa pratique de hockey et il reviendra avec nous. Il veut venir coucher. Nous avons parlé pendant 90 minutes. De quoi parlions-nous? De sa PS3, de jeux de cartes, de repassage quand j'avais dix ans, de mon amie Lise que je connais depuis 60 ans, de ma grosse tante Alice que j'aimais tant et de sa photo que j'ai retrouvée, de ses anciens amis qu'il a perdus en changeant d'équipe, de son nouveau prof qu'il adore, des rénovations que son père fait dans la cour arrière (piscine, patio etc.). Il m'a demandé si j'irai me baigner l'été prochain. Je ne me baigne pas mais j'irai te voir. Il était encore 20h00 (douche) quand nous nous sommes laissés...

Je vous remercie de votre présence, votre gentillesse et vos tendres et doux mots laissés en cadeau. Je vous répondrai dans quelques jours après avoir passé un beau 24 heures avec mon petit-fils Thomas.

Je vous parlerai de ces vacances d'amour et de plaisir dans mon prochain billet.

dimanche 26 septembre 2010

Ne jamais oublier les beaux moments...


Mon coeur battait un peu plus vite que d'habitude... pourtant je ne faisais que signaler un appel. Quatre sonneries plus tard, la voix du message. Je raccroche.

Depuis neuf jours, mon coeur n'a de yeux que pour Normand. Je retrouve l'homme exceptionnel avec qui je vis, je mange et je dors depuis plus de vingt neuf ans. J'oubliais parfois qu'il existait quand je me cachais dans ma bulle. Mais les vacances a Ogunquit... la mer, le soleil, le sable et le nez dans un livre, tout n'est que bonheur. Aucun nuage dans mon ciel interieur.

Pourtant ce soir, je vis une profonde émotion mais tout en douceur. Il y a 48 ans, le 26 septembre 1962, je devenais maman pour la première fois. On ne peut et on ne veut jamais oublier de si beaux moments.

A 22h15, nouvel appel. Il n'y avait personne. Cette fois, j'ai laisse un message sur le repondeur. 

  BON ANNIVERSAIRE MICHEL!
Merci d'être là... Je t'aime.
Maman xox

Ogunquit, Maine, USA 

samedi 18 septembre 2010

Un deuil de courage et d'espoir...

Une balançoire l'attend mais elle ne viendra pas... Jeudi, à 14h30, une grande douleur les a anéantis. Ils ont su qu'ils devaient commencer leur deuil. Un deuil difficile et souffrant. Un deuil de colère, de révolte et de blessures profondes. Mais aussi, un deuil de courage et d'espoir. Enfin, un deuil sans funérailles!

Ils avaient tant d'amour à donner et à recevoir... Un couple heureux, sans histoires. Des parents comblés. Une fille unique qui faisait leur fierté. Puis, en novembre 2004, ils avaient reçu le plus beau cadeau qu'ils pouvaient espérer. Cette journée-là, ils étaient devenus grands-parents.

Les jours coulaient lentement. Les grands-parents s'émerveillaient comme des enfants. Ils vivaient un bonheur pur et simple. Cet adorable bébé devenait doucement une gracieuse petite fille. Ils avaient toujours eu le bonheur facile et leurs rires étaient contagieux. Mais là, chaque instant était magique. Dès qu'elle apparaissait, ils recevaient une grosse bouffée d'adrénaline. De sa petite voix, leur petite-fille qui n'avait pas encore quatre ans, criait en les voyant... « Grand-maman! Grand-papa! » C'était leur fleur, leur parfum.

Pourtant, un jour, ils s'étaient retrouvés assis devant un avocat. Elle en pleurs, lui atterré. Ils avaient raconté leur triste histoire... Six mois plus tard, après trois jours d'audience, madame la Juge, en décembre dernier, leur avait accordé des droits d'accès à leur "Petite Princesse". Ils avaient été meurtris, déçus et choqués.
C'était si peu. Trois heures par mois seulement. C'était cruel. Mais ces quelques heures seraient des heures de bonheur. Enfin, des jours heureux s'annonçaient.

Ils avaient fait des projets pour leurs sorties avec leur petite-fille. Mais, ils ont vite compris que leur fille et son mari ne respecteraient jamais le jugement. Après neuf mois, tout le monde était, une fois de plus, réuni devant le tribunal... Ils ont entendu des mots pour blesser, des mots pour faire mal. Est-ce cela, le prix à payer pour l'amour? Madame la Juge a déclaré qu'elle étudierait le dossier avant le prononcé du jugement.  

Après deux années passées à se battre pour leur droit, pour préserver ce lien si important qui unit un enfant à ses grands-parents, ils sont démolis. Ils ont parfois peur qu'elle les oublie... Jeudi à 15h20, j'ai reçu ce courriel. « Bonjour Sue. Notre voyage en enfer vient de se terminer à jamais... Pour le bien de notre petite-fille c'est mieux ainsi. Son bonheur est plus important que tout... Peut-être qu'un jour, elle voudra nous retrouver... J & A

Un jour, leur petite-fille, comme un joli papillon, aura le goût de la liberté et volera vers ses grands-parents. Seul leur courage, leur détermination et leur force, les aideront à toujours gardez confiance et espoir.  

« Puisqu'on ne peut changer la direction du vent,
il faut apprendre à orienter les voiles.»
James Dean

dimanche 12 septembre 2010

Être amies...

Un dimanche d'été à St-Gabriel-de-Brandon en 1952.
Tante Alice, tante Mariane, Mme Simard et maman (de dos).
Mon frère Claude 12 ans, et ma petite soeur Marcelle 3 ans.
Francine et France (à gauche)  - Lise (assise) et Sue.

Je ne l'avais jamais vue avant cette journée-là. Ses grands yeux bruns et ses longs cheveux foncés, attachés en une seule grosse tresse qui lui pendait dans le dos, avaient attiré mon attention.  Une semaine plus tard, lorsque la cloche sonna la fin de la journée, nous sommes sorties de notre classe de 2ème année B, et comme tous les jours, nous avons marché ensemble. C'était en 1950, nous avions toutes les deux sept ans. Ainsi, commença une longue amitié.

Ce matin, je n'ai pas faim. C'est la rentrée scolaire. Mon amie Lorraine m'attend et ma cousine Francine nous attend devant sa porte. Nous marcherons ensemble et Lise nous rejoindra à deux rues de là. Dans la cour d'école, le bruit des voix se mêle à notre anxiété. Soudain c'est le silence. La cloche a sonné. On reprend les rangs de l'année passée. Deux religieuses et une institutrice tiennent dans leurs mains la liste des noms des élèves qu'elles appelleront. Elles ont l'air sérieux peut-être qu'elles sont inquiètes comme nous.

L'angoisse monte à chaque nouveau nom. Lorraine a été appelée, Lise et moi attendons. Je serai en 4ème année A dans la classe de Mlle Boulanger avec Lorraine, mais je cherche Lise. Il manque trois élèves pour compléter notre groupe et j'entends Lise M..  Nos nerfs se relâchent, nos sourires s'élargissent. Nous serons de nouveau ensemble, comme en 1950, pour l'année scolaire 52-53.

Depuis ce début d'été 52, nous sommes inséparables. Nos trois belles semaines passées avec Francine au  camp d'été à St-Gabriel-de-Brandon, restent inoubliables. Nos parents sont venus nous visiter, nous les attendions impatientes puis, tout à coup, ma cousine avait crié en voyant l'auto noire de son père monter la côte. Nos mamans et tante Alice étaient là avec quelques gâteries, mais les parents de Lise n'étaient pas venus... tout comme l'année d'avant. Elle est restée avec nous, maman savait que c'était ma meilleure amie. Cette été là, nous avons fêté nos neuf ans.

Lise est l'aînée d'une famille de sept enfants dont les deux derniers bébés ont quinze mois et deux mois. Toute la journée, les couches s'accumulent dans une chaudière. En rentrant de l'école, Lise s'installe au lavabo de la cuisine pour le lavage des couches qui se fait à la main. Quand cette corvée est finie, elle peut jouer. Souvent, après l'école, je me rends chez elle pour l'aider... mais, quand nous avons terminé, il est trop tard pour jouer. Je dois rentrer aider maman, c'est l'heure du souper. J'amuse mes deux petites soeurs qui ont trois ans et dix-huit mois ou je mets la table. C'est comme ça que nos années d'enfance ont passé.

L'année de nos onze ans, nous avons pleuré parce Lise déménageait. Parfois, le samedi, je partais en courant pour aller lui rendre une petite visite.... sans le dire à personne. Après sa septième année, à l'âge de treize ans, ses parents lui avait dit qu'elle ne retournerait plus à l'école. Elle devait maintenant rester à la maison pour aider sa mère qui attendait son dixième enfant. En mai, ils quittèrent leur logement de Montréal pour une maison à la campagne. Lise est partie pour Mascouche les yeux humides. Nous ne fêterions pas nos 14 ans ensemble...

Mais pendant trois semaines en juillet, tous les jours, Lise descendait en auto jusqu'au bureau de son père où je la rejoignais. Ensemble, on partait à la recherche d'un emploi d'été car nous avions un rêve à réaliser. Il y avait une seule condition pour qu'on accepte l'emploi, on devait nous engager toutes les deux. Durant cet été 57, nous avons mis des olives dans les pots, faufilé des doublures de manteaux et collé des semelles aux chaussures. Pour mon amie, ces trois semaines furent des vacances. Nous avions réalisé notre rêve d'été. Avoir, comme les autres filles de notre âge, une paire de jeans bleu pâle et des souliers "Pat Boone".

À l'automne, nous avons commencé à correspondre, mais dans nos lettres que son père interceptait et lisait, nous ne pouvions jamais parlé des garçons. On écrivait qu'on s'ennuyait, on se racontait nos rêves d'avenir et on inventait des histoires pour se rendre plus intéressantes. Notre adolescence était tissé de petits mensonges et de cachotteries. On devait croire que l'avenir serait meilleur pour nous...

En 1960, nous nous sommes mariées, nous avions 17 ans. Son premier bébé est né en décembre et à l'âge de 21 ans, elle était maman de quatre beaux enfants. L'année suivante, elle est tombée malade, a quitté son mari et a divorcé. Pour Lise qui était maintenant la seule responsable de ses quatre enfants, une décision s'imposait. C'est dans les creux qu'on apprend à se battre, qu'on découvre à quel point on est fort et brave, et combien on a la foi. Mais pendant qu'elle essayait de survivre, il y a eu une longue parenthèse. J'ai souvent pensé à elle, j'ai eu parfois peur qu'elle soit morte... Sept ans sans nouvelle c'est très long!  Puis, un soir d'été, j'ai reçu un appel, c'était elle. Deux heures plus tard, nous étions assises ensemble comme si on se retrouvait après trois semaines de vacances. Elle avait un nouveau conjoint et un petit garçon de trois mois dormait à poings fermés dans la chambre bleue d'à côté. Ce fut son cinquième et dernier bébé. C'était l'été 72, nous avions 29 ans.

Les deux petites filles devenues des femmes avaient des opinions différentes. Il y a eu des temps de crise, des petites pauses de quelques jours et même un peu plus mais rien pour entacher notre amitié. Nous étions des soeurs de coeur, des amies, des confidentes. On avait rêvé longtemps, maintenant, rien ne pouvait nous arrêter. Nos vies nous appartenaient, et nous avions fait de très beaux projets pour notre retraite.

Depuis deux ans, je suis en pause avec ma meilleure amie... Le rejet par mes enfants a transformé ma confiance en méfiance et intolérance. Un soir de janvier 2009, j'ai appelé mon amie qui rentrait de vacances pour lui annoncer la plus belle nouvelle. « Lise, après deux ans sans le voir, Th m'a appelé le premier janvier... » Je pensais entendre : « Je suis si contente pour toi, tes enfants n'avaient pas le droit de faire ça. » Mais, elle a répondu : On a pensé que tu avais dû faire quelque chose... Quand ta meilleure amie pense comme ça, qu'est-ce que les autres doivent penser?
Ce n'est pas ce qu'elle a dit qui m'a blessée, c'est ce qu'elle n'a pas dit...  Fêterons-nous nos 60 ans d'amitié cette année? Ce soir, je l'ai appelée, j'avais le goût de l'amitié. Il n'y avait personne.

J'ai écrit mon premier billet le 12 septembre 2009. "Lettre à mon extraordinaire petite-fille". Un an plus tard, ce billet sur l'amitié me rappelle tout le chemin parcouru...

Ma petite fenêtre ouverte a laissé entrer 
des cadeaux emballés dans la richesse et la tendresse de vos mots.  
Je vous remercie!

mardi 7 septembre 2010

Un grain de riz pour Grimimi

Th et Merlin chez Grimimi

Dès qu'ils se sont vus, on aurait dit des aimants. Th s'est écrasé par terre et Merlin est arrivé en courant. Je les regardais jouer, s'amuser et je comprenais la place importante que chacun tenait dans la vie et le coeur de l'autre. Après ces quelques minutes réservées, on a commencé à parler.   

Puis Ottawa? - Pas piiiire... -  As-tu visité le Musée des civilisations? - Oui, mais j'aurais aimé mieux visiter le Musée de la guerre...  mais j'ai aimé le Musée de l'aviation.  As-tu fait autre chose? - Je me suis baigné tous les jours dans la piscine de l'hôtel et on a aussi visité *le marché By. C'est rempli de magasins, de boutiques, de restaurants. T'aimerais ça Grim. 

Et là, il m'a tendu un petit collier. Tu m'as acheté un cadeau... c'est ben beau! Viens ici que j'te donne un beau bec chinois, t'es trop fin. Grim, c'est un chinois qui me l'a vendu, regarde à l'intérieur, c'est un grain de riz. Une petite ampoule transparente, suspendue sur une lanière de cuir, contient un grain de riz sur lequel est écrit "Grimimi".  Je l'ai tout de suite passé par dessus ma tête. C'était léger et en même temps, c'était lourd de bonheur. Th a le même petit collier mais son nom est écrit sur un grain de riz bleu. Nous sommes sortis sur la terrasse pour immortaliser ce merveilleux moment qui faisait de moi la plus heureuse des grands-mamans. Merci Th pour ce précieux cadeau. Tu es un vrai coeur.

Son papa était là. Il attendait dans l'auto avec la maman de Th. Il est monté une quinzaine de minutes plus tard chercher Th et Merlin. Nous avons parlé du voyage et j'ai été à deux secondes de lui demander s'il accepterait une invitation à souper pour souligner sa fête, 48 ans, le 26 septembre... J'aimerais tant lui donner quelques becs chinois et lui faire un gros câlin... Je le ferai, j'ai encore du temps devant moi.

*Fondé en 1826 par le lieutenant-colonel John By, le marché By est l'un des plus grands et des plus vieux marchés publics du Canada. Le légendaire bâtisseur du canal Rideau, le colonel By lui-même a conçu le plan des rues du marché, dessinant les rues George et York pour qu'elles soient plus larges afin d'accomoder la création d'un marché et d'un lieu de rencontres publics.


samedi 4 septembre 2010

Un sens à la vieillesse!

Site des Moulins de l'Île-de-la-Visitation
en opération de 1726 - 1960

Depuis deux semaines, le rendez-vous était pris et toutes les deux nous avions très hâtes de nous rencontrer. C'est sur la terrasse d'une maison historique (1727) devenue Bistro-terrasse, située dans un écrin de verdure, et aménagée en surplomb des cascades de la rivière des Prairies que nous nous sommes installées.

Aujourd'hui, j'ai beaucoup repensé à notre rencontre d'hier et j'en garde de très beaux souvenirs. Je me suis retournée, tu étais là. Notre premier regard, nos sourires... la joie! Puis, la terrasse invitante recouverte de jolis parasols, l'eau venant de la rivière bouillonnait en descendant en petites chutes et enterrait parfois nos voix. Rien ne viendrait briser cette douceur dans cette chaleur humide du 2 septembre 2010. Nous avons simplement changé de place et continué notre conversation en échangeant nos petits cadeaux avec émotion. On dégustait notre saumon fumé et sirotait le demi-litre de vin blanc à petites lampées tout en racontant... des choses que tu savais déjà et soudain mes pleurs.

Des larmes, prises en otage, se libéraient au même moment où j'ai prononcé son nom. « Je ne sais pas si Jo viendra demain? - Pourquoi? - C'est notre "Vendredi Heureux".» - Tu vois, pour moi c'est simple. - « Les enfants donnent un sens à notre vie et les petits-enfants donnent un sens à la vieillesse.» 

Je me sens encore jeune... Assez pour prendre du vin sur une terrasse un bel après-midi de fin d'été et pour marcher dans un parc-nature même si la température est accablante. Mais, si j'ai perdu une grosse partie de ce qui donnait un sens à ma vie et qu'en plus on m'enlève mes petits-enfants qui donnaient un sens à ma vieillesse, on dirait que là, d'un coup, je me sens vieille. C'est très important la continuité, je dirais que c'est une espèce de locomotive qui nous traîne.

Aujourd'hui, vendredi entre 16h00 et 16h30, j'ai tellement espéré. Il y en a eu de la morve au nez et j'ai encore les yeux gonflés, mais ça n'a rien donné. C'était mon premier "Vendredi Heureux où je n'allais pas attendre Jo devant sa porte... Personne n'a appelé.

Vers 17h00, le téléphone a sonné. J'ai dit à Normand de répondre que je rappèlerais dans quinze minutes, le temps de mettre mon masque. C'était Th et j'ai pris l'appel. Avec mes petits-enfants, je peux passer des larmes au rire en un instant. Samedi matin, Merlin, le petit Yorkshire de Th arrive. Il  passera le congé de la Fête du travail avec nous. Th aurait aimé rester lui aussi, il insistait mais ses parents voulaient qu'il passe ce long congé en famille...  Aller à Ottawa ça ne l'intéressait pas.

Mademoiselle Alice, notre chatte, ne connaît pas encore la bonne nouvelle.


samedi 21 août 2010

Mourir sans ses enfants...

Maman 24-10-1912 - 21-08-2006

Je fixe l'écran, je regarde cette belle photo de toi maman, tu as vingt-trois ans! Je cherche les mots, les mots qui expriment toutes mes émotions, il y en a tant maman... elles se bousculent comme des prisonnières que l'on a libérées du trou. C'est la première fois que je remarque cette tristesse dans ton regard, sur tes lèvres. On dirait que tu es absente...  Tu es si belle Maman. Je t'aime!

Je suis la curatrice de ma mère depuis 1991, après avoir formé un conseil de famille et signé une procuration devant notaire. Maman vit dans un Centre Hospitalier de Soins de Longue Durée ou C.H.S.L.D. Les personnes qui entrent dans ces centres ne ressortent pas vivants.

Je dors profondément, depuis quelques heures, quand la sonnerie du téléphone tinte au loin comme dans un rêve...Je suis fatiguée, exténuée même. Depuis cet appel de mercredi, je vis des heures très difficiles et angoissantes. Je n'accepte pas de signer leur document tant qu'un médecin ne sera pas venu la voir.  J'en suis incapable et on me regarde de travers, on m'évite et on ne me parle pas, sauf de cette signature.  Le médecin ne passera pas tant que je ne signerai pas leur document dans lequel j'accepte de changer le niveau de soins, passant d'un niveau 2 à un niveau 3. Beaucoup de pression... et pas de médecin après plus de vingt-quatre heures. Maman souffre de difficultés respiratoires, j'ai passé la nuit avec elle. Si sa condition se détériore, je signerai, pour que le médecin vienne la visiter.

Mon frère aîné est à Vancouver pour le mariage, samedi, de son petit-fils. Ma soeur Marcelle l'a avisé, elle m'a dit qu'il était d'accord pour que je signe, elle doit parler à mon autre frère pour lui dire que je dois signer. Ma soeur cadette ne sait pas encore. Ça fait vingt ans qu'elle visite maman, de temps en temps, mais toujours en notre absence. Ce soir, je l'appellerai.

Marcelle a appelé à la maison vers 18h00 le lendemain. Elle crie comme une hystérique... que maman ne va pas bien et que je dois signer. Mon frère et moi, nous rendons rapidement à la résidence. Il n'y pas de changement, maman est comme hier. Elle a tout mangé ses repas aujourd'hui... Le personnel lui a mis de la pression pour qu'elle me convainque.

Je suis dans le corridor, impossible d'être dans la même pièce que ma soeur Marcelle.  Une infirmière que je ne connais pas, s'avance vers moi et tendrement, m'explique que je dois être la seule à prendre cette décision importante. Si vous ne vous sentez  pas prête ou capable, ne signez rien. Cela me rassure beaucoup. 1998, nous avons du faire euthanasier notre chatte Charlotte et nous avons pleuré Normand et moi avant de donner notre accord au vétérinaire. C'est maman qui est là sur ce lit.  Veut-elle mourir, est-elle prête, je n'en sais rien car jamais nous n'avons abordé ce sujet. Une seule fois, elle m'avait parlé de sa peur de mourir seule. Je lui avais promis que je serais là près d'elle.

Vendredi 15h00. Le médecin a appelé pour me dire que maman est dans le coma et que j'aurais du signer depuis longtemps ce changement de niveau. Je ne comprends toujours pas pourquoi le médecin ne vient pas visiter le malade avant qu'on signe. Je suis allée signer. Mais quand nous avons vu, Normand et moi, une préposée faire manger maman, nous étions vraiment ébranlés...

Nous étions trois et nous avons fait une rotation pendant ces quatre jours. Le dimanche, je suis arrivée vers 11 heures, j'ai installé un radio avec lecteur CD et j'ai fait jouer de la musique pour la relaxation. Ma soeur est arrivée vers 2 heures.  Dès qu'elle est entrée dans la pièce, j'ai senti ma paix s'envoler et je me suis concentrée sur le temps qui reste... Il n'y avait pas d'oxigène dans cette petite chambre et vers 21 heures, j'ai appelé Normand pour qu'il vienne me chercher. Je n'avais pas dîner ni souper. J'ai embrassé maman en lui murmurant à l'oreille que je l'aimais et que je reviendrais demain matin.


Je dors profondément, depuis quelques heures, quand la sonnerie du téléphone tinte au loin comme dans un rêve... Quatre coups et je comprends tout en soulevant le combiné. Il est 01h35 le 21 août 2006. C'est mon frère Claude, Marcelle l'a appelé pour lui  annoncer que maman est morte à 01h20. Je n'étais pas là comme promis. Ma soeur Marcelle ne m'a pas appelée. Elle m'a dit qu'elle savait ce qu'il fallait dire à maman. Jamais, je ne lui pardonnerai. N'oublie surtout pas cette promesse.

Maman a été incinérée et ses cendres exposées le 26 août. Une rose blanche et quelques mots sur une petite carte signale ma présence.

"La gratitude est une fleur dans le jardin du coeur."
Merci maman!
Photo: Maman et Th 

vendredi 13 août 2010

Moments de réflexion...


Bonne Fête Sue 67 ans! - 12-08-2010
Je suis assise sur un banc dur dans le sous-sol d'un centre commercial en rénovations. C'est moche, c'est laid et ennuyant. Les lumières blafardes me donnent un air de mourante même si je suis en pleine forme. Normand, assis à mes côtés, lit. Depuis une semaine, je prépare cette journée spéciale. Fêter mes 67 ans en même temps que mes deux petits-fils de 10 et 11 ans. Pour nous empêcher de célébrer leurs anniversaires ensemble, en mai et juin, quelqu'un a mis volontairement des bâtons dans les roues. Alors, pour ma fête, j'ai tout imaginé, tout a été pensé et organisé afin que cette sortie puisse être mémorable. Pendant quelques heures, les deux cousins joueront à la guerre avec des armes au laser pourtant je déteste la violence. 

Vers 19h00, on soupera au restaurant et on rentrera ensuite à la maison. En ouvrant la porte, les ballons suspendus s'agiteront et les bougies déposées sur les meubles scintilleront. Je placerai, au centre de la table du salon, cette délicieuse tarte mille-feuilles bien allumée. Puis, Th, Jo et moi, on soufflera pour éteindre toutes les chandelles de cet anniversaire partagé devenu une fête familiale avec mes deux petits-fils. Normand prendra la caméra pour immortaliser cette autre beau moment de bonheur... 
Nous avions chacun notre couleur... mais Jo n'est pas venu.

Devant nous, l'escalier mobile descend les joueurs de bingo, surtout des personnes âgées, qui défilent régulièrement comme un ruban. C'est un moment propice pour la réflexion... et mon hamster ne se prive pas pour danser dans ma tête et retourner en arrière. Vers 16h15, accompagnée de Th, j'ai rencontré Jo dans le gymnase de son camp de jour. Il s'est levé quand la monitrice l'a appelé mais il n'est pas venu vers moi comme il le fait habituellement. Déjà, je connaissais les réponses aux questions que je lui poserais. Jo, est-ce que tu sais que c'est la fête de grand-maman aujourd'hui? « Non. Mais j' pourrai pas y aller. »  On va chez Darkzone et on pensait que tu viendrais avec nous. « J'irai une autre fois. »  J'aurais aimé lui donner un bec chinois mais il y avait trop de monde autour de nous ce qui l'aurait sûrement gêné. Nous sommes partis...

Mercredi soir, Th est revenu avec nous après sa partie de soccer et son père venait le chercher ce matin. Je crois qu'il savait que cette fête ne serait pas celle que je rêvais et il voulait être là. Nous avons beaucoup parlé parce qu'il voulait savoir si Jo reviendrait. Je ne sais pas mais maintenant il devra m'appeler si ses parents lui permettent de venir. Je n'irai plus attendre devant sa porte...
J'ai peut-être réalisé, pour la première fois, que chaque instant devient de plus en plus important et que le temps précieux passera ailleurs si je ne l'attrape pas. 

J'aimerais m'éveiller chaque jour avec un sentiment de gratitude parce que je suis en vie. Je peux faire tout ce que je veux. Je peux observer les oiseaux dans leur mangeoire, rencontrer mes amis(es), lire ou ne rien faire du tout. Il existe tant de choses qui me rendent heureuse. Je dois garder mes forces pour profiter de cette belle vie qui s'offre à nous et espérer que le temps me permettra un jour de continuer ce que j'avais commencé dès leurs naissances...  

Normand, merci pour cette si jolie carte et pour tes mots encore plus beaux...

Je vous remercie tendrement de passer me visiter de temps en temps, souvent ou régulièrement. Chaque mot laissé en cadeau m'a permis de faire de petits pas... et d'avancer. 

« Dans la vie, plusieurs choses peuvent attirer notre regard 
mais seulement quelques-unes vont attirer notre coeur. »  
Michael Nolan


dimanche 8 août 2010

On peut pas te faire confiance...

Th, Grim et Jo - Un "Vendredi Heureux" 06-06-2009

Vendredi matin 11 heures, le téléphone sonne. Normand répond et après quelques minutes de conversation, je l'entends demander : « Tu veux parler à Grim »  La veille, son père en vacances, l'avait amené avec trois de ses amis à "La Ronde", la destination estivale idéale. Ce parc d'attractions et de manèges de 591 000 m2 lui promettait des heures de plaisir. Ce sont les manèges à sensations fortes qui l'attiraient évidemment. Th a dix ans et mesure 53 pouces, mais quatre manèges exigent que les passagers mesurent au moins 54 pces (1.37 m). Avec un peu de bousculade, il a réussi à passer pour le "Vampire", un des plus importants manèges. Ces montagnes russes s'étirent sur (823m), grimpent jusqu'à 32 mètres, filent à 80.5 km/h et franchissent cinq boucles. Au rythme de 1400 personnes à l'heure, ils ont défié les lois de la gravité en affrontant des forces atteignant 4G (quatre fois le poids). Il y avait tant d'excitation dans le récit qu'il faisait de cette journée inoubliable entrecoupé de mes exclamations. T'es pas sérieux! C'est pas vrai! T'as peur de rien! C'est fou ce jeu là!  Ha Th, je n'en reviens pas...!

Puis, soudain il m'a dit: « Grim, j'voudrais aller chez toi. »  Viens t'en quand tu veux mon coeur. « Qu'est-ce que tu fais? »  Il savait que lundi je m'étais fait mal dans le dos. On fait un peu de ménage et c'est mon "Vendredi Heureux" aujourd'hui. « Grim, c'est sûr que j'vais y aller.»  Penses-tu que Jo va venir? Il a hésité avant de répondre « Non. Et toi, grim? J'ai des doutes... mais à 16h00, on sera devant sa porte. Après avoir parlé à son père, il y avait une petite complication. Th avait une pratique de soccer à 18h30. Je l'entendais échanger avec  mon fils. « J'veux pas y aller papa, j'aime pas ça jouer au soccer, j'aime mieux le hockey. Papa, parle à Grimimi. Nous avons réglé ce litige. Son père est venu le reconduire, Normand irait le mener au soccer. Comme ça, les deux cousins auraient deux heures pour s'amuser.

C'est fou ce qu'il peut inventer comme jeu et moi j'accepte tout de cet enfant. On joue au hockey avec la boîte vide du jeu Yum. Douze pieds de distance, deux filets, chacun trois dés et c'est parti. On rit, on se lance les dés, on fait des arrêts et on compte des buts. Il a gagné 5-4.  Pas pire pour une grimimi avec un mal de dos. 15h30, nous sommes dans la cour d'école où Jo va au centre de jour durant les vacances d'été. Th m'a proposé d'aller à l'intérieur pour demander de parler à son cousin. Il veut savoir si Jo sait qu'aujourd'hui c'est son "Vendredi Heureux". Nous l'attendons dans l'auto, je le vois passer, partir, revenir et enfin sortir. On l'a fait promener de gauche à droite pour enfin lui dire que Jo ne venait plus au camp depuis un mois... 

15h53, nous sommes stationnés devant chez Jo. Les deux autos des parents sont là, nous attendons.  16h00, la porte s'ouvre, mon fils sort seul. Il vient vers l'auto, je baisse ma vitre, il me dit :  Jo ne viendra pas, il a du soccer. En souriant, il ajoute « M'man, on peut pas te faire confiance. » Il est reparti vers chez lui. Je lui demande : S... à quel parc? Pas de réponse, il est entré, nous sommes partis. Mais Th a dit : « Grim, on va vérifier sur internet à quel parc il joue.»  Il a trouvé l'information. Même parc tous les deux. Jo a sa partie de soccer au terrain 5 et Th sa pratique au terrain 2.  Il était si content... il s'est jeté dans mes bras en disant : « Grim, vas voir jouer Jo ne viens pas voir ma pratique. » Je le serrais dans mes bras, je luis donnais des becs chinois en le remerciant, en lui disant qu'il était extraordinaire et qu'il avait une très belle qualité, il n'était pas jaloux.» J'oubliais que je le tenais encore tellement c'était réconfortant. Il m'a dit: « Grim, c'est assez! Tu m'as serré assez longtemps. » 

Nous avons assisté à la partie de soccer de Jo assis dans la première rangée de l'estrade mais éloignés de ses parents. Mon fils et sa femme étaient accompagnés de mon ex qui adore mettre de l'huile sur le feu pour se venger de l'avoir laissé... il y a 29 ans. Ils nous ont vus venir vers eux et ont appelé Jo. Je sais qu'il m'a vue mais il était de glace. À la fin de la partie, sa mère s'est levée tout de suite pour se diriger vers lui, son père et son grand-père l'ont suivie. Ils ont fait un mur comme au soccer et je ne pouvais même pas lui dire "Bonsoir". Sait-il que jeudi c'est un "Jour Heureux"? Viendra-t-il pour mon 67è anniversaire... Moi, je sais que je serai devant sa porte à 16h00. C'est samedi que le choc s'est fait ressentir.

"Je vous aime, non seulement, pour ce que vous êtes,
mais pour ce que je suis quand nous sommes ensemble"
Roy Croft

mardi 3 août 2010

Une Récompense devient un Hommage...

Réalisée par SueL en mai 1998

Perdues dans de beaux décors bucoliques et entourées d'arbres majestueux souvent centenaires, ces petites maisons cachent leurs défauts, leur beauté ou leur bonheur aux promeneurs qui sillonnent leurs routes à la recherche d'une chaumière dans un endroit calme. Pour chaque maison, il y a une histoire et une odeur. Dès l'entrée, on est invité par un arôme naturel de pomme-cannelle ou par un arôme artificiel de brise exotique. Parfois, c'est le poil de chien mouillé ou la litière de chat oubliée qui nous donne l'envie de fuir et de ne plus revenir.

Il y a aussi des maisons récentes ou neuves situées dans de nouveaux secteurs urbains où les jeunes couples s'installent en attendant leur premier enfant et qui se transformera en un douillet nid familial. Bien sûr, dans les secteurs boisés, on trouvera la perle, pas chère, mais là ça prendra des bricoleurs, de bons outils, de l'huile de coude parce qu'il faudra la rénover pour la rendre chaleureuse et confortable. Chaque couple fera son choix pour le meilleur et pour le pire...

Dans certaines de ces maisons, des mamans sont heureuses de rester à la maison avec un poupon, une fillette ou un petit garçon. Souvent, elles ne se privent pas d'être de nouveau maman parce qu'elles aiment ce rapport enrichissant avec leurs enfants. Plusieurs, ont choisi de mettre un frein à leur carrière pour leur bien-être. Elles ont décidé de prendre en main, en bas âge, l'éducation de leur progéniture, de se dévouer quotidiennement et d'ensoleiller la vie de leurs enfants.

Féepoussière habite une de ces jolies maisons. Le 18 juillet dernier, elle m'a laissé un commentaire sur mon billet "Le Centième pour Mève". Surprise! J'apprenais qu'elle m'avait décerné un prix-récompense et elle m'invitait sur son blog www.aupetitmondedelisa.blogspot.com pour connaître les instructions. Je devais décerné la récompense à quinze autres blogueuses. J'ai plutôt proposé de rendre hommage à toutes les mamans qui souvent s'oublient, qu'elles travaillent à l'extérieur ou restent à la maison, pour donner le meilleur d'elles-mêmes à leurs enfants. Lorsque je lis ce que Fée Carole réalise dans une journée avec sa puce de 3 ans ½, sa jolie et délicate Élisa, je sais que le soir venu, elle est satisfaite et fière de ce qu'elle a accompli.

On ne réalise pas toujours à quel point le fait de recevoir une récompense nous troublera. Je suis d'abord émue parce qu'on m'a lue... et bouleversée, surtout parce qu'elle m'est offerte par une jeune maman. Une jeune maman chez Grimimi ça m'attendrit. Je vois l'image d'une petite-fille offrant avec plaisir un cadeau à sa grand-maman. C'était le 7 septembre 2007, on pique-niquait pour notre "Vendredi Heureux" et Mève, avec l'aide de son papi Normand, avait coupé des fleurs séchées qu'elle m'a offertes en disant : « Je sais, grand-maman, que tu feras un beau bouquet et que tu le garderas toujours.» Un mois plus tard, c'était notre dernière rencontre. Oui Mève, tu avais raison.

Merci Féepoussière, tu m'as comblée de bonheur et aucun mot ne peut exprimer toute ma reconnaissance. Je fais une petite entorse en revenant sur ma parole... J'inverse la donation en remettant cette récompense à Jane http://jjoneshawkins.wordpress.com/. D'une Grimimi à une petite-fille avec toute mon affection et ma tendresse.


dimanche 1 août 2010

Un petit Yorkshire et une chatte...


Un Yorkshire et une chatte d'Espagne...
Alice, je t'aime!
Moi aussi Merlin...


Alice, tu me chatouilles 
avec tes longues moustaches...


Mon coeur bat pour toi... depuis 
que je t'ai vue la première fois.



C'est assez les photos... laissez-moi tranquille!

Alice est entrée et je suis si triste.
Je pars aujourd'hui, je rentre chez moi, mais je reviendrai.
J'ai passé de très belles vacances du 23 au 30 juillet.
À bientôt ma belle Alice.
J'ai hâte de retrouver Th.  Je m'ennuie beaucoup de lui.


Merlin XXx
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