dimanche 1 novembre 2009

Ce n'était pas l'Alloween...


Alice patiente durant que j'écris ce billet...

Il est 2H17. Impossible de dormir... les émotions se bousculent et je dois m'en libérer. Pourtant j'ai un très bon livre qui m'attend mais c'est l'écriture qui va l'emporter.
À 12h20, je fermais la porte derrière mes invités. Après un repas au restaurant, c'est chez nous que la soirée s'est poursuivie... Je vous ai déjà parlé de grand-maman Fanie et "petit bébé d'amour", et de mamie Gigi et "Petite Princesse". Je connais les grands-parents de "petit bébé d'amour" depuis mars 2008. J'étais membre, depuis août 2007, d'une Association qui renseigne les grands-parents privés de voir leurs petits-enfants et j'assistais à une réunion. Fanie et C. étaient arrivés de voyage la veille et y assistaient pour la première fois.

Comme tous les grands-parents qui se retrouvent dans cette situation, ils cherchaient de l'aide... Après quelques rencontres (1 fois par mois) nous ne trouvions pas l'écoute dont nous avions tant besoin. C'est en partageant nos peines et nos joies que nous ressentions le plus de réconfort et c'est ainsi que notre amitié s'est consolidée. J'ai quitté l'Association en août 2008. J'aurais aimé qu'on parle moins de la loi mais qu'on mette un peu plus de baume sur les blessures du coeur et de l'âme. Si les AA ont réussi par des partages à guérir les gens, on devait faire la même chose c'est-a-dire PARTAGER.

Après quelques conversations téléphoniques avec mamie Gigi, ce soir, nous nous rencontrions pour la première fois. J'ai souvent parlé à des grands-parents, lors d'écoute active, comme bénévole pour l'Association. Il y a tant de souffrances que je ne peux trouver les mots pour les décrire. Ce soir, devant moi, il y avait un beau couple dans la cinquantaine, une belle vie, pas riche mais à l'aise, belle maison, deux autos, les deux travaillent. Des gens intéressants, cultivés et humains qui vivaient une vie bien remplie avec leur fille unique, leur gendre et "Petite Princesse."

Lorsqu'ils ont appris que leur fille était enceinte, ils étaient si heureux. Papi A.., a sorti ses outils. Par temps libre, il a fait le plus beau des berceaux en bois, sculté finement et gravé «de ton grand-papa.» Ils sont allés avec leur fille acheter la literie qu'elle aimait. C'était le bonheur! Puis quand il a eu fini, Papi A.., s'est trouvé un nouveau défi. Là, il a fait un cheval berçant, mais pour la crinière comment on fait ça... Mamie et Papi ont fait des recherches et ont trouvé la meilleure façon de faire pour que ce cheval ait fier allure. Très heureux... tout le monde attendait ce petit bébé.

Ce n'est pas un bébé mais une "petite princesse" qui est arrivée un matin de novembre 2004. Tous les yeux étaient fixés sur cette petite fille à la peau si douce, et belle comme le soleil. Un mois plus tard, Papi a sorti ses pinceaux pour faire un tableau avec la photo prise de la maman tenant sa princesse, dans ses bras, quelques heures après l'accouchement. C'était le bonheur!

La famille coulait des jours heureux mais parfois la vie nous joue de vilains tours... Et c'est ce qui arriva malheureusement à Mamie Gigi et Papie A.., Sans savoir pourquoi, lentement ils ont été tassés et empêchés de voir "Petite Princesse." Ils sont beaux, gentils, polis, doux et intelligents. Ils ne sont pas hideux, méchants, vulgaires, rustres mais ils sont si malheureux. J'aurais voulu avoir les mots pour les consoler...


Le berceau et le cheval ont été vendus dans une vente de garage...

23 commentaires:

  1. Déchirant cette histoire... comme toutes les histoires de ce genre. Je ne suis pas encore grand-mère, mais j'espère que jamais rien de tel ne m'arrivera.

    À moins de raisons très graves, comme de l'abus physique ou psychologique qui sont de réelles raisons de vouloir protéger un enfant, il me semble que jamais un parent ne devrait priver son enfant de ses grands-parents. C'est cruel et tout simplement de la manipulation...

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  2. ALLER COMPRENDRE, je ne peux pas imaginer... Triste...

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  3. Lionne,

    C'est généreux de prendre le temps d'un commentaire à 5 jours d'un déménagement.
    Oui, pour des raisons graves, tu as raison.
    Mais quand les enfants ne s'expliquent pas avec leurs parents et les rejettent, ça c'est vraiment cruel!
    Merci!

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  4. Dominique,

    Hier, on était trois couples qui vivent le même problème. On n'a jamais imaginé que cela pouvait un jour nous arriver...
    On n'est pas des parents parfaits mais on a fait notre possible et c'est déjà beaucoup. Il n'y a rien qui méritait une telle punition.
    Je pleure en écrivant cette dernière phrase.

    Merci!

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  5. Chère Gramini Sue, c'est avec un immense plaisir et un réconfort chaleureux que nous vous avons rencontré hier pour la première fois et cette rencontre restera longtemps dans notre mémoire. Nous garderons contact car vous savez trouver les mots pour pour nous encourager. Nous venons de lire les bons mots que vous nous avez adressés dans vos commentaires et nous vous en sommes reconnaissants car ils traduisent bien ce qui nous arrive. La tristesse de notre histoire n'est malheureusement pas unique, bien au contraire, nous nous rendons compte que trop de granps-parents sont ignorés et opprimés par leurs enfants en se servant des petits-enfants comme moyen de pression ou de chantage.

    Peu de gens peuvent comprendre alors le chagrin qui nous afflige et la peine qui devient quotidienne. Un adage dit que "le temps arrange les choses", c'est faux, seule la volonté des gens de vouloir arranger les choses, arrange les choses. Lorsqu'il ni a pas de volonté de la part de l'une des parties, rien ne s'arrange.

    Il faut alors avoir recours à des moyens légaux ultimes et extrèmes et ces moyens n'aident assûrément pas à règler le conflit.
    Nous avons également été membres de la même association de grands-parents et notre opinion est le même que la vôtre: aucun réconfort, aucune aide morale, un bref survol de nos droits inscrits au Code civil du Québec et une forte pression à poursuivre, à prendre un avocat, l'avocat de l'association, éviter la négociation, éviter une entente intérimaire, poursuivre et vivre avec la honte d'avoir poursuivi.

    Une fois pris dans l'engrenage il est très difficile de revenir en arrière, voire même impossible, car en plus d'avoir perdu notre petite-fille à cause de ses parents jaloux et possessifs, nous avons perdu notre fille à cause de son incompréhension face à notre action à vouloir faire valoir les droits de l'enfant à avoir des contacts avec nous.

    Il ni a pas plus grande tristesse que de perdre quelqu'un que l'on aime. La mort nous fait souvent perdre ceux que l'on aime et nous devons alors faire notre deuil, mais comment faire le deuil de quelqu'un qui est vivant et qui nous exclue de sa vie sans raison autre que son égo.

    Votre blogue nous fait du bien, continuez.

    Mamie Gigi et Papie A

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  6. Chère Mamie Gigi,
    Cher Papie A..,

    Je pense que cette rencontre d'hier nous a permis de tisser des liens pour l'avenir.

    Le deuil découlant de la mort d'un être cher restera toujours douloureux et parfois même destructif.
    Les parents qui perdent un enfant ne seront plus jamais les mêmes car une partie d'eux est disparue à jamais. Chaque jour de leur nouvelle vie, ils y penseront, et lentement la peine se transformera pour devenir de doux
    souvenirs. C'est un processus naturel qui sera différent pour chacun.

    Pour le rejet c'est tout autre...

    Le deuil découlant du rejet est pire que celui de la mort... parce qu'on n'arrive pas, quoi qu'on fasse à éteindre cette lueur d'espérance qui nous consume à petit feu.
    (Micheline Duff "D'un silence à l'autre")

    Je vous envoie deux gros câlins et toute mon affection. Sue xox

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  7. Vous savez, je travaille avec des personnes âgées, et il y en a tellement qui sont seules sans jamais de visite... et pas si âgés que ça, 70, 75, 85, ans. c'est à n'y rien comprendre !

    Depuis 4 ans , avec la maladie, le doc voudrait que je quitte l'emploi, je ne veux pas en partie pour ce que ces personnes m'apportent par leur présence et leur soutien, leur encouragement... Ils ont tellement a donner ! Alors j'imagine à leur propre enfants et petits...

    La génération d'égoïstes !!!!!!

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  8. Dominique,

    J'ai visité ma mère malade de 1978 à 2006.
    Pendant 10 ans dans un centre pour personnes autonomes, puis 6 ans pour semi-autonomes et 12 ans dans un C.H.S.L.D. On voyait toujours les mêmes personnes visiter leur parent.

    Nous sommes 5 enfants. Pendant 10 ans, ma soeur et moi, chacune notre tour, nous la sortions du vendredi soir au dimanche soir, et un de mes frères tous les mercredis de 13h à 20h. C'était sacré. Puis, quand elle n'a plus été capable de sortir, chaque dimanche, il y avait un de nous trois qui était avec maman...même si elle ne parlait plus les 5 dernières années. Les 2 autres...de temps en temps.
    Je ne sais pas si on aura droit à cela...j'en doute.

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  9. Ces enfants se privent et privent leurs progénitures d'une grande richesse, ils le réaliseront peut-être trop tard.Des situations difficiles à vivre et je peux comprendre la peine.

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  10. Solange,

    Je sais que tu peux comprendre la détresse des grands-mamans...

    Tu es une grand-maman qui transmet dans ses toiles beaucoup d'émotions... clarté, douceur, lumière, authenticité et plus.
    MERCI!

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  11. Comme lionne je trouve cette histoire déchirante...

    Comment cela peut-il arriver à de brave gens?

    Je serai tellement contente si mon fils aurais simplement un grand-parent proche... :( quand je lis ça je me dis que y'en a qui ne connaissent pas la chance qu'ils ont d'avoir des grand-parents qu'ils veulent être impliqué!

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  12. Bienvenue Jane,

    Jane et Lionne. Deux âmes sensibles, je n'y croyais presque plus mais ce blogue m'a permis de faire de très belles découvertes et ce n'est pas fini.

    Merci de ton détour...

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  13. Ça me bouleverse toujours autant d'entendre ces histoires si déchirantes et remplies d'injustice. Le petit cheval et le berceau, bâtis avec tant d'amour... Je ne comprends pas. Je souhaite pour eux qu'ils trouvent, un peu comme vous une signification à tout ça, qu'ils voient dans cette épreuve une façon de grandir et de devenir meilleurs et plus forts. Faites-leur le message pour moi. Ils ont tout mon respect et ma compassion...

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  14. Nanou,

    Toujours les mots qu'il faut pour adoucir la peine et la détresse des autres, même pour les inconnus.

    C'est si gentil et je leur communiquerai ces bons mots.

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  15. Je ne sais que dire, j'aimerai trouvé des mots pour vous reconforter mais dans ma tête se bouscule des questions ?
    En général, du moins ce que j'en sais, se sont les couples dont un parent à une origine, une culture, une religion différente (une foi différente sans pour autant être un croyant assidu) qui pousse (parfois, je le souligne parce que ce n'est pas une généralité, loin de là) l'autre (sa compagne ou son compagnon) à couper le lien qu'il a avec sa famille. Pourquoi ? La peur, le préjugé, le manque d'ouverture d'esprit, de compassion, une envie que sa chair et son sang ne ressemble pas à ...
    Je suis désolée.
    La vérité c'est que rien ne vaut la richesse que peut apporter les grands ou arrières grands-parents, Seulement l'égoisme existe dans ce monde même au sein de son propre sang.
    Sincèrement, battez vous, soyez fort. Courage

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  16. Enfer noir,

    Merci aux noms de tous les grands-parents séparés de leurs petits-enfants. Être venue ici et avoir écrit ce mot pour ce billet, me touche profondément.

    Les g-p dont j'ai parlé vivent tous une vie semblable à celle de tout le monde. Il n'y a pas de raisons autres que le contrôle, la jalousie ou la vengeance.

    C'est un crime d'empêcher les enfants de voir leurs grands-parents.

    Merci pour les mots de solicitude et d'encouragement.

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  17. Je lis votre blog depuis 2h maintenant. Ce billet vient de me faire fondre en larmes. C'est si triste la douleur.

    J'ai 35 ans et 4 enfants. Mes parents sont très présents. Ceux de mon chum bcp moins. Cepandant la mère (ma b-m) avait l'habitude de m aintenir un lien (1 à deux fois par an), en compagnie de son conjoint. Depuis la naissance de mon 4e et dernier, un adorable petit garçon, elle n'est jamais venue le voir. Toujours cinquante six raisons, du souper de Chevaliers de Colons au voyage dans le Sud. Il faut dire aussi qu'elle dépend de son conjoint pour se déplacer mais il avait toujours l'habitude de coopérer.

    Ces derniers temps, je commence à verser dans la révolte. J'ai envie de l'écarter, de la punir, de négliger ainsi son role auprès des enfants comme auprès de son propre fils.

    La lecture de votre blog m,a aidé à voir un peu l'autre côté. Elle commence à dire que cette situation a assez duré. Je vais être moins agressive quand elle viendra, enfin. Parce qu'elle a droit à de l'amour de ses petits enfants malgré tout ça. Et inversement. Et puis, tout ça c'est des histoires de grands. Les enfants n'ont pas besoin d'un conflit avec leur grand-mère, même si nous les grands pourrions avoir maille à partir.

    Merci pour votre témoignage. Il agit bien audelà de ce que vous pouvez croire.

    Merci.

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  18. Bonsoir Mère Michelle,
    Je te souhaite la bienvenue et je suis heureuse d'accueillir une jeune maman de 4 beaux enfants.

    Tu es sensible, intelligente et je sens que tu as beaucoup souffert de l'attitude de ta b-m.

    Après deux heures de lecture, ce billet t'a fait craquer... Il y avait sûrement beaucoup de chagrin retenu.
    La naissance d'un enfant est un acte d'amour. Elle donne aux parents, un sens à la vie par la continuité. Les petits-enfants apportent aussi beaucoup d'amour, de tendresse et de joie dans la vie des grands-parents et donnent un sens à la vieillesse.

    Je veux te remercier profondément et sincèrement. La lecture de mon blog t'a aidée à voir de l'autre côté et pour moi c'est un très beau cadeau. Si mon blog apprend à une maman ou une grand-maman à mieux communiquer, pour le bonheur des petits, j'aurai atteint mon objectif.

    Je te serre dans mes bras comme je le ferais pour mon extraordinaire petite-fille Mève que je ne vois plus depuis le 5 octobre 2007.
    Je t'envoie de doux petits bisous pour toi et de tendres becs chinois pour tes petits.
    Grim

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  19. Ça y est, encore les larmes ;o)

    Merci pour le calin.

    Mon ange gardien m'a orienté sur ce blog ce matin, et ce soir, ma belle-mère s'est annoncée pour demain matin....

    La vie, ça fait la job parfois ;o)

    Happy ending pour vous aussi, chère Grimmini xx

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  20. Bonjour La Mère Michelle,
    De la belle et rare visite. Je suis heureuse pour toi, pour ton conjoint et pour les quatre petits.
    C'est un merveilleux dénouement et j'en suis ravie. Si tu as le temps laisse-moi un petit mot sur cette rencontre...

    Je t'envoie de doux et tendres becs chinois.

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  21. Quelques mots, que dire?

    D'abord la chicane, les mots durs, des gens qui refusent de se faire faire des reproches malgré qu'ils se soient rendus coupables sur toute la ligne!

    Ensuite, trève pour ne pas envenimer la situation.

    Et moi qui ai évité les regards et les discussions car j'en ai encore gros sur le coeur, encore, mais je ne suis pas autorisée à parler.

    Mais du positif: la grand-mère a catiné tout l'après-midi. Même à s'en écoeurer je dirais ahaha Je suis contente pour ma Petite Fleur qui a bénéficié de toute cette attention.

    On ne refait pas le coeur des gens. Ni leur environnement mental. Ce n'est pas une grand-maman gâteau, elle l'a dit elle même.

    Triste que certaines le soient et se voient privé de ce besoin intérieur si impérieux. ;o)

    Bon, une couple de vérités de dites, toujours. J'ai horreur des tabous. Je préfère la bonne vieille empoignade au silence. Je trouve ca plus sain et plus normal.

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  22. Bonsoir La Mère Michèle,
    Excuse mon retard à te répondre mais je suis vraiment contente que tu aies pris le temps de m'écrire.

    Chanceuse, Petite Fleur a eu un traitement privilégié de la part de sa grand-maman. Manque t'elle d'amour à ce point pour ne pas en distribuer à tous les enfants?
    Tu as bien raison, on ne refait pas le coeur des gens, ni leur environnement mental...

    J'ai bien aimé tes deux dernières lignes. Je viens d'une famille où personne ne s'exprimait et où les enfants n'avaient pas le droit de parler.
    J'ai toujours été démonstrative mais je n'ai jamais montré à mes deux garçons qu'on pouvait avoir des mauvaises journées. J'avais mon masque du bonheur que je portais en leur présence... Ça c'est une grave erreur.
    Je sais maintenant, après avoir suivi une thérapie, que tout se dit, qu'il y a une façon de le dire et qu'il ne faut pas blesser les autres.

    Je te souhaite beaucoup de bonheur, de joie et de rires d'enfants... J'espère avoir le plaisir de te relire et de voir ta petite petite photo.

    Mille doux et tendres becs chinois.

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Ne partez pas... sans laisser une trace de votre passage.
MERCI !

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