vendredi 30 octobre 2009

Pourquoi "La peur"...


Ce soir, j'ai lu un billet de Jack

Le récit de la mort de sa soeur, en 1957, à l'âge de 11 ans m'a émue et bouleversée. Mais, en écrivant mon commentaire, c'est le mot deuil qui à ouvert un tiroir...
Dans ce tiroir, il y avait une phrase que j'avais copiée, sur un beau papier, pour ne jamais l'oublier...
«Le deuil découlant du rejet est pire que celui de la mort... parce qu'on n'arrive pas, quoi qu'on fasse à éteindre cette lueur d'espérance qui nous consume à petit feu.» 
"Lise Tremblay"

Je vivais une période très difficile dû au rejet... Je ne voyais plus mes enfants et trois petits-enfants. En 2008, en lisant cette petite phrase j'ai compris pourquoi ma détresse était si grande. Dans mes lectures, j'ai trouvé réconfort, estime de soi, tendresse, espoir et amour mais j'ai aussi trouvé tristesse, mépris, cruauté, angoisse et ressentiment. Tous ces mots m'ont permis de réfléchir et de grandir.

Lors de mes rencontres avec ma psy Isabelle, je lui racontais ma peine et ma honte. Pourquoi mes deux enfants (S. à 40 ans et M. à 44 ans)? Un c'était difficile à vivre mais deux... J'étais incapable de dire que M. ne me parlais plus et que je ne voyais plus Th...

Ç'a fait quatre ans que je n'ai pas vu S.... Depuis août 2007, je vois Jo,  mon petit-fils de 10 ans, une fois par mois et Mève, ma petite-fille de 12 ans est venue 4 fois au début. Ça fait maintenant 2 ans que je ne la vois plus. Le 1er janvier 2009 à 22h15, après 2 ans de silence, j'ai reçu un appel de Th, mon petit-fils de 9 ans. Il vient régulièrement souper et coucher. Ensemble on invente des histoires, on fait des jeux, on s'amuse. Il m'a fait retrouver mon coeur d'enfant. Mais, quand je vois mons fils M..,. le père de Th, tout l'été sur les terrains de soccer et maintenant à l'aréna à toutes les parties, même en cette période d'inquiétude, on ne parle que du sel et du poivre...

Avec Jackss, ce soir, on a échangé sur la peur. J'ai grandi dans une famille de restaurateurs où il n'y avait pas de temps à perdre pour les leçons de vie. Maman était occupée en plus d'être introvertie. La peur, je la connais bien. Elle a partagé ma vie depuis la naissance de mon premier bébé.

Je suis sortie de l'hôpital, après six jours, avec ce petit paquet d'amour. J'étais inquiète, nerveuse et tourmentée. Qu'est-ce que je dois faire maintenant si mon bébé pleure? S'il est malade comment vais-je le savoir? Et s'il ne dort pas le nuit et qu'il réveille son papa... J'avais peur de ne pas être à la hauteur. C'était une grande responsabilité et j'étais la première de la famille à être maman.  J'avais dix-neuf ans !

Mais la vie a tout prévu ça. On dirait d'instinct que tu sais quoi faire. C'était un bon bébé et je suis devenue tranquillement une "vraie maman" grâce à lui. Trois ans plus tard, mais expérimentée, est né mon 2ième fils S...

Ils ont grandi normalement. L'école primaire, le secondaire où les influences sont parfois déterminantes et elles l'ont été car ils ont décroché tous les deux. Ça c'est mon premier gros chagrin. Puis, arrive l'adolescence et les inquiétudes, les amourettes, les amitiés, les peines. Et tout à coup, il a 16 ans. Il te demande de lui prêter l'auto et là s'installe la vraie peur. La vitesse, la boisson ou les drogues, je ne dormais pas tant que M. n'était pas entré.
On apprend à faire confiance...

Après 21 ans de mariage, j'ai quitté le nid en laissant ma moitié de maison, mon mari et mes deux garçons de 16 et 19 ans. Voici mon deuxième coup au coeur... 

«Vint un temps où le risque de rester à l'étroit dans un bourgeon était plus douloureux que le risque d'éclore»  
Anaïs Nin.

Ils ne m'ont jamais reproché d'être partie. Nous étions devenus des amis et chaque rencontre était une fête. Ils avaient 24 et 27 ans quand un jour, je leur ai demandé qu'est-ce qu'ils feraient s'ils avaient le choix de retourner aux études. Faites les démarches et je paierai vos cours. Ils se sont inscrits. M... est devenu électricien spécialisé et S... est routier (Montréal-Québec) comme son père avant lui. Ils ont rencontré l'amour, se sont installés en couple, ont acheté des maisons et sont devenus parents à leur tour. Tout était si prometteur de bonheur !!!

La peur est venu avec mes enfants et est repartie avec eux. Je me suis faite tant de soucis inutilement. J'avais peur qu'ils leur arrivent un accident, peur qu'ils soient malades et surtout j'avais très peur de la mort.

«Même dans le sommeil, la douleur qu'on ne peut oublier

Tombe goutte à goutte sur le coeur
Et dans notre désespoir, contre notre gré
Par la grâce terrible de Dieu, nous vient la Sagesse»
(Citation de Eschyle)

5 commentaires:

  1. Le rejet? C'est le thème de mon prochain billet, auquel je pense depuis plusieurs jours. Le rejet et les clans. Pas tout à fait pareil, mais tout à fait le même.
    ;-)

    Tu dis des tas de choses fascinantes et tellement pertinentes, sage Grimimi Sue. J'admire ta manière d'avancer dans TA vie et la vie.

    Bises, Zed ¦)

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  2. Zed,

    Tu fais grandir mon "estime de soi". Merci!

    J'ai hâte de lire ton billet sur le "rejet"

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  3. La peur est normal, je pense lorsqu'on devient parent. Les parents se mettent en quatre pour leurs enfants et l'inquiétude du moment est légitime. Oui, si vous n'aviez pas d'inquiétude pour eux, ils ne seraient peut-être pas devenus ce qu'ils sont aujourd'hui. Enfin de compte, vous avez été le moteur qui a permis à vos enfants de reprendre les études et devenir les hommes qu'ils sont.
    La peur, c'est un sentiment assez étrange mais parfois nécessaire.

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  4. Enfer noir,

    Mes deux garçons M. 47 ans et S. 44 ans, ont été de bons compagnons de route. Ils m'ont toujours respectée et même admirée (je ne voudrais pas sembler prétentieuse) et un jour toute cette belle vie de famille c'est transformée en cauchemar. Pourquoi? Parce que j'aimais leurs enfants et que les p'tits aimaient leur Grimimi...
    Les mères ont eu peur pourtant quoi de plus normal... C'est ça le problème.

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  5. Sue,
    Il ne faut pas perdre espoir, ce qui est regrettable c'est qu'ils aient oublié leur enfance auprès de vous. Ils devraient se retourner la question ? Que feront-ils demain, si leurs enfants ne veulent pas qu'ils aient des contacts avec leurs petits-enfants ?
    Et puis, la roue tourne, assez vite d'ailleurs. Il ne faut pas croire que le mal que l'on fait subir à autrui ne sera jamais rendu.
    Courage

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MERCI !

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