mercredi 30 décembre 2009

Le bruit des tambours s'élève...


Ce billet de fin d'année, je le dédie aux lecteurs et lectrices qui sont passés/es et ont laissé un commentaire, depuis le début de Grimimi Sue, le 12 septembre 2009.

Air fou (Zed) - Cryzal - Dominique - Éléonore - Enfer Noir - Epamin' - France - Francine - Freda - Grande Dame - Jane - Jean-François - Je suis le temps qui passe (Do) - Lilia - Lionne - Marico - Miss Lulu - Monsieur Émilien - Nanou La Terre - Reinette - Solange - Viviane - Ombrerose - Gigi et A..

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Vos lectures et vos mots, me permettent d'avancer sur la route sinueuse d'une Grimimi. Je vous remercie et vous souhaite longue vie dans la Bloguosphère! Pour ceux et celles qui me visitent et lisent, mais n'ont pas encore osé commenter, laissez-vous aller et faites-moi un cadeau de vos mots. Merci!


Le bruit des tambours s'élève dans l'air
et avec eux mon coeur.
Une voix sortie du rythme dit:
Je sais que tu es fatigué,
mais viens.
C'est la chemin.
"Citation du poète persan Rumi"


- Puissiez-vous écouter cette voix sortie du rythme dans les moments de fatigue.
- Et puissiez-vous éclore plutôt que de vous sentir brisé.
- Et que chaque expérience que vous vivrez puisse ouvrir une porte dans votre coeur, accroître votre compréhension des choses et vous mener jusqu'à la liberté.
- Si vous êtes las, puissiez-vous être soulevé par la passion et par un but.
- Si vous êtes amer, que l'espoir et l'humour viennent adoucir votre vie.
- Si vous avez peur, puissiez-vous être porté par une conscience plus sage que votre peur.
- Si vous êtes seul, puissiez-vous trouver l'amour et l'amitié.
- Si vous êtes perdu, puissiez-vous comprendre que nous le sommes tous et que nous sommes tous guidés par des Anges Étranges, par des bons côtés de notre nature, par la voix vibrante sortie du rythme.
- Puissiez-vous suivre cette voix, puisque c'est la voie : le périple du héros, la plénitude de la vie, la raison pour laquelle nous sommes ici.
"Le big-bang intérieur"  -  Elizabeth Lesser

« On grandit lorsqu'on est malade ou lorsqu'on souffre, lorsqu'il faut faire face à une perte douloureuse. On grandit si l'on ne se met pas la tête dans le sable, mais au contraire si l'on accepte la souffrance en essayant de la comprendre, non pas comme une malédiction, mais comme un cadeau fait dans un but précis »
Elisabeth Kübler-Ross, médecin

Que cette nouvelle année apporte
 joie, paix et bonheur!

lundi 28 décembre 2009

Un chat, deux chiens, trois nounours...


Quelle journée! Des émotions envahissantes et parfois difficiles à contrôler. Ce matin, à 08h00, Th est venu près de mon lit en murmurant "Grimimi". En entendant sa voix, mes yeux s'ouvrent à la vitesse d'un éclair. Je me lève, Grip est déjà dans la salle de bains et tout le monde se retrouve, quelques minutes plus tard, dans la cuisine pour préparer le déjeuner.

Pour Grip, c'est toujours le même menu. Yogourt nature dans lequel il ajoute, 1/2 banane, une pomme coupée en dés, des raisins rouges et un peu de céréales écrasées, puis 2 toasts et café. Pour moi, c'est aussi un menu qu'il connaît bien. Je verse 30 ml de vinaigre de cidre dans un petit verre d'eau que je bois en préparant mes fruits. Toujours dans le même bol, parce que j'aime sa gaieté, orange avec des pois blancs, je coupe en dés 1/2 banane, 1/4 de pomme, 15 raisins rouges, 5 fraises et j'ajoute des bleuets. Je complète avec 1/2 bagel et café au lait. Quel menu tu choisis ce matin? Grip! et Normand lui prépare sa potion magique durant que je lui verse un peu de vinaigre de cidre dans un verre, mais sans eau.

Après son déjeuner, il est allé dans le bureau joué sur l'ordi. Une heure plus tard, il a installé son jeu Sports sur la Wii. « Grip, vient jouer au bowling ». Je suis allée les rejoindre, et ensemble on s'amusait et riait surtout lorsqu'il changeait de jeu quand il perdait. C'est vers 14h00, que j'ai commencé à angoisser. Je pensais à Mève, ma petite-fille de 12 ans que je ne vois plus depuis octobre 2007. J'espérais qu'elle viendrait peut-être cette année. Sa carte était écrite au cas où...et déposée dans l'arbre de Noël comme à chaque année. À 15h50, nous attendions Jo devant la porte de mon fils et Th m'a dit « Mève va peut-être venir. » C'est comme s'il avait lu dans mes pensées ou avait-il ressenti quelque chose? À 16h00, Jo est sorti SEUL de chez lui, sourire aux lèvres et mains vides comme d'habitude. J'étais contente pour un et peinée pour l'autre.

Durant que les deux garçons jouaient, j'ai préparé une lasagne pour Jo et du saumon au four pour Th. Pour dessert, un délicieux pouding chômeur. Normand a allumé les bougies déposées un peu partout dans le salon et la salle à manger. L'ambiance était à la fête... Aussitôt, sortis de table, on a offert les cadeaux. Th a commencé. Il m'a apporté un beau sac, mais il voulait que je lise la carte avant de déballer le cadeau. Une enveloppe rouge contenait ma carte de voeux marqué « Grand-maman, c'est toi, la meilleure! » et à l'intérieur « Un voeu pour Noël, et aussi, un câlin et un gros bisou... Parce que moi, je t'aime beaucoup! Joyeux Noël XXX de Th. » C'était la première carte depuis trois ans, et la première qu'il choisissait seul. Cela m'a touchée. Puis, il m'a donné le câlin et le bisou, tout en spécifiant que "meilleure" ne voulait pas dire dans tout, parce qu'à la Wii, je ne suis pas très bonne... J'ai ouvert le beau sac et j'ai trouvé le plus beau nounours qui sert aussi de bouillotte. Comment tu vas l'appeler Grim? Je vais réfléchir... Il y avait une carte pour Normand et une paire de bas. Cet enfant, c'est un vrai coeur.

Normand avait remis deux cartes de voeux à Jo pour qu'il en choisisse une et m'écrive un petit mot... Il était si content de m'offrir sa carte, avec un beau chat, et dans laquelle il avait écrit: « Joyeux Noël Je te souhaite plein de plaisir. Je t'aime bien fort gros comme...........ça!   Jo XXX
Il m'a donné les trois bisous et je l'ai serré contre mon coeur. Que pense-t-il de tout cela. Il aimerait sûrement arrivé avec sa carte et un petit cadeau...

Th s'informait pour connaître son cadeau. C'est Merlin! Tu le savais au mois d'août que c'était ton cadeau de Noël. Oui, mais c'est Grip qui l'a payé. Tu devrais me donner un tout petit cadeau. J'ai donné deux sacs à Jo qu'il a vidé pour trouver 2 oursons identiques. Il avait l'air surpris, et je lui ai dit: « celui là, on va le donner à Th.»  Puis, ils avaient chacun, une enveloppe contenant la carte de voeux et un billet de 100$. qu'ils déposeront à la banque...

Jo m'a dit qu'il ne viendrait pas à notre "Vendredi Heureux" du 1er janvier, mais qu'il reviendrait le mois prochain seulement. Ses parent ne veulent pas changer la journée pour une autre dans le mois. Une autre petite gifle sans pouvoir répliquer.
On a reconduit Jo à 21h30 sans son nounours qui restera ici et après c'était Th qu'on laissait chez lui. Retour à la maison à 22h20.


Lettre à mon extraordinaire petite-fille

28 décembre 2009 et Nouvel An 2010
Bonne Année "Ma Puce",

Je pense que cette petite chatte te plairait. J'aimerais bien un jour, si tu le veux, te l'offrir. "Brioche" est mort, et tu as dû avoir tellement de peine... J'étais triste pour toi quand je l'ai appris...
Comme j'aimerais que tu sois avec nous aujourd'hui pour fêter notre Noël, trois jours plus tard, avec Jo et ton cousin Th.

Il manque une belle fleur dans mon bouquet et l'espace libre, laisse passer la peine. Où es-tu petite fille de mes rêves? Ta naissance fut un de mes plus grands bonheurs, ton absence est ma plus grande douleur. Tu me manques "Ma Puce". Je souffre de ne pouvoir te serrer contre mon coeur. T'écrire cette lettre, que je mettrai encore une fois dans ton coffre, me soulage.
En écrivant ces lignes, mes yeux sont baignés de larmes, pourtant aujourd'hui, c'est une journée de fête. Mève, je dois garder la flamme de l'espoir toujours en moi, ainsi je garderai la paix, la confiance et l'amour. C'est ce que je te souhaite pour la nouvelle année, toi qui n'a pas choisi de vivre notre séparation.

Ta grimimi t'aime et t'aimera toujours.
Je t'embrasse sur les deux joues
et te donne un beau bec chinois.

Ensemble, on fêtera Noël le 28 décembre!


Quand j'ai choisi, en novembre dernier, les trois cartes de Noël pour mes petits-enfants, ce sont les animaux qui m'ont attirée. Alors, ce soir, c'est à mon petit-fils Jo que j'écris la carte de Noël et du Nouvel An 2010. Aujourd'hui, à 16h00 j'rai le chercher, et on fêtera Noël trois jours plus tard...comme à chaque année.

Ce matin Thomas m'a appelée pour me dire qu'il aimerait manger de la soupe thaï aux crevettes pour souper. Il est arrivé hier, vers 16h30, accompagné par mon fils M.. qui repartait 5 minutes plus tard. C'est vers la Wii, qu'il s'est dirigé. Il a installé Super Smashbros. Brawl et j'ai entendu: « Grimimi, t'en viens-tu? ».
J'étais Zelda et Thomas était Mario. Il a gagné les 3 parties et on a changé pour la Wii Sports. Après deux parties de quilles, une de golf, une de tennis et enfin la dernière de baseball, je n'avais toujours pas gagné... Cet enfant est un génie de la Wii et moi sa Grimimi, je ne peux que rire avec lui de mes inaptitudes...

Nous avons souper et il a sorti son jeu de Monopoly pour une partie dont lui seul connaît les nouveaux règlements. Il a encore gagné le p'tit malin. Il s'est couché sans vouloir prendre sa douche, une débarbouillette dans la figure c'était assez. Il a lu quelques pages de son nouveau livre "La quête d'automne de Terie Garrison" et cinq minutes plus tard, il dormait comme un bébé... Je suis chanceuse d'être aimée par mes petits-enfants. Ils sont adorables, toujours de bonne humeur et prêts à s'amuser. Les 2 cousins fêteront Noël ensemble, avec leur grimimi.

Voici la lettre écrite pour mon petit-fils

28 décembre 2009 et Nouvel An 2010.

Bonne Année mon beau Jo..,
C'est notre troisième rendez-vous, du 28 décembre, pour fêter Noël ensemble et Th sera là pour la première fois. Je suis si heureuse d'avoir enfin pour les fêtes de Noël, les 2 cousins, deux de mes trois petits-enfants.
Comme le temps passe vite... surtout quand on est une Grimimi. On pense que l'on fera plein de choses quand on sera à la retraire. On veut faire des petits voyages, prendre du temps pour cultiver ses amitiés, recevoir ses petits-enfants, les trois ensemble, pour les entendre raconter ce qu'ils aiment, ce qui les fait rire et ce qu'ils souhaitent pour l'avenir...

Ce n'est pas le temps qui me manque pour faire les choses dont je rêvais, c'est plutôt parce que mes goûts ont changé. Maintenant, je préfère m'évader et voyager dans la lecture et l'écriture. Mais ce que j'aime le plus, c'est notre "Vendredi Heureux" que j'attends impatiemment et, de mois en mois, je te vois grandir et devenir un très très beau garçon.

L'avenir s'annonce intéressant et passionnant. Je me dis que j'ai vraiment beaucoup mais beaucoup de chance, même si des évènements tristes ont changé mon parcours. Mes extraordinaires petits-enfants me montrent le chemin du bonheur.
Merci Jo..! Je te serai éternellement reconnaissante pour nos "Vendredis Heureux". Ne l'oublie jamais.
Je te souhaite de continuer ton chemin et de toujours croire en toi...

Je t'embrasse sur les deux joues et te donne un beau bec chinois.
Ta grimimi qui t'aime gros comme xxxxxxx ça

P.S. J'aurais aimé offrir à Jo un petit chien comme on a fait pour Th cet été mais c'est impossible. Ses parents n'acceptent rien qui sort de ma maison et rien de leur maison ne peut entrer chez-moi. Il arrive toujours les mains vides... Il recevra 100$, qu'il déposera dans sa banque, et un ourson nommé Mackenzie qu'il devra laisser ici, même s'il ne peut jamais venir coucher. Cela est la partie de l'histoire qui me rend le plus triste. Il aimerait venir plus souvent, rester à coucher ou apporter ses cadeaux, ses chocolats ou autres chez lui, mais ce n'est pas permis...
Ce soir, il devra être chez lui à 21h30 comme les 13 autres visites de l'année. Si les parents de cet enfant réalisaient la blessure d'enfance qu'ils lui infligent, peut être qu'ils cesseraient d'agir de cette façon. Pour eux, ce n'est pas nécessaire que leurs deux enfants aient des contacts avec leur grand-maman car ils sont là pour répondre à leurs besoins. Par contre, les enfants voient leur grand-parent maternel et leur grand-père paternel, (mon ex), qui a promis à notre fils S. de luis laisser un bel héritage...

Demain, je publierai un autre billet. La lettre à "Ma Puce"

dimanche 27 décembre 2009

Grimimi et les deux cousins fêtent Noël

En novembre, j'ai acheté cette carte pour tous les souvenirs qu'elle représentait. Je savais que ce serait la plus belle carte de voeux pour mon petit-fils Th. Il arrive ce soir pour fêter Noël avec son cousin Jo...

Lors de l'audience, du 9 juillet 2007 pour des droits d'accès, l'Honorable Juge XYZ m'a accordé, après avoir entendu la cause pendant seulement trois heures, des droits d'accès, dont un le 28 décembre de 16h00 à 21h30 pour fêter Noël avec ma petite-fille Mève et mon petit-fils Jo.. qui ont maintenant 12 et 10 ans.  Depuis le 5 octobre 2007, ma petite-fille ne peut plus venir même si j'ai un jugement de la cour.

28 décembre et Nouvel An 2010
Bonne Année mon beau Th..,

C'est avec le sourire aux lèvres, les yeux pétillants comme des bulles de champagne, le nez en l'air comme si j'allais éternuer et le coeur rempli de bonheur, que je t'écris cette carte.

Pourquoi Grimimi, dirais-tu? Parce que j'ai devant moi ta carte... et on dirait que c'est Merlin ton p'tit Yorkshire. Tu t'en souviens Th? Le 12 août, tu es venu pour ma fête et tu es resté à coucher. Le lendemain, tu racontais que tu t'ennuyais de "Litchi" ton chat siamois et je t'ai parlé d'un petit chien non-allergène. Tout de suite, Grip t'a dit: « Je t'en offrirai un pour Noël si tes parents veulent ». Et vite sur l'ordi! On cherchait la p'tite bête rare pour Noël. Cette journée là, il n'y avait rien pour nous. Trop petit, trop fille, trop vieux ou trop cher. Tu étais déçu...

Puis quelques jours plus tard tu m'avais appelée. Tes parents ayant accepté à certaines conditions, tu étais devant ton ordi "haute vitesse" et moi devant le mien à "vitesse intermédiaire". Tout à coup, tu as dit: « Grimimi, j'en ai trouvé un, regarde 495$, il est beauuuuuuuu!». Moi, je n'étais pas encore rendu à cette image. Mais quand je l'ai vu, j'ai su, tout de suite, qu'il serait ton petit chien...

Tu l'as adopté le 17 août en sachant que ce serait ton cadeau de Noël offert par Grip. Tu hésitais entre trois noms. Coco, Hercule et Merlin. Tu voulais que je te dise le nom que je préférais. Je les aimais tous et je t'ai conseillé d'attendre de voir le petit chien avant de choisir. On est sorti de l'auto, l'éleveuse nous attendait, le chien était sous la table de pique-nique et dès que tu as vu sa binette, tu as dit: « c'est Merlin! ». Il est bien chanceux ce petit chien et toi aussi mon petit coquin. (Il y aura un nounours dans le gros sac + de $ pour déposer dans sa banque.)

Bonne Année 2010 Th.. Continue comme ça, je suis si fière de toi!
Je t'embrasse sur les deux joues et te donne un beau bec chinois.
Ta Grimimi qui t'aime gros comme xxxxxxxxxxxx ça

lundi 21 décembre 2009

Il n'y a pas que du bonheur dans l'temps des Fêtes!

Réalisée par SueL en décembre 2001

Veille de Noël 1981,

C'était notre premier Noël et nous avions réuni ses frères et belles-soeurs, ses parents et nos enfants. Sans argent, sans sapin, quelques présents emballés sans ruban, attendaient le dépouillement. Pour mes deux fils, 16 et 19 ans, c'était leur premier Noël sans leur maman. Pour ses deux filles de 4 et 8 ans, c'était leur premier Noël sans leur papa. Un gros bouleversement dans la vie de nos enfants.
Vers minuit, comme dans l'bon temps, on distribuerait les cadeaux mais que diraient nos enfants... Rien n'était plus comme avant.

C'est en revenant des magasins, que j'ai dit: « au bureau, il y a un sapin qui ne sert à rien ». On l'a défait, apporté à l'appartement, remonté et en le regardant, on était comme des enfants. On aurait un vrai Noël comme dans le temps et les cadeaux sous l'arbre semblaient plus gros. L'après-midi, seuls, on a préparé un p'tit buffet. La bière coulait tranquillement mais commençait à faire de l'effet. Deux bouteilles ça peut être rafraîchissants mais après six, c'est là que vraiment tout devenait plus stressant. Vers 19h00, mon amoureux est parti chercher ses enfants qu'il accompagnait à la messe. Je l'ai vu sortir et j'avais honte. Honte, qu'il se présente, dans cet état, devant ses deux petites filles.

Seule après son départ, j'avais le coeur serré. C'était mon premier Noël alcoolisé. Mais quand on s'appelle Sue, on doit rire et faire semblant même si ça demande un effort incroyable. J'ai monté la table et les premiers invités sont arrivés. C'était les parents de Normand, des personnes chaleureuses et aimables qui m'avaient très bien accueillie. Puis, ce fut au tour de ses frères et leurs conjointes et à la dernière sonnerie, je savais que j'accueillais mes deux grands garçons dans mon nouveau chez nous. L'amoureux était revenu avec ses filles contentes de voir leurs grands-parents pour faire les accolades et donner les bisous. Soudain, elles ont vu le sapin et tous les gros cadeaux déposés sous l'arbre. Elles avaient hâtes que leur grand-papa commence sa distribution.

C'était la récession et mon amoureux pour faire face à ses responsabilités avait suspendu son permis d'agent immobilier. Il était, maintenant, représentant pour une compagnie de produits industriels. On s'est installé autour de la table, on a mangé, ri, chanté et dansé. Vers 22h30, il était temps de distribuer les cadeaux car mes deux fils devaient quitter pour aller chez leur père. Encore aujourd'hui, je me revois quand ils les ont déballés. Ils n'étaient pas gros mais surtout ils étaient inutiles. Pour deux grands garçons, recevoir un t-shirt avec un nom de compagnie et un canif c'était pas très excitant. Ils sont partis et moi je suis restée... Tout le monde a reçu ses cadeaux et les petites se sont installées avec leurs poupées et leurs jeux. Elles étaient heureuses pour un premier Noël chez leur père. Je les ai couchées vers minuit, elles se sont collées, l'une près de l'autre, sûrement pour se rassurer.

Le lendemain, elles retournaient chez leur mère. Quand tout le monde a été parti, je n'avais plus à faire de sourires à personne, je me suis couchée, vidée, et les larmes ont commencé à m'inonder. Faire semblant que tout va bien demande un contrôle des émotions mais quand il n'y a plus de spectateurs, l'artiste devient ce qu'elle est. Une femme orgueilleuse, qui souffre d'insécurité et qui ne veut surtout pas que personne sache qu'elle s'est peut-être trompée. Il est resté à souper avec ses filles, sa femme et son ex famille. Quand il est revenu après quelques heures, j'étais encore couchée... Mon plus grand défaut est la rancune. Je boude, je m'enferme dans ma bulle et j'en sors quand je suis guérie. Ne me parlez pas c'est inutile si vous m'avez blessée. De cette journée mi-figue mi-raisin, je ressens encore la douleur dans ma gorge et dans mon coeur.

Puis un jour d'avril 86, pour les mêmes raisons, je suis partie. Ce jour-là, il a contacté les AA et est abstinent depuis ce temps. Il faut beaucoup de souffrances pour entreprendre cette démarche. Il faut aussi beaucoup de volonté, de discipline et d'amour de soi. Il faut vouloir vivre et surtout vouloir être heureux.

« Merci Normand! Je t'aime.»

*peinture étude d'après l'oeuvre de Pauline T. Paquin*

jeudi 17 décembre 2009

Mes cartes de Noël...


J'ai toujours aimé envoyer des cartes de voeux durant cette période de l'année. Quand j'étais agent immobilier, à chaque année, j'en postais à tous mes acheteurs et vendeurs ainsi qu'à quelques professionnels. C'était une activité bien planifiée.

Ce soir, j'ai sorti ma liste, mes cartes, mes timbres, mes collants avec mon adresse de retour et je me suis installée dans la salle à manger. Il était environ 20h00. J'ai mis le nouveau CD de Maxime Landry dans le lecteur, un bon feu de foyer réchauffait la pièce et un thé fumant, baptisé de miel, que je dégusterais à petites lampées tout en écrivant à quelques amies, m'attendait. J'ai examiné ma liste, choisi une carte, et j'ai commencé à lui écrire.

Décembre 2009 et Nouvel An.
Bonjour chère Louise,

Ce soir, je m'installe comme à chaque année pour écrire mes cartes de voeux et c'est avec toi que je commence. Tu connais tout le plaisir que j'éprouve en racontant des p'tites nouvelles de ma famille. C'est cette phrase que normalement j'écrivais. Mais ce soir, soudain, je me revois dans ton bureau, où je devais refaire mon testament, le 15 janvier dernier. J'ai honte, j'ai mal et je suis encore bouleversée.

Louise, je sais que tu as compris... même si ce n'est pas compréhensible. Prendre de ton temps important, et raconter à ma notaire préférée, qui est devenue pour plus d'une heure, ma psychologue et ma confidente, j'ai dû faire un transfert. Je ne sais pas mais j'ai pleuré comme dans le bureau de ma psy... Qu'est-ce qui m'a pris... et depuis, pourquoi je n'ai pas rappelé pour régler mon dossier.

Je rêve Louise, je pense toujours que je vais me réveiller et que tout ça n'aura pas existé. C'est sûrement pour cette raison que je n'arrive pas à déshériter mes deux garçons. Par moment, je réussis à voir du positif dans tout cela. Oui, il m'arrive de penser que cette détresse m'a permis de devenir une nouvelle personne plus authentique. On dit que les épreuves font grandir... sûrement, mais elles font aussi souffrir durement. Je sais qu'un jour, je m'en sortirai la tête haute. je ne sais pas quand ni comment, mais je le sais. Une chance pour toi que je n'ai pas pris rendez-vous une autre fois... Quand penses-tu chère Louise?

Cette carte était destinée aux nouvelles, les bonnes nouvelles... C'est le bonheur avec mes deux petits-fils qui sont vraiment adorables. Le 28, nous fêterons Noël ensemble. Jo vient tous les premiers vendredis de chaque mois (jugement) et Th depuis nos retrouvailles du 1er janvier dernier, m'appelle régulièrement, vient souvent souper, coucher et il m'a même initiée à la Wii. Ne ris pas trop... Nous sommes toujours présents lorsqu'il joue au hockey ou au soccer.

Louise ne soit pas triste pour moi. Mais ce soir, embrasse tendrement, dès que tu le verras, ton bel amoureux et gentil mari. Ne perds plus une minute à remettre à plus tard car le temps passe vite... J'étais heureuse de t'entendre parler de tes grands garçons. Tes yeux de maman brillaient de fierté en parlant de tes deux beaux adolescents, étudiants sérieux, sportifs, enfants intelligents et chaleureux.
Chéris ton bonheur mon amie.

Je te souhaite, ainsi qu'à ta famille, une année remplie de petits bonheurs quotidiens. Ton amie Sue XXxx

Je t'envoie des baisers et toute mon amitié !

mercredi 16 décembre 2009

Les sourires poussent les larmes...


Cet arbre, un beau pin de 7 pieds d'hauteur, nous l'avons acheté en 1993 pour notre nouvelle maison. Le plafond du salon-salle à manger avait 18 pieds d'hauteur, il nous fallait donc trouver un arbre imposant. Dès que nous l'avons vu, nous l'avons tout de suite choisi pour sa beauté et son ampleur. On ne parlait pas beaucoup d'écologie et de recyclage à cette époque.

Après avoir porté pendant cinq ans, des décorations dorés, c'est en 1998, l'année des oursons qu'on retrouvaient sous toutes les formes, que je lui ai fait une nouvelle présentation. Depuis trois ans, nous habitons dans un condo où l'espace est beaucoup moins généreux. Nous avons dû modifier ce majestueux pin en lui enlevant la dernière rangée du bas pour amincir sa circonférence.

C'est mardi dernier que nous avons commencé à décorer. Première opération, c'est l'installation, sur la terrasse, de la guirlande avec ses lumières et ses boucles. Ensuite, on passe à l'intérieur où c'est beaucoup plus confortable. On commence par monter l'arbre puis on installe les 1200 petites lumières blanche, on accroche aux branches la ménagerie de petites peluches et enfin on enguirlande le pin de 300 pieds de lacets de petites perles blanches. Il est maintenant temps de brancher le cordon électrique dans la prise et lorsqu'il s'illumine, on est, comme à chaque année, ravis du résultat. Même Mademoiselle Alice n'en revenait pas. Elle mordillait le fil électrique, passait sous l'arbre et courait partout. Une autre journée bien remplie, on continuera demain.

Il faut décorer la tablette de la cheminée, installer la peinture du Père Noël et accrocher les décorations un peu partout dans la maison. Demain, nous achèterons les poinsettias et tout sera prêt pour recevoir quelques grands-parents qui n'auront pas le bonheur d'être entourés de leurs petits-enfants pour le Réveillon de Noël. Ensemble, nous fêterons dans la joie et la gratitude, le plaisir d'être réunis pour partager. Ce sera magique! L'arbre illuminé, les sacs décorés de papier de soie sembleront être remplis de beaux cadeaux même si ce sont des faux. Mais il y aura deux gros sacs pour mes deux adorables petits-fils de 10 et 9 ans qui viendront fêter Noël avec leur Grimimi. Th. arrivera le 27 au soir, mais Jo. ne sera là que pour la journée du 28 de 16h00 à 21h30. C'est sûrement sur la Wii qu'on va s'esclaffer.

Ce sera magique et féérique pour les grands-parents qui souhaitent une seule chose pour ce Réveillon... 


Que leurs sourires poussent leurs larmes
pour cette soirée d'amitié

Grip et Grimimi recoivent pour le Réveillon: Grand-maman Gigi et Grand-papa A..., Grand-maman Fanie et Grand-papa C... et Mamie Yoyo

mardi 15 décembre 2009

Encore une fois... Père Noël

 Réalisée par SueL le 24 décembre 1997

Elle a été entreposée, environ 340 jours, dans une boîte rangée dans une garde-robes. C'est fou comme je peux rire en sortant cette peinture. Elle me rappelle tant de beaux souvenirs... et aussi toute l'énergie que j'avais à cette époque. Je venais de terminer ma première session d'un cours de peinture à l'acrylique, un médium qui sèche très rapidement. Cette première toile je l'avait faite en l'honneur de ma petite-fille née en juillet 1997. C'était une carte de la peintre Pauline T. Paquin qui représentait trois jeunes enfants s'en allant à la pêche par une belle journée d'été. En voyant cette carte, j'avais eu un vrai coup de coeur et je l'avais peinte avec beaucoup d'anxiété et de bonheur. Accrochée au mur de la dînette, je la regardais et j'en étais fière, non pas parce que c'était un chef d'oeuvre mais, parce qu'il y avait dans cette peinture tellement d'amour et d'espoir, moi, la perfectionniste, qui avait tant hésité avant de m'inscrire à ce cours.

J'avais acheté, la même journée et de la même peintre, une deuxième carte, pour la reproduire plus tard... Mais ce soir là, le 24 décembre 1997, il n'y avait pas de Réveillon de Noël chez nous mais il y avait le souper de Noël, le lendemain. Toute la soirée, j'avais préparé la maison et installé les dernières décorations. Mais dans ma tête, une idée trottait. C'est vers 22h00, que j'ai dit à mon amoureux quel était mon objectif pour ce soir... Je suis montée en haut et bien installée dans mon bureau avec des airs de Noël qui jouaient à la radio, j'ai enfin sorti mes pinceaux. Quand Normand est allé se coucher, vers 01h00, il m'a demandé si j'en avais encore pour longtemps... Environ 2 heures lui avais-je répondu. C'était sans savoir que je m'accrocherais dans les fleurs du tapis, comme on dit. Et, c'est patiemment que je traçais, que je corrigeais et que j'appliquais les couleurs. Tout semblait réussi mais la neige... je n'avais jamais fait ça. Après avoir lavé mes pinceaux, j'ai descendu le tableau en bas et je l'ai installé sur une chaise pour que Normand fixe l'encadrement. C'est à 5h20 que je me couchais. Quand je me suis levée, la peinture était dans son cadre doré (changé en 2008) et le Père Noël était près à être accroché.

C'était mon premier Noël de grand-maman au coeur d'enfant et je voulais que mon adorable petite-fille de six mois soit la bienvenue dans ce merveilleux monde de l'enfance.

Il n'y a pas de prix pour cette toile
mais il y a beaucoup de bonheur!
*peinture étude d'après l'oeuvre de Pauline T. Paquin*

samedi 12 décembre 2009

Le Processus du Phénix


À vous toutes qui m'avez laissé un commentaire, un jour ou l'autre, depuis la mi-septembre, je vous dis un gros MERCI! C'est vraiment du bonbon, enrobé de miel et de chocolat, que tous ces commentaires laissés, avec tendresse et générosité, à une pure inconnue. Ça me touche, en même temps je souffre. Peut-être que j'analyse trop. Peut-être est-ce pour cette raison que mes enfants ont agi de cette façon.

Mon expérience personnelle de grand-maman, empêchée de voir mes petits-enfants par mes propres enfants ou leur conjointe, m'a fait croire que le temps n'avait rien arrangé ou si peu. J'ai reçu des commentaires variés et de bons arguments sur "Le temps arrange les choses" ou d'autres sur "Le temps n'arrange rien". Il y avait aussi des mots qui ouvraient la porte à l'espoir, c'est sur ce mot que j'ai accroché et réfléchi. Parce que sans espoir il n'y aurait plus de futur.

Phénix: oiseau mythique au plumage d'or dont l'histoire a été racontée à travers les âges. Les Égyptiens appelaient cet oiseau le Phénix et ils croyaient qu'à tous les cinq cents ans, l'oiseau renouvelait sa quête pour trouver son soi véritable. Sachant qu'une nouvelle vie ne pouvait être trouvée qu'à travers la mort de ses vieilles habitudes, de ses défenses et de ses croyances, le Phénix a construit un nid avec de la cannelle et de la myrrhe, il y a mis le feu pour le transformer en bûcher et il s'est brûlé jusqu'à tomber en cendres. Ensuite, un être nouveau a émergé des cendres, fusion de ce qu'il avait été auparavant et de ce qu'il était devenu: un nouvel oiseau, mais encore plus proche de lui-même, un oiseau transformé.

Lorsque nous descendons jusqu'aux tréfonds d'une perte et que nous demeurons patiemment dans l'obscurité avec un coeur ouvert, nous pouvons revenir en portant avec nous la douceur de la vie. Quand nous n'avons plus rien à perdre, nous trouvons le vrai soi. Le soi qui n'a plus besoin des autres pour le définir ou le compléter et qui ne cherche plus que des compagnons pour le voyage.
C'est ainsi qu'on accède à une vie pleine de sens et d'espoir, une vie où l'on accède au bonheur réel et à la paix intérieure.

Parfois, on prend conscience que ce qui doit brûler et périr, c'est la PEUR. La peur de notre propre pouvoir, la peur du changement, la peur de la perte, la peur des autres. On peut aussi exprimer autre chose: l'absence de sensation, un cynisme invalidant, l'expérience de la honte ou de la colère.

Pour plusieurs femmes, le Processus du Phénix, commence lorsqu'elles s'avouent à elles-mêmes qu'elles sont lasses de faire des choses dans le but de plaire aux autres. Maintenant, que j'ai les outils nécessaires, feront- ils de moi une personne capable de relever tous ces défis? J'essayerai sérieusement, je sais qu'il y aura des rechutes mais je me relèverai. Je ferai trois pas en avant et peut-être deux en arrière. C'est quand même un pas dans la bonne direction.
C'est avec vos mots
que j'apprendrai à rebondir
malgré une certaine fragilité

lundi 7 décembre 2009

Le temps n'arrange rien...

Dans ma requête par laquelle je demandais des droits d'accès à mes 2 petits-enfants, Mève 10 ans et Jo 8 ans, l'Honorable Monsieur le Juge, lors du prononcé du jugement, rendu séance tenante, a justifié son jugement en ajoutant cette maudite phrase.
« Le temps arrange les choses... » Que pensait-il? Que je n'avais rien fait depuis octobre 2005. J'ai souvent parlé à mon fils S.. et même lui ne pouvait réussir à convaincre sa femme et il voulait la paix...
Trois jours avant l'audience à la Cour, j'ai appelé ma belle-fille. D'un calme olympien, moi qui était toujours trop émotive, j'ai pris le combiné, composé le numéro et quand mon fils a répondu Allo!, j'ai demandé à parler à I.. J'ai été polie, mielleuse et j'étais prête à lui lécher les pieds si elle me l'avait demandé.
Mais 20 minutes plus tard, je racrochais. Le temps n'a rien arrangé... au contraire.

Dans deux billets datés du 7 et du 31 octobre dernier, je vous parlais de "Mamie YoYo" et "Petit Coeur", de "Grand-Maman Fanie et "Petit bébé d'amour" et de "Mamie Gigi, Papi A.., et "Petite Princesse".
Aujourd'hui, j'ai dîné et passé quelques heures avec "Mamie Yoyo". Dimanche, sa petite-fille de 28 ans, soeur de "Petit Coeur" est venue souper avec sa Mamie.  L.. aurait bien aimé amener sa petite soeur que Mamie Yoyo n'a pas vu depuis plus de 3 ans. Mais leur mère ne veut pas. Même si elle ne vit plus chez sa mère, celle-ci n'accepte pas qu'elle ait des contacts avec sa grand-maman. Elle lui faisait des crises à tel point que depuis trois mois, L... ne fréquente plus sa mère... Le temps n'arrange rien...

Samedi passé, nous étions invités avec grand-maman Fanie et grand-papa C..., chez "Mamie Gigi" et "Papi A.." qui vivaient la semaine la plus difficile de leur existence. Après 18 mois, sans avoir vu leur "Petite Princesse", le 30 novembre, commençait l'audience. Ils ont passé trois jours au tribunal, à témoigner, à entendre les témoignages de leur fille unique, de leur gendre depuis juin, et des autres témoins, à écouter les plaidoiries des deux avocats. Le mercredi 2 décembre 2009, ils ont reçu le jugement, séance tenante, de Madame la Juge... Lors du témoignage de leur fille, celle-ci avait déclaré qu'elle quittait le Québec pour la Floride le vendredi 4 décembre.

Madame la Juge, dans un moment de "grande empathie" et de "générosité", a accordé aux grands-parents, pour le lendemain, un droit d'accès de 30 minutes. Oui, oui, vous avez bien lu, 30 minutes dans un centre supervisé, comme s'ils étaient des grands-parents abuseurs de petite-fille.

Ils sont arrivés devant ce centre miteux, avec la peur au ventre, ne sachant pas comment réagirait leur "Petite Princesse" qu'ils n'avaient pas vue, depuis plus d'un an, alors qu'elle n'avait pas encore 4 ans. Fin novembre, elle a fêté ses 5 ans et les grands-parents, pour souligner l'évènement, ne sachant plus ce qu'elle aimait, lui ont apporté Barbie Princesse.Comme ça elles pourraient jouer à déshabiller et à habiller la poupée au cas où...

En la voyant arriver, seule et intimidée, Mamie Gigi lui a dit: É.., comme tu es belle et tes cheveux sont longs. Elle lui a tendu les bras et "Petite Princesse" s'est lovée dans sa grand-maman. Papi A.. prenait des photos mais il a eu son tour. Quand elle s'est calée dans les bras de son grand-papa, il la tenait si précieusement qu'on dirait qu'il tient un petit chat.

J'aurais voulu mettre les photos de ce trio d'amour mais je dois protéger "Petite Princesse".
« Le temps n'arrange rien.
C'est la volonté des gens de vouloir arranger les choses
qui fait que les choses s'arrangent.»
Papi Al...

vendredi 4 décembre 2009

Notre dernier "Vendredi Heureux" en 2009


 Les 2 cousins. Jo et Th en visite chez grimimi en 2002


Ce soir, c'était notre dernier "Vendredi Heureux" de l'année 2009, notre 26ème sur 29 depuis le jugement rendu le 9 juillet 2007. Cela fait 143 heures à raison de 5 heures 30 minutes par visite. Tous ces calculs représentent 6 jours moins 1 heure de contact avec mon petit-fils de 10 ans. Je dois ajouter à ces heures, 33 heures réparties en 2 blocs. Trois visites pour mes anniversaires et 3 autres pour Noël qu'on fête tous les ans le 28, et j'ai déjà inclus la visite du 28 décembre 2009. Grand total: 7 jours et 8 heures pour 29 mois ou 1 semaine complète.

Je ne veux surtout pas être triste aujourd'hui. Ce fut tellement une belle journée et je dois regarder les heures passées ensemble plutôt que celles qu'on manque. Alors, je reviens à ce très beau et joyeux "Vendredi Heureux". Il est minuit et je continue. Premièrement, jeudi vers 17h30, Th. m'a appelée. « Grimimi, demain Jo va être là et moi aussi je veux y aller » Est-ce que je vais te chercher à l'école comme d'habitude? « Oui » À 15h05 on était là. J'attendais qu'il sorte, j'avais déjà présenté mon autorisation signée et je surveillais la porte quand je l'ai vu arrivé, des étincelles dans ses beaux yeux bleus et ce sourire craquant. C'est le bonheur que je voyais. On s'est frotté le nez ensemble, c'est notre bec chinois, puis on est allé rejoindre Grip qui attendait dans l'auto.

15h45. Nous sommes stationnés devant la porte de mon fils S. et de sa conjointe I.. Les 2 autos sont là. Th. a hâte d'arriver à la maison, il a faim. Mais c'est à 16h00 seulement que Jo ouvre la porte comme à chaque vendredi heureux. Je débarque pour l'accueillir, ça fait quatre semaines qu'on ne s'est pas vu. Il me sourit et embarque dans l'auto. Je ne peux pas lui donner un bec chinois devant chez lui, on est sous surveillance. Mais, dès qu'on sera dans notre intimité, on se frottera le bout du nez comme on le fait depuis plusieurs années. C'est un beau garçon de 10 ans 1/2, rieur, les yeux moqueurs, et heureux d'être là pour ce beau vendredi avec son cousin.

Ils grandissent si vite... Parfois, j'aimerais arrêter le temps, car un jour... il posera des questions et sa soeur encore plus, elle que je ne peux plus voir depuis plus de deux ans. Les blessures d'enfance, guériront-elles un jour? Pas les coups, pas le ventre creux, pas les bas troués, non, rien de cela. Une maison avec un beau jardin, de la verdure, des arbres matures, un intérieur coquet, une chambre privée, les dernières nouveautés, la télé HD. Mais ces deux enfants qui venaient chez leur grand-maman, qui aimaient manger, rester à coucher, aller au cinoche ou tout simplement passer quelques temps comme le font tous les enfants... Que diront-ils?

Je peux difficilement comprendre comment des parents peuvent empêcher leur garçon de rapporter quoique ce soit de chez-moi et l'inverse. Son cousin part content en apportant ses chocolats de Pâques, mais lui doit les laisser ici. « Tout ce qui est ici reste ici et tout ce qui est chez vous reste chez vous.» C'est cette phrase que mon fils m'avait dite juste avant la 2ième visite. Il m'avait d'abord remis les petits cadeaux que j'avais offerts aux enfants lors de nos retrouvailles (août 2007), pour souligner leur fête et quelques occasions déjà passées. Depuis, je n'offre plus de cadeaux, mais de l'argent qu'il dépose dans sa banque. Pour "Ma Puce", les cadeaux, cartes, argent et autres sont dans un coffre pour plus tard... Il m'arrive de sortir le coffre, de l'ouvrir, de prendre dans mes mains chaque cadeau emballé, de déchirer l'enveloppe pour retirer la carte, la lire, la regarder, parfois pleurer et tout ranger jusqu'à la prochaine fois.
Les grands-parents se retrouveront-ils seuls avec des peluches pour remplacer leurs petits-enfants?

Le bonheur d'être grand-parent ne s'explique pas, ne se décrit pas,
il se ressent tout simplement...

mardi 1 décembre 2009

La ménagerie de peluches...


Roudoudou et "Ma Puce" 30-12-2004

Tout avait recommencé, en décembre 2000, dans cette maison nouvellement construite. Il leur avait fallu, durant ces quatre derniers mois, mettre souvent de l'eau dans leur vin. Mais la décision d'entreprendre, à leur âge, la construction d'une maison avait-elle été raisonnable? Car, ils savaient qu'ils rencontreraient leur lot de petites difficultés. Cela avait pris beaucoup de détermination, de patience, de courage et surtout d'amour pour enfin voir les résultats. Les derniers jours avaient été très éprouvants mais l'emménagement était prévu pour le 22 décembre. Enfin, c'était presque la fin! Après avoir perdu 15 livres chacun, ils étaient si fiers d'avoir réussi ce projet commun.

Vers midi le 22, le camion était arrivé avec leurs meubles récupérés dans la maison qu'ils louaient, le temps de la construction, et dans le garage d'un ami. À 23h00, le même jour, la nouvelle maison était méconnaissable. Vers cette heure-là, l'amoureux épuisé, était allé se coucher et les avait laissées se raconter leurs confidences tout en vidant, une par une, les boîtes empilées. Une musique douce accompagnait les deux soeurs qui, en duo, avait fait des miracles. La cadette, Marcelle, arrivée la veille, passait chez sa soeur ses trois semaines de vacances des Fêtes, depuis qu'elle s'était installlée dans un petit patelin tranquille jusqu'à sa retraite, dans trois ans. Il en avait fallu de la discipline et des nerfs d'acier. Toutes les deux travaillaient de la même façon sans se marcher sur les pieds, elles étaient habituées d'être souvent ensemble. Le 24 au soir, tout était prêt pour fêter, dans cette conviviale maison, le Réveillon de Noël car c'était la tradition. Le gros sapin était resté dans sa boîte, mais, un petit sapin enguirlandé et illuminé, dans lequel brillaient quelques ornements, était déposé sur la petite table en coin. Tous les cadeaux avaient été emballés, la veille, dans des papiers multicolores garnis de beaux rubans brillants et de grosses boucles. Ceux des enfants étaient cachés dans de gros sacs colorés comme, à chaque année, depuis qu'ils étaient nés. Rien n'avait changé pour cet important Réveillon qu'elle aimait tant, surtout, depuis qu'elle était grand-maman. Le feu crépitait dans la cheminée et des bougies allumées, installées un peu partout, rendaient cette pièce encore plus chaleureuse. Cette belle maison, sans personnalité quelques jours plus tôt, venait de trouver son âme. C'était magique!

Cette année là, ils n'y avait pas eu de souper comme les années passées. Vers 20h30, les invités étaient arrivés les bras chargés de cadeaux. Les lumières étaient allumées, l'arbre illumimé, le feu lançait des flammes orangés et les enfants qui regardaient, avaient les yeux étincelant de bonheur. Les plateaux, de petites entrées, circulaient autour de la table du salon. Les petites mains trop menues, pour se servir, leurs parents se chargeaient de choisir ce qu'ils aimaient... sauf au p'tit dernier, encore bébé. C'était maintenent le temps de donner, aux enfants, les gros sacs remplis de cadeaux et de papier de soie. C'était drôle de les voir vider leurs sacs. Ils entraient à l'intérieur pour aller chercher un cadeau, sortaient le montrer à leurs parents, entraient encore jusqu'à ce que les deux sacs soient vides. Nous regardions cette scène en riant, appareil photo en mains, pour immortaliser ces tendres souvenirs. Ils avaient 3 ans 1/2 et 1 an 1/2, et le petit dernier qui avait à peine sept mois tenait, solidement, dans ses bras son ourson reçu en cadeau, mais c'est surtout le feu qu'il admirait. Et c'est comme ça, qu'à toutes les années, se passaient le Réveillon de Noël chez ces gens-là.

Sa soeur, qui la connaissait très bien, savait que depuis quelques années elle collectionnait les oursons en peluche, et c'est pour cette raison, qu'elle lui avait offert un beau jeté décoré d'oursons et un livre-cadeau d'Helen Exley "Le petit livre des Nounours". Chaises, rebord de fenêtre, lits, haut d'une armoire, il y en avait toujours un nouveau à chaque visite qu'elle lui rendait. C'était une ménagerie de peluches... elle disait qu'ils représentaient l'amitié. Elle aimait aussi en offrir mais les choisir était son plaisir. Ses petits-enfants adoraient leur grand-maman "Nounours" et aimaient venir chez elle. Un jour, quand elle avait voulu offrir des nounours à ses deux premiers petits-enfants, leur mère avait répondu : « Ils en ont déjà, c'est pas des nounours mais ça fait pareil ». Elle avait eu, un peu, le coeur brisé et se rappelait qu'enfant, elle n'avait jamais eu de nounours à aimer...

Et c'est ainsi que se termine ce conte véritable qui restera dans ma tête pour l'éternité. Maintenant j'aimerais vous présenter ma ménagerie de peluches. Neuf lapins, un serpent, deux chats et vingt-neuf "Nounours" ayant tous un nom. Mon préféré c'est Normand... et les autres sont presque tous sur le même pied d'égalité. Oscar, Margot, Thombury, Marmie, Colby, Whitley, Timothy, Fanny, Tysa, Cathy, Marcy, Ray, Fleur, Léo, Mandy, Le Gros, Juliette, Angie, Parka, Coco, Mogul, Angel, Délima, Carmelle de Bearvoire, Andrew Huntington, et B.K. et +. Parce qu'il en reste encore trois qui représentent chacun, un de mes 3 extraordinaires petits-enfants. Briva c'est Mève, Kyle c'est Jo et Mitchell c'est Th. Mes petits-enfants ont tant aimé ces peluches et ces visites chez leur grand-maman. J'espère qu'un jour nous serons à nouveau réunis...

L'ours en peluche...
Petite chose douce spécialement
conçue pour jouer un rôle essentiel
dans un monde si peu enclin aux câlins.
Jeanne Wylie Torosian

dimanche 29 novembre 2009

Neuf dans un 4 pièces...


Photo Anne Geddes

C'était vraiment une journée d'été exceptionnelle. Tout le monde attendait cette nouvelle qui tardait, les enfants couraient, criaient et s'amusaient, rien ne changeaient leurs habitudes. Alors, les voisins avaient lentement, parce que c'était un jeudi d'été très chaud, commencé à préparer leur repas. Tout semblait déjà plus calme et doucement, le soleil s'étiolait. Les voisins avaient fini de souper et tiraient leurs chaises pour sortir de table. Enfin, ils pourraient descendre en bas, s'asseoir sur le perron ou sur le trottoir pour prendre un peu d'air frais bien mérité en cette journée du 12 août 1943. Seule la mère Déom resterait à regarder dehors sur le bord de sa fenêtre du deuxième étage, appuyée sur un coussin. Elle n'aimait pas descendre en bas.

Dans ce quartier de Montréal qu'on appelait "Le faubourg à m'lasse", tout le monde connaissait bien ses voisins. Armance attendait son troisième enfant et suait dans la chambre, sans fenêtre, adjacente au salon. Les fenêtres et portes étaient ouvertes mais l'air était trop lourd pour la rafraîchir. Alice, sa belle-soeur, une vieille fille comme on disait à l'époque, habitait avec la famille. Alice l'aimait Armance et l'avait toujours aidée. Lors des deux accouchements précédents elle avait été là, assistant le Dr. Leroux, et elle y était encore. Mais, en ce mois d'août, Alice qui avait toujours chaud même en hiver, transpirait à grosses gouttes et continuait d'essuyer le visage de sa belle-soeur avec une serviette humide, tout en l'encourageant. Elles avaient hâte, toutes les deux, de voir cette nouvelle frimousse...

Après deux garçons, Georges qui avait presque cinq ans et Claude deux ans, quand il avait appris qu'il serait papa une troisième fois, Rosaire avait espéré, que cette fois-ci ce serait une petite fille. Et ce jour-là, dans l'autobus qui le ramenait chez lui, il y repensait. C'est vers 18h20 que son bonheur se réalisa. Il avait déjà choisi son nom, elle s'appellerait Suzanne.

Je suis arrivée dans ce lit entourée de maman et tante Alice. L'une fatiguée, l'autre dévouée. On m'a raconté plus tard comment mon papa avait réagi quand sa soeur Alice lui avait crié : « Rosaire c'est une fille. »
Il était si heureux de voir sa petite fille qu'il s'était assis au piano et avait joué pour moi, mon premier morceau de piano. Mais... pour maman jamais personne n'a parlé de son état d'esprit à ma naissance.

Dans cette maison où je suis née, nous habitions le rez-de-chaussée, avec cuisine d'été qu'on utilisait comme rangement, et une cave en terre de 6 pieds d'hauteur où, plus tard, nous jouerons souvent, mes amies et moi, surtout qu'on pouvait traverser chez les voisins d'à côté par d'immenses trous dans la fondation. À mon arrivée, il y avait déjà dans cette maison mon grand-père maternel qui était malade (il est mort j'avais 4 ans), ma tante Alice la soeur de mon père, ma tante Victoria une cousine de ma mère qui était aveugle, mes parents et mes deux frères aînés...et six ans plus tard une petite soeur Marcelle et une autre petite soeur Denise 18 mois après. C'était toute une famille!

Je ne me souviens plus de ma tendre enfance. Mes premiers souvenirs remontent à mon grand-père qui est assis près du poêle, l'hiver, pour réchauffer ses mains et le jour de sa mort, je chante dans sa chambre assise dans ma chaise bercante. Mon frère Claude m'a dit que des tantes et des oncles qui venaient voir mon grand-père disaient à maman de me faire taire. Mais à 4 ans, on ne sait pas qu'on doit arrêter de chanter quand quelqu'un meurt.

Mais les plus beaux souvenirs restent ces moments magiques, inoubliables, ces instants d'émerveillement, de douceur, de bien-être, cette sensation qui me soulevait et me faisait tant rêver. Le piano! Le piano sur lequel mon père et sa soeur jouaient sans feuilles de musique, par oreille. Parfois, je m'assoyais et je faisais semblant de jouer car ce piano était aussi mécanique. Papa mettait un rouleau et je pédalais tout en faisant ma grande pianiste. Il y avait Tico Tico, Frou Frou, Le rêve passe et plusieurs autres.

Et papa qui avait quatre soeurs aînées avait appris de l'une d'elles la couture. Jusqu'à l'âge de huit ans, il confectionnait mes robes du dimanche. Il avait du talent et beaucoup de goût. Pour Pâques, on partait ensemble, il m'amenait chez la modiste me choisir un chapeau sur mesure. Je me rappelle d'un chapeau en particulier que papa m'avait acheté quand j'avais sept ans. Il était en paille, couleur doré avec un ruban de velours noir qui tombait dans mon dos. Ça devait être un péché que de se sentir aussi belle quand le monde me regardait à l'église. Ce papa c'était ma boussole.

C'est l'année de mes onze ans que tout a basculé. Papa a perdu son emploi, il a acheté un restaurant et deux ans plus tard on s'installait en arrière de ce petit resto. C'était un endroit beaucoup trop petit pour 9 personnes et un piano. Tante Alice a du partir et papa a vendu le piano. Je ne sais pas ce qui m'a fait le plus de peine. Pour moi, déménager sans le piano c'était impossible. Qu'est-ce que je ferai sans la musique que papa jouait pour moi. Mais toutes mes doléances n'ont servi à rien. Il ne rentrait pas dans notre nouveau chez nous.

Malheureusement, je n'ai pas le talent de papa et de tante Alice. Un jour, pas si lointain, je m'inscrirai à des cours privés. J'espère seulement que je serai meilleure sur un piano que sur un dactylo...

 « La musique... C'est un cadeau de la vie.
Ça existe pour consoler. Pour récompenser.
Ça aide à vivre.»
Michel Tremblay 
(écrivain, dramaturge et scénariste québécois)


jeudi 26 novembre 2009

Une p'tite phrase m'a fait pleurer...


Pourquoi, tu es triste Grimimi?

Mardi matin, c'est la sonnerie du téléphone qui m'a réveillée. À la quatrième sonnerie, j'ai décroché le combiné, juste à temps, et j'ai répondu "Allo". Je me doutais qui appelait. Vendredi passé j'avais reçu un appel à la même heure. Au bout du fil, c'est Th, mon petit-fils de 9 ans qui me dit : « Allo Grimimi » d'une petite voix faible qui sent la maladie. Mais cette fois, je ne lui demande pas comme je l'ai fait vendredi, Th, quelle heure est-il? et lui me répond « Grimimi, tu m'as dis que je pouvais t'appeler à n'importe quelle heure si j'avais besoin de toi. Je suis malade, je n'irai pas à l'école et maman veut que j'aille me faire garder chez Loulou (la voisine) et moi, je veux aller chez toi ». J'avais répondu : Viens t'en. J't'attends mon coeur! Il m'avait passé sa mère qui voulait savoir si ça me dérangeait. Pourtant, j'ai dit à mon fils M... que c'est un plaisir quand Th vient et s'il reste à coucher c'est le Bonheur.

Alors, hier matin, en entendant sa petite voix frêle, je lui ai dit : « Ça ne va pas Th.  Tu veux venir chez Grimimi? Viens vite!» Son père m'a dit qu'il faisait un otite et une bronchite. À 8h00, ils arrivaient. Le lit était déjà fait... ce qui est rare à cette heure car je suis presque toujours dedans. Mais quand il y a une fête, une sortie, une urgence, je me lève et vite je fais mon lit.
Il est arrivé en pyjama avec son sac noir contenant ses vêtements, ses cartes de hockey, son PSP, le numéro 2 des aventures d'Amos Daragon "la clé de braha". Il avait déjà déjeuner parce qu'il devait prendre son antibiotique, ce qui est tout un exercice, même si maintenant il le prend en comprimé. Son père m'a expliqué comment c'était passé la prise du médicament, tôt ce matin-là, et il ne semblait pas avoir trouvé ça comique.
« C'est pas vrai Th, t'as pas fait ça.»  "Ouiiiii".

On préparait le déjeuner quand il est arrivé et il connaît très bien notre routine. Lecture du journal "La Presse", mots croisés et sudoku. Il est venu me rejoindre pour faire le mots croisés "Junior". Quand il est là, je ne lis pas le journal sauf s'il y a des articles intéressants pour lui. Il a joué avec son PSP, montré ses cartes de hockey à Normand et on a fait un peu de lecture. Vers midi, il voulait une soupe Thaï aux crevettes. Normand est allé dans un petit resto lui acheter celle qu'il préfère. Tous les trois, on a mangé, avec appétit, cette délicieuse soupe santé et réconfortante.

Tout l'après-midi, on a joué au bowling sur la Wii. Il riait de mes scores... je n'avais pas joué depuis plus de 40 ans et en plus sur la Wii que je connais à peine. Mais, lentement, je m'améliorais et j'ai même eu droit à un "Grimimi t'es bonne" quand j'ai fait 217. Là, il a changé de jeu. Toujours au bowling mais on devait, à chaque fois, en jeter plus par terre. Mais, à la première partie, je l'ai encore battu. Puis, plus je jouais, plus je baissais ma moyenne. C'est Normand qui est venu me remplacer. Un peu de bowling, de baseball et c'était assez pour la Wii. On devait aller marcher sur le bord du lac mais il a changé d'idée. Son père a appelé pour lui dire qu'il viendrait le chercher vers 17h00. Comme il voulait rester jusqu'à 19h00, il m'a demandé de parler à son père. M... m'a expliqué que Th avait des leçons à étudier après trois jours d'absence. Je lui ai offert de ramener Th chez lui parce qu'on devait sortir.

En sortant du condo, j'ai dit à Normand que le nouveau concierge n'avait pas fait un beau travail en nettoyant les taches sur le tapis. C'est là, que Th a dit : « Grimimi, tu critiques tout le monde ». Th, pourquoi tu dis ça...? Qui est-ce que j'ai critiqué? « Le concierge ». Th, tu as dit « tout le monde ». Il essayait de trouver une réponse. Th quand on fait des accusations, on doit être capable de donner des explications, tu comprends? On est arrêté à la bibliothèque pour Normand et Th a choisi deux livres qui l'intéressaient. On l'a ramené chez lui. Sa mère, lui a dit qu'il avait reçu son bulletin et j'ai demandé si je pouvais le voir. Ses notes sont excellentes 90 et plus. Je suis repartie et en revenant à la maison, c'est dans la gorge que tout a commencé.

Je voudrais écrire le reste avec mes larmes...
Pourquoi une si petite phrase m'a t-elle tant bouleversée? Depuis son retour le 2 janvier 2009, après deux ans de silence, d'absence et de larmes, tous les jours ont été merveilleux. Qu'on se parle au téléphone, ou quand j'allais le voir jouer au soccer cet été, et là maintenant au hockey, il y a toujours que du doux dans nos yeux. Tous les deux, on avait tant de secondes, de minutes, d'heures, de semaines et de mois à reprendre.

Ma psy m'avait dit que je ne devais pas laisser passer sous silence ces deux années. Qu'il était important que j'en discute avec mon fils M... Quand j'ai tenté de le faire, après plus de quatre mois, il m'a répondu que c'était moi qui l'avait floché. M'man on avait toujours été bien ensemble. Et c'était vrai! Pourquoi alors n'avait-il pas rappelé lorsque je lui avais laisssé un message sur sa boîte vocale? Pourquoi pendant ces deux tristes années, je n'ai reçu ni cartes, ni lettres, ni appels, jamais un signe, rien et encore rien.

Il y a environ un mois, Th a vu le "B orange de Grimimi Sue" en jouant sur l'ordi. Il m'a demandé s'il pouvait peser. « Oui mais c'est entre nous deux d'accord ». Mardi, il m'a demandé pourquoi je faisais un blog. « Surtout pour les grands-parents, on ne peut pas toujours se taire et laisser faire ». Il a rencontré et parlé à des grands-mamans qui vivent le même drame et qui lui demandent s'il aime venir chez sa Grimimi. C'est toujours un gros "Oui" accompagné d'un beau sourire. Au début, quand il a commencé à venir, il m' a beaucoup questionnée. J'ai toujours su qu'il savait ce qui est vraiment arrivé. C'est un enfant très sensible en plus d'être intelligent. Il n'accepte pas le mensonge ou les demi-vérités.

«La pire défaite, en tout, c'est d'oublier et surtout ce qui vous a fait crever»
Céline

mardi 24 novembre 2009

Un p'tit commentaire au passage

La musique adoucit les moeurs...

Cette après-midi, vers 14h30, je visitais "Gelisa". Seule et tranquille, je lisais quelques anciens billets, quand j'ai vu en bas de la page des petits écrans pour écouter de la musique. J'avais un livre qui m'attendait, sur la p'tite table à côté d'un fauteuil confortable, près d'une fenêtre baignée de lumière. Mais la tentation était là et je n'ai pu résister en voyant les titres.

J'ai choisi et pesé sur le bouton. André Gagnon - Un piano sur la mer. Je pensais retourner à mon fauteuil et prendre mon livre. Dès les premières notes, je cherche un crayon pour écrire mes émotions...
"Je vis des moments magiques, j'ai le coeur lumineux, heureux, radieux. Tout est si calme...mon intensité intérieur se détend, je veux rêver, partir sur un nuage, je regarde dehors il n'y en a pas et la musique ralentie, c'est fini. On applaudit." Merci!

C'est trop beau, je dois en essayer un autre. Duo Fortin-Léveillé - Songe de Venise.
"Des notes douces, des accords plus forts. C'est l'euphorie, je découvre cette langoureusse mélodie. Mon corps bouge au rythme de cet air là. J'ai 66 ans, mais je vivrai longtemps parce que j'aime la Vie! Merci..."

Et ça continue. Debussy - Clair de Lune.
"Je fixe l'écran. Les images défilent, les notes s'enfilent, le son se faufilent en moi. Il me pousse, me retient, me berce et m'enlève. Cette musique et ce piano. Ce piano qui me rappelle les dimanches de mon enfance. Tante Alice et Papa au piano, seul ou à quatre mains, et moi assise sagement, je restais là. C'était si beau...." Merci!

J'en veux encore... Gabriel Faure - Piu Jesu.
"Je ferme les yeux, mon coeur s'emballe, je respire... Je suis couchée dans mon lit, la bougie scintille. Tous les soirs, avant de m'endormir, je demande qu'on veille et protège mes trois extraordinaires petits-enfants, leur grimimi, tous ceux que j'aime, ceux qui m'aiment et tous les autres... Quelle voix! C'est l'extase. Un moment de pure grâce. Merci!

J'ai écouté Bac - Sheep may safely Grace et ce fut la dernière pièce. Je me croyais sortie de mon corps, je survolais l'espace, j'étais en état d'osmose et rien ne pouvait être plus grandiose que cette musique par ce bel après-midi de novembre. Les hasards me comblent... (je reprends ici un commentaire reçu par Nanou La Terre aujourd'hui) Merci!


La gratitude est une fleur dans le jardin du coeur.
La musique donne une âme à nos coeurs et des ailes à la pensée.

dimanche 22 novembre 2009

*Chimidunchik*


doudouplanet.com  (Disney Tigrou)

«La dernière des libertés humaines
consiste à décider de sa conduite,
quelles que soient les circonstances»
Victor Frankl

L'ancien terme pour dire bagage était "chimidunchik"  Les êtres ont un fardeau à porter.  Une chose très lourde qui provient de notre passé comme un bagage hérité de l'enfance ou si nous avons eu une enfance heureuse, ce peut être un bagage amassé au long du chemin de la vie.  Tout le monde a un fardeau à porter et personne ne peut le porter à notre place.  C'est notre propre "chimidunchik".

Lorsqu'on choisit d'apprendre et de grandir, malgré le fardeau du monde, on vit pour la vérité profonde qui se cache dans les replis douloureux de la situation et pour les leçons de notre âme empaquetées dans notre "chimidunchik".  Ici commence la terreur, ici commence les miracles.

Les épreuves font naturellement partie de la vie humaine.  Écouter l'âme consiste à cesser de combattre la vie et à cesser de résister lorsque les choses s'écroulent : lorsqu'elles ne vont pas comme nous le voulons, lorsque nous sommes malades, lorsque nous sommes trahis, injustement traités ou incompris.  Écouter l'âme consiste aussi à ralentir, à ressentir les choses profondément, à voir clairement qui nous sommes, à accepter l'inconfort et l'incertitude puis à attendre...

On connaît peut-être certaines vérités sur nous-même mais on préfére néanmoins protéger le poulailler.  C'est lorsque nous laisserons le renard voler les oeufs que nous découvrirons la vérité sur la personne que nous sommes vraiment.
On verra finalement combien on idolâtrait les autres pour éviter d'assumer notre propre pouvoir, de prendre position, d'atteindre notre soi le plus noble et le plus radieux.


«Je sais seulement que j'ai changé de façon irrémédiable.» 

"Le big-bang intérieur"  Quand les épreuves guérissent l'âme
Elizabeth Lesser

mardi 17 novembre 2009

Es-tu grande fille?




Novembre 2005
"Pluche" un soir de pluie!

C'est cette toute petite question posée par l'optométriste lors de mon examen annuel qui a mis maman dans tous ses états. J'avais entre onze et douze ans et je connaissais bien cette expression. Maman disait depuis que j'étais toute petite : « Sue, fais ta grande fille.» J'ai hésité avant de répondre...parce qu'il fallait dire la vérité. Maman était là près du docteur. Pourquoi me demandait-il cette question?

Je devais répondre, je n'avais pas le choix et c'est là, timide et craintive, que je lui ai dit au docteur qui attendait ma réponse : « Pas toujours, parfois c'est moi qui fais la chicane chez nous.» Il a eu l'air étonné et a murmuré: « Ah oui...» Il y avait dans ces deux mots comme un sous-entendu et je me sentais encore plus mal à l'aise.

Je me revois encore sur le coin de la rue avec ma mère. On attendait l'autobus pour retourner à la maison, c'était le silence total, et soudain, maman a dit: « Qu'est-ce que tu as répondu au docteur? » Que parfois c'était moi qui faisais la chicane. Il faut que je précise que maman était sourde d'une oreille suite à une méningite lorsqu'elle était enfant.

Alors, seules sur le coin de la rue, le soir vers 20h00, elle a commencé à m'expliquer l'expression "Être grande fille". C'était une bonne mère, travaillante, propre, généreuse, toujours présente. Mais, parce qu'il n'y a jamais personne de parfait, elle était ni maternante, ni chaleureuse, ni ouverte, ni comique mais était capable de te faire sentir coupable. Plutôt que de mettre des mots elle a fait des gestes pour expliquer avec peu de mots que bientôt, à tous les mois, j'aurais mes règles et c'est comme ça que je deviendrais une femme. Enfin, toutes les deux sauvées par l'autobus qui arrivait, ma leçon 101 sur l'anatomie féminine a pris fin. De cette soirée là jusqu'au fameux jour J, j'ai pensé que l'écoulement viendrait de mes futurs seins parce que les mains de ma mère s'étaient promenées à cette hauteur durant la démonstration. Incroyalble mais vrai!

Lorsque j'ai consulté ma psy pour le rejet par mes enfants, je lui ai parlé de mon enfance évidemment... Le message envoyé par maman je le décodais et ça donnait : « Si tu es raisonnable, si tu fais ta grande fille, maman va être contente et elle va t'aimer...»

Je me suis appliquée et je suis devenue "perfectionniste" ce qui s'est traduit à peu près comme ça. Au jardin d'enfance (5 ans), j'ai joué la Grand-Mère dans la pièce de théâtre "Voulez-vous danser Grand-Mère", puis j'étais l'Ange dans la procession de la Fête-Dieu, le prêtre dans une pièce de théâtre où on jouait la messe.... J'avais la médaille or accroché à ma robe pour mon bon rendement et mes résultats scolaires. Si je perdais la médaille parce que j'arrivais deuxième, j'étais déçue et je travaillais plus fort pour la reprendre.

Je me suis mariée avec le frère de mon amie, je venais d'avoir 17 ans et lui 24 ans. Quelques mois avant le mariage maman m'a dit: «Je n'irai pas chez vous parce qu'on va enjamber les tas.» Cette phrase blessante m'a marquée au fer rouge et la petite perfecionniste est devenue LA perfectionniste. J'étendais ma lessive sur une corde à linge à l'extérieur. Après avoir épinglé 3 serviettes rayées rose, 3 rayées jaune, si j'en retrouvais une rayée rose, j'enlevais les 3 jaune pour épingler la rose. C'était maladif ce comportement mais j'étais incapable de faire autrement. Je ris... (parfois jaune) en tapant ce billet. Tout doit être à sa place, par couleurs, du plus pâle au plus foncé, jamais de couleurs mélangées, manches courtes, manches longues, etc... Depuis que j'ai confié ce secret à ma psy, je me suis beaucoup améliorée...

Mais il n'y a pas eu que cette conséquence à cette petite phrase bien anodine. J'ai toujours fait les choses pour être aimée. Avec ma famille, mes amis/es et au travail, Sue était toujours souriante et gentille. Ce qui envoyait ce message à mon entourage « Demandez à Sue, elle est bonne, elle est capable... J'héritais des rideaux à confectionner, des enfants à garder, des tâches à terminer, des salles de bains à tapisser, des fleurs à planter et des décorations à trouver. Un jour, "ma psy" m'a dit : « Sue vous allez commencer à dire NON. Vous avec 63 ans, il est temps d'arrêter de toujours donner votre approbation à tout le monde. À partir d'aujourd'hui, si votre fils M... vous invite au restaurant comme il l'a fait à la Fête des Mères et qu'il vous parle encore pendant 1h30 de la fission nucléaire, ou autre, après 10 minutes seulement, vous lui direz: M... c'est peut-être très intéressant pour toi mais moi ça ne m'intéresse pas vraiment, on peux-tu parler d'autre chose? »

Et c'est ce que j'ai doucement fait. Je suis moins entourée mais mieux entourée. Parce que mes deux fils m'ont rejetée, je suis devenue maintenant une femme plus authentique et fière de l'être. Je ne regrette jamais la Sue d'avant...

P.S. Un jour d'été, j'étais au resto avec papa et j'avais mal au ventre. Il m'a retournée à la maison. Lorsqu'il y a eu une livraison à faire, il a appelé maman mais j'étais couchée. Enfin, maman sortirait.... Dès son départ, je me suis levée. Tante Alice demeurait avec nous et était en vacances (Merci et encore Merci). Bien installée devant la planche à repasser, je lui ai dit : « J'ai sali 5 petites culottes.» Elle s'est levée, a pris le téléphone et j'ai entendu : « Rosaire, donne tout ce qu'il faut à Armance, ta fille est "grande fille" Et voilà, c'était donc ÇA! J'avais été incapable de le dire à ma mère parce que j'avais peur qu'elle pense que je m'étais touchée.

J'ai déjà commencé le Processus du Phénix...


vendredi 13 novembre 2009

Partir à Zéro...

Réalisée par SueL en 2003

Hier, quelle belle journée, 18 degrés! Le matin, pas très tôt, après tout je suis à la retraite, je prenais mon déjeuner, fruits frais, bagel et café, tout en lisant "La Presse". Le soleil pénétrait doucement dans la salle à manger et on aurait dit qu'il m'envoyait un message codé. Va jouer dehors il fait si beau, profites-en!

C'est ce que j'ai fait vers 14h00. J'ai marché lentement sur le sentier qui longe le bord du lac, j'ai respiré et admiré la nature dont un majestueux saule pleureur sûrement centenaire, j'ai écouté le ramage des bruants, mésanges et autres et encore une fois, j'ai senti le bonheur m'envahir... Quelle chance d'être ici!

En soirée, je ne suis pas sortie...mais j'ai fait quelques visites, écrit des commentaires et lu des billets souvent brillants, palpitants et touchants... Vers 23h15, j'arrivais chez "Lionne au fil des jours" pour lire: "Des hauts et des bas..." et j'ai cru lire mon histoire, presque mon histoire... j'ai même dit à Normand «Viens lire ça Normand...»

Tout a commencé, un lundi matin d'avril 1977. Une amie me téléphone et me demande: «Veux-tu remplacer la secrétaire..» Le vendredi après-midi, elle avait laissé sa chaise vide après une prise de becs avec un vautour qui était agent immobilier. Je prenais des cours de dactylo afin de devenir secrétaire. Je tapais +/-15 mots/minutes en français et 9 mots/min. en anglais et je n'étais pas bilingue. Mais sans secrétaire-réceptionniste, les agents ergotaient. Le directeur en écoutant mon CV me regardait incrédule, mais comme il n'avait pas vraiment le choix, j'ai pris la chaise vacante pour une semaine.

J'ai tout de suite aimé ce milieu. C'était vivant et dynamique. J'aurais ce poste et j'ai fait ce qu'il fallait. Surtout ne jamais rien demander à mon directeur si je voulais garder l'emploi et la chaise. Après un mois, le bureau chef m'a convoquée pour des tests, pas de santé mais de compétence. Cette journée-là, j'ai su que je faisais vraiment 15 mots à la minutes. Pitoyable!

Le lendemain matin, en arrivant au bureau, je me sentais vidée. Personne ne pouvait savoir, j'ai gardé la tête froide et fait mon travail. Quand j'ai transmis l'appel du bureau chef à mon directeur je connaissais la raison. Après un long silence...j'ai entendu mon patron dire : «elle est très débrouillarde, elle va s'en sortir et les agents l'aiment». Je suis devenue secrétaire à 160.$ par semaine. J'étais folle de joie!

J'avais 34 ans, 17 ans de mariage et deux enfants de 12 et 15 ans. Ce n'était pas mon premier emploi, mais le premier où je me sentais valorisée. Puis, un jour d'octobre 1978, j'ai vu entrer l'Homme. Fin trentaine, belle gueule, yeux pers, pas très grand mais une démarche autoritaire et une voixxxxx . Il prenait son cours d'agent immobilier et venait rencontrer le directeur.

En février 1979, il a commencé sa carrière d'agent dans notre succursale du Trust Royal. Il était marié et avait 2 filles de 2 et 6 ans. Tout le monde le trouvait un peu mystérieux...Il faisait ce qu'il avait à faire et n'allait jamais manger en gang. Il dinait seul ou avec un autre agent, toujours dans le même petit resto près du bureau où parfois je me trouvais avec mon directeur.

C'est en avril 1981 que tout a changé. Lors d'une sortie de bureau à la "Cabane à Sucre Constantin" de St-Eustache, Normand m'a demandé si je voulais monter avec lui. Je ne pouvais pas mais il m'a dit qu'il me ramènerait à la fin de la soirée. Je garde, de cette soirée Cendrillon, aucun goût des mets et même de la tire. Ce soir là, nos destins n'étaient plus entre nos mains...

Et la belle romance a commencé... Il m'écrivait des billets doux, m'invitait dans des endroits inconnus, me faisais apprécier le goût des bonnes choses et découvrir tous les plaisirs. Et de sorties en sorties, l'amour s'est installé confortablement. Les fins de semaine, on restait toujours avec nos familles. Moi qui n'avait jamais sorti avec un autre homme que mon mari, je me suis sentie perdue mais vivante dans les bras de cet homme qui me faisait renaître. Il y a quelque chose de troublant à aller au-delà de ce qui nous est familier.

Deux mois plus tard, j'avais tout quitté. Mari, enfants, maison, pour aller vers la liberté. On a loué un 4 pièces avec frigo et cuisinière inclus. J'avais apporté le divan et le fauteuil du sous-sol, une table et 4 chaises du garage, de la vaisselle, de la literie et beaucoup d'amour et d'espoir.

Normand est arrivé 2 jours plus tard. Ce fut les 2 seules journées de ma vie où j'ai vécu seule et il m'arrive de penser que...j'ai manqué de solitude. C'était un petit déménagement. Bureau et lampe de travail, système de son et disques, rasoir et quelques bricoles. Mais il y avait aussi UN SAC VERT dans lequel on avait mis des serviettes qui sont allés directement dans le sac à guenilles, ses bas, sous-vêtements et quoi d'autres...

Pendant deux ans, chaque soir on faisait le même rituel. Normand prenait les 3 coussins du divan et les installaient dans la chambre et moi j'étendais un matelas gonflable (camping) à côté. Au début, il y avait des moments difficiles, non pas par manque de confort ou de matériel, mais parce que j'avais laissé des êtres que j'aurais voulu différents et cela est impossible. En septembre 82, on était en récession et mon bureau a fermé. J'ai perdu mon emploi et la porte s'est ouverte pour moi. Je suis devenue agent immobilier et j'ai pratiqué ce métier pendant 21 ans.

Les ex n'ont pas vraiment collaboré. Il y a eu de la frustration et des communications tendues mais on a laissé faire et dire. Personne ne mettrait notre amour en péril. Aujourd'hui, après plus de 28 ans, je pense que l'on a pu surmonter les épreuves grâce à notre force de caractère et notre résilience.

On dit que ce que nous cherchons tous, c'est un sens à la vie. Or, je ne crois pas que ce soit là ce que nous cherchions. Je crois plutôt que nous cherchons à nous sentir vivants (...) afin de pouvoir ressentir vraiment l'extase d'être en vie.

On a été compagnons d'armes dans le travail et dans la vie. Nous nous sommes toujours occupés de nos enfants et avons, malgré les différences d'âge, réunis le plus souvent possible tout ce beau monde. Mon ex ne m'a jamais pardonné, même s'il a refait sa vie trois fois depuis mon départ. Il dit a nos fils qu'ils hériteront de la maison et bla bla bla....
Normand et moi, on a le bonheur qui s'étire...
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